*Le professeur Matata Ponyo a démontré ce lundi 13 janvier 2020 qu’il n’existe pas de malédiction des ressources naturelles en République démocratique du Congo, mais plutôt celle des institutions, de leadership et de gouvernance.

C’était au cours de la présentation du deuxième numéro du volume I de la Revue Congo Challenge, une publication périodique à caractère scientifique et économique dont l’ancien Premier ministre en est l’Editeur responsable. A l’Université Protestante au Congo où s’est déroulée la cérémonie, il a rendu en peu de mots l’essentiel de «L’artefact de la malédiction des ressources naturelles», article rédigé avec le doctorant Jean-Paul Tsasa, contenu dans le présent numéro comprenant 4 articles qui ont été retenus pour publication.
‘’Cet article que nous avons co-rédigé avec le doctorant Jean-Paul Tsasa nous a permis d’utiliser un modèle économétrique soutenue, crédible et qui démontre qu’en fait, parler de la malédiction des ressources naturelles c’est s’arrêter à une cause superficielle, sur ce qu’on peut considérer comme la partie visible de l’iceberg et qu’en réalité, il faut plutôt parler de la malédiction des institutions, de leadership, de la gouvernance. Et, le modèle économétrique que nous avons utilisé l’a démontré‘’, fait savoir Matata Ponyo Mapon.
Ce qui lui permet d’affirmer que tous les pays qui ont revu ce modèle progressent, qu’ils soient dotés de ressources naturelles abondantes ou pas. ‘’Il faut que la RDC revoie sa copie‘’, dit-il.

Ce numéro 2 du premier volume de la Revue Congo Challenge contient également les articles «Elasticité-croissance de la pauvreté en Afrique subsaharienne : une méta-analyse» de Karim Omonga Mulamba ; «Politique budgétaire et performance macroéconomique en République démocratique du Congo» de Josué Diwambuena et Jean-Paul Boketsu ainsi que «Corporate social responsibility and trust : Evidence from the banking sector in Bukavu» d’Eddy Balemba Kanyurhi, Toussaint Bugandwa Ciza, Deogracias Bugandwa M. Akonkwa et Augustin Mutabazi Ngaboyeka.

Richesse, performance et diversité
Pour ce qui est de l’article rédigé par le tandem Matata-Tsasa, ce papier propose, en réalité, un réexamen de la validité empirique de l’hypothèse de la malédiction des ressources naturelles, en utilisant la base de données des pays exportateurs de minerais et de métaux. Après une investigation sur données, trois principales évidences ont été établies.
Tout d’abord, il ressort que tous les pays riches en ressources naturelles n’affichent pas forcément des performances économiques, politiques et sociales médiocres.
En second lieu, il a été noté que ces pays avec ces mêmes performances médiocres, possèdent tous un portefeuille d’exportations faiblement diversifié.

Il a été constaté enfin, que les pays riches en ressources naturelles avec un portefeuille d’exportations faiblement diversifié n’affichent pas forcément des performances économiques, politiques et sociales médiocres.
Ainsi, ces observations ont conduit les auteurs à comprendre premièrement, pourquoi certains pays riches en ressources naturelles tirent profit de leurs dotations et d’autres non ? Aussi de préciser quels sont les facteurs qui sous-tendent la validité de l’hypothèse de la malédiction des ressources naturelles dans certains pays en développement ?

La malédiction des ressources naturelles n’existe pas
Les auteurs ont tenté de raffiner ’hypothèse de la malédiction des institutions en montrant que les performances économiques, politiques et sociales médiocres, observées dans les pays riches en ressources naturelles, peuvent être expliquées par le déficit du leadership et de la gouvernance.
Plus particulièrement, ils ont souligné que ce déficit est provoqué par l’incapacité du décideur politique à imposer les politiques économiques saines ou les mesures des réformes transformationnelles face à la pression exercée par les lobbies qui cherchent à prioriser leurs intérêts respectifs.
Aussi, font-ils allusion à d’autres auteurs qui, récemment, ont montré que la version institutionnelle de la malédiction des ressources naturelles ne peut à elle seule expliquer l’hétérogénéité observée dans l’interaction entre la croissance économique et l’abondance relative en ressources naturelles.
Pour rendre compte de ce fait, les auteurs du présent article de la RCC proposent un nouveau mécanisme combinant l’accès aux ressources naturelles et l’accumulation du capital humain.
Il s’agit ici d’une piste de recherche à explorer pour évaluer empiriquement dans les interactions entre le développement et le processus de démocratisation dans un cadre d’analyse qui combine à la fois la littérature sur le changement institutionnel, la croissance endogène et la malédiction des ressources naturelles.

Mais également de mieux discriminer, théoriquement et empiriquement, le soutien mixte caractérisant la littérature économique sur l’hypothèse de la malédiction des ressources naturelles.
Il sied de signaler que le premier draft de ce papier a été élaboré par les auteurs à la suite d’une série de discussions durant leur séjour à la Cité du fleuve ainsi qu’à l’Université Mapon à Kindu, dans le Maniema.
Le Cabinet Congo Challenge a annoncé au cours de la cérémonie l’organisation mensuelle d’une conférence scientifique et économique à l’UPC à partir du 22 février 2020, au bénéfice des étudiants qui ont applaudi la nouvelle.
Fondée en 2017, la Revue Congo Challenge a pour objectif de devenir la principale revue scientifique et professionnelle en économie, en République démocratique du Congo.

Revue bilingue, elle publie un volume contenant deux numéros chaque année et tous les quatre mois des bulletins sur les progrès récents de la recherche économique et sur l’état de l’économie en RDC en particulier et dans le monde, en général. La RCC est publiée par le bureau d’études Congo Challenge.

Boris Luviya

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