Le Forum des défenseurs et organisations des personnes handicapées en Afrique centrale et dans les Grands Lacs (FOPHAC) est monté au créneau, le lundi 10 février 2020, pour dénoncer la non-protection des personnes handicapées lors des conflits armés en Afrique centrale.

Sur base des indicateurs, le Directeur exécutif du FOPHAC, Me Patrick Pindu, a noté avec chagrin que pendant les conflits des régions anglophones du Cameroun, 69 personnes vivant avec handicap ont été injustement tuées par manque de protection et 6 leaders des OPH anglophones ont été mis aux arrêts. Cela prouve à suffisance que les membres de la communauté, précisément les combattants, ne se sont pas encore imprégnés de la notion de la sacralité et du respect de la vie humaine. Or, le droit international humanitaire exige à ce que les combattants ne s'attaquent pas aux civiles ou non combattants et les personnes vivant avec handicap font partie de ces derniers et ont même droit à des mesures spécifiques.

C’est pour mettre fin à cette tragédie dont sont victimes les personnes vivant avec handicap en Afrique centrale que le FOPHAC demande l'implication et l'intervention des gouvernements des Etats de cette sous-région, de la communauté économique des Etats d'Afrique centrale et des Grands Lacs (CEEAC), la conférence internationale sur la Région de Grands Lacs (CIRGL), de l'Union Africaine (UA) et de la communauté internationale. Car, cela relève de la question du respect des droits humains qui doit être réellement au centre des politiques des Etats.

" Nous informons à la communauté, ce qui est un rappel pour certains, que le Conseil de Sécurité des Nations Unies a adopté le 26 juin 2019, la Résolution 2475, qui exhorte l'ensemble des parties à des conflits armés à prendre des mesures pour protéger les civils, y compris les personnes handicapées et à prévenir les actes de violence et mauvais traitement contre les civils dans les situations des conflits armés. Elle met un accent sur la nécessité, pour les Etats, de mettre un terme à l'impunité pour les actes criminels à l'encontre des civils, y compris les personnes handicapées et de s'assurer que ces personnes ont accès à la justice et à des recours efficaces, et dans les cas appropriés à des indemnisations", a rappelé Me Pindu Patrick.

Il convient de rappeler que cette Résolution exhorte également les Etats membres à prendre toutes les mesures appropriées pour éliminer la discrimination et la marginalisation des personnes handicapées dans les situations des conflits armés. Elle souligne l'avantage d'apporter une aide aux civils handicapés affectés lors d’un conflit armé, notamment par la réintégration, la réhabilitation et le soutien psychosocial, afin de s'assurer que leurs besoins spécifiques sont efficacement satisfaits, en particulier, ceux des femmes et des enfants handicapés.

Au fond, le FOPHAC invite les Etats d'Afrique centrale à faire appliquer cette Résolution et tous les défenseurs des droits des personnes handicapées et leurs organisations à multiplier des stratégies, à renforcer leur synergie, de manière à devenir plus dynamique. Ces défenseurs ont été également appelés à accompagner les Gouvernements des Etats d'Afrique centrale dans la réalisation de leurs actions pour la promotion et la protection des droits des personnes vivant avec handicap dans tous les domaines, en temps de paix et en temps des guerres. Car, parmi les indicateurs relatifs à la non-protection des PVH, il est démontré que les cas sont légions à Pointe Noire, en République du Congo, à Ntoun et en France Ville (au Gabon), à Bamenga et Douala (Cameroun), à Bujumbura (au Burundi), à Luanda (en Angola), Goma et Bukavu (en RDC). Au total, 1326 femmes vivant avec handicap ont été violées au cours du deuxième semestre de l'année 2019.

Jules Ntambwe


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