*L’affaire UNIKIN prend une ampleur de plus en plus alarmante. Dans sa plainte datée de mercredi 8 janvier 2020 et adressée au Procureur général près la Cour de Cassation, le Coordonnateur du Centre de Réflexion Juridique de la Lutte contre l’Impunité (CRJLI) accuse le ministre de l’Enseignement Supérieur et Universitaire, Thomas Luhaka Losendjola, d’avoir pris une décision «inique» et «intentionnelle» qui porte atteinte à l’article 180 du Code pénal congolais, en suspendant jusqu’à nouvel ordre, les activités académiques à l’Université de Kinshasa, ordonnant, par ailleurs, le délogement des étudiants habitant les résidences universitaires endéans 48 heures et brandissant la menace de la police en cas de non-respect de cet ordre.

Ces détails juridiques ont été divulgués à la presse par M. Franck Kalolo, Coordonnateur de cette Asbl.

Un jour auparavant, dans un communiqué de presse rendu public le 7 janvier dernier, le ministre Luhaka a pris cette série des mesures draconiennes : toutes les activités à l’Université de Kinshasa sont suspendues jusqu’à nouvel ordre, obligation est faite à tous les occupants des homes (résidences estudiantines) de l’Université de Kinshasa d’évacuer les lieux endéans 48 heures […] Passé ce délai, recours sera fait aux Forces de l’ordre, en vue de permettre une réinstallation rapide dans les homes des seuls étudiants réguliers, il sera procédé à une opération d’identification, il est demandé aux Autorités compétentes de la Police Nationale Congolaise, des Services de Sécurité et de la Justice de procéder, le plus rapidement possible, à l’identification et à l’arrestation des auteurs de ces forfaits pour qu’ils subissent, avec la plus grande fermeté, la rigueur de la Loi.

Lui emboitant le pas, le commissaire provincial de la PNC/Ville de Kinshasa, Sylvano Kasongo Kitenge, a produit, à son tour, un autre communiqué plus ferme disant, en substance, que tout étudiant qui sera présent à l’Université de Kinshasa après le jeudi 9 janvier 2020 sera considéré comme un infiltré, un ennemi de la République faisant partie des bandits qui ont tué et blessé grièvement les éléments de la police le lundi 6 et le mardi 7 janvier dernier. Ce commandant ville prévient qu’il usera de tous les moyens légaux à sa disposition pour exécuter l’ordre lui donné par les autorités compétentes.
Avec cette plainte déposée sur la table du Procureur général près la Cour de Cassation, Franck Kalolo et, bien évidemment, ces milliers d’étudiants frappés par ces mesures trouveront-ils gain de cause ? Beaucoup ont coutume de dire : «il faut laisser la justice faire son travail». Wait and see.

La Pros.

 


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