Les droits de l’homme sont inaliénables, indivisibles et interdépendants.

Sur ce, le Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l’homme (BCNUDH) a organisé, du 25 au 27 Septembre 2019, dans la salle de conférence de la Paroisse Notre Dame de Fatima, un séminaire de formation à l’intention des membres de la société civile de la ville-province de Kinshasa sur le monitoring des violations des droits économiques, sociaux et culturels, le monitoring budgétaire, l’approche fondée sur les droits humains et l’audit social. Il sied de souligner que le but dudit séminaire est de permettre aux membres de la société civile d’acquérir, d’une part, des connaissances relatives aux droits économiques, sociaux et culturels, afin d’être capables de faire le monitoring et de documenter d’éventuelles violations de ces droits. D’autre part, les acteurs de la société civile ont été outillés pour éduquer et stimuler la prise de conscience, favoriser le développement communautaire, appuyer la mobilisation des populations pour une participation aux processus et contribuer à l’effectivité de leur réalisation progressive.

Après ce séminaire, le Directeur du BCNUDH, Abdoul Aziz Thioye, a exhorté les participants à veiller et contribuer à la formulation et au contrôle des stratégies et des plans, avec des indicateurs et des objectifs dans le temps, qui soient réalistes, atteignables et conçus de manière à permettre d’évaluer les progrès quant à la réalisation des droits ; à mener des plaidoyers pour la ratification du Protocole facultatif sur les droits économiques, sociaux et culturels et l’adoption des lois et politiques nécessaires permettant la mise en pratique des plans et stratégies de développement.

Il convient de souligner que ce séminaire s’aligne sur la nouvelle approche du BCNUDH visant à contribuer à la création des conditions d’une inclusion et d’une meilleure participation citoyenne à la vie publique. Car, nul n’ignore que la République Démocratique du Congo a des potentialités énormes qu’il faille mettre au bénéfice de la population congolaise. Et, ces acteurs de la société civile devraient réclamer (exiger) la redevabilité aux dirigeants.

Ainsi, cet atelier a permis aux participants de réaliser que la participation des citoyens à la gestion des affaires publiques, la transparence et le devoir de redevabilité sont, entre autres, les facteurs qui concourent à l’ancrage des valeurs démocratiques, l’émergence du développement et la consolidation de la paix. C’est dire que parce que les congolais rêvent et réclament aujourd’hui des meilleures conditions de vie, il s’avère nécessaire, pour le BCNUDH, que les organisations de la société civile qui ont joué un rôle important dans la lutte pour une alternance politique pacifique en RDC soient dotées de connaissances adéquates sur les thématiques relatives aux droits économiques, sociaux et culturels afin de pouvoir mener des plaidoyers et d’initier des actions pour leur effectivité.

‘‘Cet atelier n’a pas pour but de transformer les organisations de la société civile en des instruments politiques, mais de renforcer leurs capacités techniques et opérationnelles afin qu’elles puissent jouer leurs fonctions de participation, de proposition, d’éducation des citoyens, de surveillance et de contrôle des politiques publiques’’, a précisé Abdoul Aziz Thioye tout en rassurant aux participants que le BCNUDH reste ouvert à les appuyer techniquement dans leurs initiatives respectives pour une RDC respectueuse des droits économiques, sociaux et culturels.

Aussi, M. Abdoulay Marr a, au nom de l’Union Africaine, remercié le BCNUDH pour l’avoir associé à cette importante formation des droits de l’homme. Il a ainsi témoigné la qualité des relations entre l’Union Africaine et le BCNUDH. M. Abdoulay Marr a, également, appelé les participants à s’approprier les matières apprises durant trois jours.

Mme Elodie Msimire Muzigiriwa, Avocat et Présidente du Conseil d’Administration de l’Association de défenseur des droits des patients, a reconnu, dans son speech, que les organisations de la société civile ont longuement milité pour la promotion, la protection et la défense des droits humains sans appréhender, à juste valeur, la portée des droits économiques, sociaux et culturels, les reléguant au second sinon au dernier rang. Mais, elle a reconnu que les notions apprises vont influencer leur travail de tous les jours, avec une approche réellement basée sur les droits de l’homme. Ainsi, elle a demandé, au nom de toutes les organisations formées, l’accompagnement du BCNUDH à leurs structures dans la réalisation et la restitution à faire auprès de leurs collègues et autres organisations de la société civile.

Jules Ntambwe


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