Près de 10.000 familles touchées par les violences intercommunautaires dans la région du Kasaï, au centre de la République démocratique du Congo (RDC), ont reçu de l’aide en espèces.

Ces populations ont perdu leurs moyens de subsistance à la suite des affrontements, sur fond d’un conflit foncier, entre deux ethnies dans la cité de Kakenge en 2018 et début 2019. Face à la diversité de leurs besoins et au degré de vulnérabilité différent les unes des autres, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a pris l’option de donner à ces communautés de l’argent liquide pour aider chacun à acquérir ce qui lui semble prioritaire. Un peu d’argent pour reprendre le cours de sa vie, révèle un communiqué de presse de cette organisation humanitaire.

On se souviendra que ces terribles affrontements ont déchiré en 2018 deux ethnies sur fond de conflit foncier dans la ville de Kakenge. Beaucoup de personnes ont dû fuir et tout abandonner derrière eux pour se réfugier en brousse. Aujourd’hui, on parle d’une accalmie mais qui semble être encore sous observation des autorités. Qu’à cela ne tienne, certaines familles commencent à revenir chez soi et souvent pour tout reconstruire.

Ce retour est caractérisé, constate-t-on, par une misère criante dans les communautés qui semblent être abandonnées par les Gouvernants. Devant la multitude de besoins, la Croix rouge Internationale n’est pas restée indifférente. En effet, cette organisation humanitaire a procédé à la distribution en août 2019 de l'argent liquide à près de 10.000 familles victimes de la violence. L’idéal est de leur permettre ainsi de répondre de manière individualisée à cette crise. Entre espoir, débrouille et peur du lendemain. Ce que les bénéficiaires en ont fait révèle pourtant des besoins universels.

Témoignages de bénéficiaires
Mère de neuf enfants, Françoise est parmi les bénéficiaires de cette aide volontaire du CICR qui lui a permis d’entreprendre un petit commerce pour subvenir aux besoins quotidiens de sa famille. Avec l'assistance, elle a aussi pu payer les dettes qu'elle avait contractées pour assurer la scolarité de ses enfants. Une des ses filles est inscrite à l'Université de Lubumbashi dans la province du Haut-Katanga. « Pour l'aider, je lui envoie des bidons d'huile de palme que j'achète ici à bon prix. Elle les revend, garde le bénéfice pour ses besoins et me renvoie le capital», témoigne Françoise avec un sourire aux lèvres qui cache sa souffrance.

De son côté, Georgette, 35 ans, a profité de cet argent de la Croix Rouge, pour préparer la rentrée scolaire de ses enfants en achetant cartables, uniformes et crayons. D’après l’enquête, elle et sa famille reviennent de loin : maison attaquée, biens pillés. Ils ont dû dans un premier temps collecter et vendre du bois mort pour survivre. «Quelquefois, on laissait les enfants manger et nous, les parents, on se privait de nourriture », raconte-t-elle. Aujourd'hui, elle vend quelques aliments devant sa parcelle après avoir acheté un stock de départ avec l'argent reçu. Le produit de la vente, un peu moins de deux dollars américains par jour, permet de nourrir sa famille.

Rappelons que cette assistance à la population du Kasaï s’inscrit dans le cadre de la mission fondamentale du CICR qui apporte de l’aide aux personnes touchées par les conflits armés et qui agit pour le respect du droit international humanitaire.

Jordache Diala


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