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*Le 1er Août de chaque année, les parents sont en fête. Mais, c’est aussi un jour de commémoration des êtres chers qui ont quitté ce monde des vivants.

Pour ce faire, les congolais se rendent aux cimetières en vue de s’y recueillir. Très généralement, ils en profitent pour les entretenir et les fleurir dans l’intention de s’acquitter d’un devoir moral et, surtout, de garder une pensée pieuse en mémoire de leurs illustres disparus.

Déjà, dès la matinée, les membres des familles, les amis et connaissances partent se recueillir devant les tombes de leurs proches qui ont rendu l’âme ; une pratique qui est devenue une coutume permanente, le 1er Août de chaque année.
Dans la commune de Masina, au cimetière des Tshuenge, les fins de La Prospérité ont constaté hier, une affluence des gens qui convergeaient tous vers ce lieu de sépulcre. Sous un soleil chaud de ce jeudi et dans une atmosphère bruyante, l’entrée était bondée de monde et ponctuée des embouteillages des véhicules et des motos si bien que pour se frayer ne serait-ce qu’un petit passage, cela devenait un combat d’hercule.

500 FC pour entrer à Tshuenge !
Tenez ! Si, sous d’autres cieux, l’accès aux lieux de sépulcre est libre ou l’exigence de la carte d’électeur est de mise, il n’en demeure pas moins pour le cimetière de Tshuenge. Là-bas, L’entrée est conditionnée.
Contre toute attente, les policiers commis à la garde exigent, curieusement, une somme de 500 FC pour entrer facilement. Motif? Undes gardes interpellés à ce sujet, a laissé entendre que c’est pour le fait qu’ils surveillent nuit et jour les tombeaux, qu’ils ont droit à un pot-de-vin en ce 1erAoût. Donc, comme les morts ne peuvent ni apprécier les services qu’ils rendent, ni les rétribuer, ils se rabattent sur les vivants, pour faire d’eux une sorte de victimes expiatoires de cette raquette.

Etat de délabrement
A l’intérieur de Tshuenge, le constat est somme toute amer. L’état de délabrement des tombes donne envie de se révolter. Certaines sont cassées, d’autres recouvertes des sables. Autre constat, l’herbe pousse comme dans une forêt vierge. Car, le service commis à l’entretien des cimetières n’existe plus. Par conséquent, retrouver la tombe d’un proche devient un parcours de combattant. Certaines personnes, d’ailleurs, errent pendant de longues heures à la recherche d’une tombe, et avec un peu plus de chance et de patience, elles finissent par la retrouver. Alors que d’autres, les plus nombreuses, se démènent comme des diables mais, sans retrouver l’endroit où avaient été enterrés leurs proches. Au finish, ils rentrent les mains bredouilles et, même, dans une certaine mesure, très déçus jusqu’au point de vouloir arracher les cheveux sur la tête de ces policiers aussi bien exigeants qu’impénitents.

Pis encore, même le renseignement sur une tombe est aussi monnayé. « Il y en a marre ! Depuis que nous sommes venus, on ne fait que marcher. Car, on ne sait pas retrouver le tombeau de notre fils. Nous sommes allés au bureau pour une aide rapide mais le chef nous demande de l’argent. Déjà que pour entrer, on a été contraint de donner 500 FC. Ce n’est pas la première fois que ces genres de pratique se font ici. Jusqu'à quand continuerons-nous ainsi ? », s’est indignée hier, une dame, visiblement blasée et abasourdie, venue, pour sa part, visiter la tombe de son fils.
Les habitants du coin ont, par la même occasion, relevé quelques difficultés qu’ils rencontrent notamment, la recrudescence de l’insécurité avec la montée spectaculaire et inadmissible du phénomène kuluna.
Juste à l’entrée, un marché de fortune s’est créé à cette occasion. L’on vend des poissons de mer fumés « maboke », de la chikwangue, du vin de palme, des feuilles de manioc et tant d’autres denrées alimentaires.

L’autorité bafouée
Pas plus tard qu’hier, le gouvernement provincial de la ville de Kinshasa avait, à travers une correspondance, annoncé des mesures portant fermeture des cimetières de Kimbanseke, Kintambo, Kinsuka Kinkole RVA et Tshuenge.
A Tshuenge, un grand nombre d’enterrements est enregistré chaque fin de la semaine et ce, au vu et au su de tous. Il semble que cela se ferait en complicité avec certains agents de l’Etat commis à la surveillance et au suivi de l’exécution de ces mesures du gouvernement provincial œuvrant sous la bannière de Gentiny Ngobila.
Comparativement aux autres cimetières, la mise à terre à Tshuenge se fait à moindre coût, a en croire certaines personnes qui viennent enterrer les leurs.

Ainsi donc, la population de ce coin en appelle à la prise de conscience des dirigeants congolais en vue de s’impliquer dans l’assainissement du cimetière de Tshuenge et à la mise en application des mesures prises par l’Autorité urbaine pour prévenir le pire.

Dorcas Nzumea


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