*Silence, on travaille ! C’est la belle impression qui se dégage après avoir arpenté quelques couloirs et bureaux au siège ou Etat-major de la Direction Générale de Migration (DGM) situé le long du Boulevard du 30 juin en plein centre-ville de Kinshasa la capitale.

Par voie d’ordonnance, le Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, a élevé sieur Roland Kashwantale Chihoza au rang de Directeur Général de ce service public en date du samedi 2 février 2019. Six mois déjà ! Au terme d’une investigation minutieuse, il s’avère incontestablement que le bilan de l’actuel staff dirigeant de la DGM est largement positif à travers, notamment, la redynamisation de la chancellerie. A titre illustratif, quasiment tous les Congolais ayant acquis une nationalité étrangère saluent la mesure-phare leur permettant désormais de venir obtenir les visas à l’aéroport international de N’Djili ou différents autres postes frontaliers moyennant seulement quatre-vingt-dix dollars américains. Le capital humain de la DGM est aussi bien motivé en vue de ne pas tremper dans la corruption. Bref, l’on observe une véritable mutation à l’actif du DG Kashwantale en un court laps de temps.

«Le peuple d’abord», scandait le Sphinx de Limete, Etienne Tshisekedi, d’heureuse mémoire. C’est ce leitmotiv qui anime la classe dirigeante en République démocratique du Congo depuis l’investiture, le 24 janvier 2019, du Président Félix Tshisekedi, le fils biologique et politique du lider maximo susmentionné. Au lendemain de la commémoration de celui que les Congolais appelaient affectueusement «Ya Tshitshi», c’est-à-dire le 2 février, Roland Kashwantale Chihoza, «un fils maison», a été nommé Directeur Général de la Direction Générale de Migration par ordonnance présidentielle. Autrement dit, une semaine après l’alternance démocratique au sommet de l’Etat congolais. Aussitôt désigné à ce poste ultra stratégique et sensible, le nouveau DG de la DGM et son équipe ont pris une mesure incitative en faveur des Congolais naturalisés en allégeant considérablement les conditions d’obtention des visas pour revenir dans leur mère patrie.

Redynamisation de la chancellerie
En clair, quand on est Congolais naturalisé, on a désormais la possibilité d’obtenir un visa de trente jours à l’entrée, à la frontière, moyennant des frais négligeables. Alors qu’auparavant, une telle démarche était pratiquement un chemin de la croix pour ces fils et filles du pays qui ont acquis une nationalité étrangère pour diverses raisons. Ils éprouvaient des sérieuses difficultés pour gagner leur pays d’origine ; ils devenaient plus qu’étrangers sur la terre de leurs ancêtres. Roland Kashwantale a donc privilégié l’intérêt des Congolais d’abord. De l’avis des spécialistes, l’idéal serait de revisiter l’article 10 de la Constitution de la RDC portant sur la nationalité. Dans le monde actuel, ce village planétaire, la double nationalité, voire la triple nationalité, s’impose.

En revanche, la DGM procède, depuis six mois, au renforcement des conditions de délivrance des visas aux étrangers désireux de venir en RD Congo. A la frontière, le Congolais naturalisé a droit à un visa de trente jours alors que pour un étranger c’est seulement sept jours. A une époque récente, les expatriés obtenaient un séjour en l’espace d’une journée ici en RDC. Ce qui ne se fait jamais sous d’autres cieux, surtout en Occident. Même dans les différentes ambassades de la RDC éparpillées dans le monde, un étranger qui introduisait une demande de visa, pouvait l’obtenir en un temps record, le même jour si pas le lendemain. Il était donc urgent de mettre fin à cette forme de légèreté. Sans complaisance, les dossiers de ces expatriés sont désormais passés au crible.
Au plan financier, la DGM scrute à la loupe les comptes de ces expatriés dans les différentes banques commerciales locales. Ne peut obtenir un visa d’établissement que celui qui est titulaire d’un compte dans une banque locale. Fini l’époque des mallettes d’argent aux origines douteuses. Histoire de lutter contre la thésaurisation et de stimuler le secteur bancaire.

La DGM est aussi en train de mettre un terme à la colocation des étrangers appelés désormais à avoir chacun un contrat de bail en bonne et due forme et un domicile fixe. Plus question de vivre en masse dans un appartement ou une maison mais plutôt avoir une résidence personnelle identifiable afin d’avoir droit au visa d’établissement. Ce qui permettra aux Congolais qui ont investi dans l’immobilier d’avoir une grande clientèle. Résultat : boom dans le secteur de l’habitat. En un mot, c’est la redynamisation de la chancellerie. Faudrait-il aussi que la DGM aille encore plus loin en réduisant sensiblement le nombre d’expatriés en situation irrégulière. Défaillance consécutive à l’absence de contrôle.

Porosité des frontières
Entourée de dix Etats voisins (Angola, Congo, Centrafrique, Soudan, Soudan du Sud, Ouganda, Rwanda, Burundi, Tanzanie, Zambie), la RDC est réputée avoir les frontières les plus poreuses. Certes, il n’est pas évident que le staff dirigeant de la DGM soit en mesure de mettre fin à cette situation déplorable en seulement six mois.
Cette porosité des frontières était, sans nul doute, due aux récurrentes guerres d’agression dans la partie Est de la RDC et à l’instabilité politique au sein de quelques pays voisins qui a suscité des flux migratoires sans précédent, notamment des réfugiés rwandais, burundais, centrafricains, sud-soudanais, etc.

Il est possible de s’attaquer efficacement à cette porosité en privilégiant les quatre axes ci-après : augmenter les effectifs, le nombre du personnel ou capital humain de la DGM, pour une couverture efficace de tous les postes frontières, pistes et autres ; sensibiliser tous les services ou forces essentielles qui sont la Police et l’Armée ; améliorer les conditions salariales et sociales des agents et cadres de la DGM ; introduire ou mettre à contribution les nouvelles technologies dans la surveillance des frontières. Ce dernier axe avait déjà commencé à être mis à exécution par le prédécesseur du DG Kashwantale, en l’occurrence, François Beya, qui a mis en place une technologie de pointe.

A l’Etat-major de la DGM, l’on estime pouvoir parfaitement ceinturer toute la république d’ici deux ans. Autrement dit, une surveillance maximale de l’aéroport international de N’Djili, Beach Ngobila, Kasumbalesa, aéroport de la Loano, aéroport de Goma, Grande barrière et petite barrière à Goma, Ruzizi I, Ruzizi II, Kasindi, Zongo, Aru, etc. Aussi, la RDC n’aura-t-elle plus les frontières les plus poreuses du continent noir.

Lutter contre la corruption
Le Chef de l’Etat, Félix Tshisekedi, a fait de la lutte contre la corruption son cheval de bataille. Il ne cesse de marteler sur l’éradication de ce fléau à l’échelle nationale dans quasiment toutes ses allocutions depuis sa prise du pouvoir. Tout récemment, il y est revenu, avec force, au Kempinski Fleuve Congo Hôtel et lors d’un forum sur l’entrepreneuriat à Abuja. «La corruption c’est une gangrène qui empêche la mobilisation des recettes, la création des richesses», a déclaré le Président congolais au Nigéria.
A travers un spot publicitaire diffusé notamment sur TV5 Monde et France 24, la DGM sensibilise tous les étrangers à se mettre en ordre. Roland Kashwantale et son équipe donnent ainsi un signal fort aux récalcitrants. Déjà, quelques expatriés en situation irrégulière ont été expulsés manu militari. Après enquête, il ressort que ces reconductions à la frontière vont se poursuivre.

Par ailleurs, des agents de la DGM commencent à percevoir des primes en vue de les mettre à l’abri de la corruption. Ils sont donc motivés. A la frontière, la DGM serait le service le mieux organisé et le moins corruptible.
Enfin, Roland Kashwantale Chihoza qui est à la tête de ce service public depuis six mois, entrevoit une DGM dynamique et professionnelle. Plusieurs projets sont sur la table, notamment en matière de construction immobilière et d’avantages sociaux. Même s’il est vrai qu’aucune œuvre humaine n’est parfaite. Ses premiers pas se faisant sur la bonne voie. Wait and see.

James Mpunga Yende

 


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