"Accélérer la planification familiale du Post-partum (PFPP) et en post avortement pour accroître l'accès à la PF en RDC". C'est le thème qui a été très bien expliqué à la 4ème CNRPF hier, mercredi 4 décembre 2019, dans la salle Panorama du Fleuve Congo Hôtel. Deux ONG internationales (EngenderHealth et jhpiego) ont partagé avec l'assistance, l'expérience d'introduction de la PF en Post-partum.

En outre, le rôle du renforcement du système dans l'accès et la qualité des services de Planification familiale, et l'introduction des interventions à haut impact au jour de naissance et en post grossesse. Le Dr. Alain Mikato, Conseiller technique en plaidoyer en santé sexuelle et reproductive a, lors de sa brillante exposée, présenté le bien-fondé de la Planification familiale post-partum et le travail de titan réalisé par l’Ong EngenderHealth dans la ville-province de Kinshasa.

Spécialisée dans la santé de la Reproduction, l’Ong américaine EngenderHealth a mis un accent particulier sur la planification familiale en post-partum. Celle-ci, propose des services et des conseils sur la contraception dans le cadre des soins à l’accouchement dans des établissements de santé avant que la femme puisse y quitter. Une valeur ajoutée pour accroître l’accès aux services de la planification familiale. C’est dire que l’offre de services lors de la période post-partum est une approche spécifique visant à combler les lacunes en matière d’accès aux services de PF.

Pour le Dr. Don Félicien Kyongilwa, Conseiller technique en santé de la Reproduction à l’ONG EngenderHealth, la planification familiale post-partum a démontré son impact à l’augmentation de taux de prévalence contraceptive en République démocratique du Congo, en général, et Kinshasa, en particulier. D’ailleurs, les données probantes de l’avantage de cette approche seront révélées incessamment. Il a souligné que cette approche est implantée dans 62 centres de santé de la Ville de Kinshasa. L’idée pour cette Ong américaine est d’implémenter cette approche, dans les jours qui viennent, dans beaucoup de structures sanitaires pour couvrir toute l’étendue de la RDC. Car, il est possible, avec la planification familiale post-partum, d’intégrer les conseils en matière de planification familiale dans les soins accompagnant la préparation à la naissance et/ou immédiatement après celle-ci. Ainsi, les femmes pourront résolument décider laquelle des méthodes contraceptives avec l’aide des prestataires qualifiés, elles vont adopter. Ces approches sont d’ailleurs considérées comme acceptables à la fois par les prestataires de soins et les clients. Dès lors, la dispense d’informations à ce stade permet d’améliorer les connaissances et les attitudes concernant le recours à la contraception post-partum.

Il sied de préciser que le Projet ExpandFP de l’ONG EngenderHealth a appuyé l’amélioration de la qualité, l’accès et la disponibilité des méthodes et services de planification familiale moderne, en particulier des méthodes réversibles de longue durée d’action en RDC. Lancé avec le financement de la Fondation Bill et Melinda Gate, le Projet ExpandFP a collaboré avec les partenaires locaux en vue du renforcement des compétences du secteur de la santé publique en matière d’information et de services de PF.

Pourquoi cette pratique est-elle importante ?
L’offre de conseils sur la planification familiale dans le cadre des soins à l’accouchement permet de sensibiliser sur l’importance de l’espacement des naissances et des options contraceptives du post-partum. Bien souvent, les femmes et leurs partenaires n’ont qu’une compréhension limitée des options de contraception, du retour à la fertilité et des risques liés à une grossesse non désirée, ainsi qu’à celles qui ne sont pas suffisamment espacées peu de temps après une naissance. Les raisons citées par les prestataires de soins, les femmes et leurs réseaux de soutien pour justifier l’absence de contraception au cours de la période post-partum incluent des préoccupations concernant les effets de contraceptifs hormonaux sur le lait maternel et la santé de l’enfant. Dans des contextes où les femmes recherchent des soins bien avant l’accouchement, ou restent dans l’établissement de santé après l’accouchement. Il est possible de sensibiliser plus de femmes et leurs partenaires par le biais des services de naissance en établissement de santé.
Pour le Dr. Lis Lombeya, Directrice du PNSR, l’approche de la planification familiale post-partum est très avantageuse du fait qu’elle a plusieurs contacts avec les femmes. Notamment, quand elle vient en consultation prénatale, les prestataires lui parlent des possibilités d’avoir des méthodes contraceptives au sortir de l’hôpital. Car, c’est un moment où les femmes sont posées mentalement.

‘’La planification familiale post-partum permet à la femme d’être autonome. Ça lui permet d’avoir un écart inter-génétique entre le nouveau-né qu’elle accouche et celui qui va naître après. Car, l’on observe que certaines femmes sont grosses au moment où elles ont un autre enfant. Donc, la planification familiale post-partum prône un espacement des naissances responsable’’, a-t-elle souligné tout en plaidant pour une grande extension de ces services dans toute l’étendue de la RDC.

Jules Ntambwe