Les acteurs de la santé en République Démocratique du Congo ont échangé autour des résultats de deux grandes enquêtes qui donnent les niveaux de performance du secteur de la santé notamment, l’évaluation des prestations des services et soins de santé menée par l’école de santé publique de Kinshasa, et l’enquête mixte organisée par l’INS avec l’appui de l’UNICEF, du Fonds mondial et de l’USAID.

C’était à l’occasion de la revue annuelle sectorielle 2018, tenue du lundi 4 au mercredi 6 novembre 2019, au Centre Caritas. Placée sous le thème «Investir en faveur de la Couverture sanitaire universelle en RDC», cette revue a permis d’analyser les actions de la RDC dans le processus de mise en œuvre de la couverture sanitaire universelle (CSU). Le Ministre de la Santé qui avait lancé les travaux a dit sa détermination à assainir le secteur de santé et améliorer les services pour que le peuple congolais puisse bénéficier d’une santé qui lui permettra de travailler pour le développement de son pays.
Ainsi, ‘’cette revue a pour but de contribuer à l’amélioration de la santé de la population congolaise dans le contexte de la lutte contre la pauvreté‘’, a souligné Eteni Longondo.

Pour lui, il est clair que le temps de l’impunité est révolu. ‘’Il est temps que ceux qui détournent le bien commun puisse répondre de leurs actes devant la justice‘’, a-t-il tranché.
Toutefois, l’objectif de la CSU, précise-t-il, constitue une priorité pour le chef de l’Etat dans le secteur de la santé et fait partie intégrante du plan d’actions du gouvernement qui, du reste, est déterminé à imposer le changement dans la gestion de l’Etat. Il se focalisera sur l’amélioration de la gouvernance, la lutte contre la corruption, l’impunité et tant d’autres antivaleurs qui gangrènent le secteur de la santé en RDC.
Cette revue clôturée le mercredi dernier a aussi mis un accent sur la redevabilité autour des résultats du secteur et le partage des informations avec toutes les parties prenantes. Le volet redevabilité a porté sur l’aperçu de la mise en œuvre du Plan national de développement sanitaire (PNDS) et les performances du secteur de la santé en 2018.

Des actions à mener
Il s’agissait ici de faire le point de l’état de la mise en œuvre des PNDS en 2018 et analyser les performances du secteur de la santé sur base des résultats de grandes enquêtes menées en 2018. Pas seulement, mais aussi d’examiner les questions prioritaires qui handicapent l’amélioration de la disponibilité et l’accès des populations aux services et aux soins de qualité et, enfin, dégager les actions à mener pour une mise en œuvre réussie du PNDS.
Soulignons que cette revue se tient très tardivement à cause des contraintes liées à l’alternance démocratique qu’a récemment connue le pays.

Partant des constats sur les prestations des services et soins effectués, l’on enregistre la stagnation de la couverture des interventions, la faiblesse de la qualité des soins et application non optimale de la démarche qualité ainsi que la faible utilisation des services offerts.

A cela, il est prévu au niveau des défis et perspectives, l’extension de l’offre de service et soins de santé qualité. Notamment, par les constructions et équipements des FOSA, renforcement des capacités des prestataires, approvisionnement en médicaments et intrants et intégration ainsi qu’encadrement des structures privés.
Accélération des réformes prioritaires
L’on projette également des coûts des services et soins offerts à la population, l’accélération des réformes prioritaires et le renforcement du partenariat et de la coordination.

Dans les messages clés de la présentation de la revue annuelle, il est prévue de miser sur une planification réaliste axée sur les actions prioritaires pour la CSU, assurer les investissements pour améliorer la disponibilité et la qualité des services et soins, renforcer l’encadrement des prestataires à tous les niveaux ainsi que la coordination et le dialogue sectoriel pour plus de synergie et d’efficacité. Sans oublier la nécessité d’une mobilisation accrue des ressources et leur alignement aux plans sectoriels pour la mise en œuvre cohérente du PNDS 2020.
Il a été dit qu’actuellement, le secteur de la santé dispose d’un PNDS qui décline des actions à mener pour atteindre les objectifs et les résultats en vue de la CSU. La mise en œuvre de ce PNDS se fait à tous les niveaux de la pyramide sanitaire à travers les PAO.

Des hauts et des bas
Retenons surtout qu’en 2018, la meilleure exécution du budget a été surtout pour la rémunération. Les investissements dans le secteur sont financés plus par les ressources extérieures à raison de 34,35% contre 7% pour les ressources propres et transferts aux provinces. En gros, la situation globale consolidée de l’exécution du budget de la Santé en 2018 se situe à 61,7% contre 69% en 2017. Cependant, 39% du budget n’ont pas été engagé.
Comme information sanitaire, en 2018, le secteur était confronté à la question de disponibilité des données sanitaires. La faible utilisation des informations sanitaires pour la prise de décisions et d’actions de santé.
En ce qui concerne les actions sur le pilotage et la gouvernance, l’on note la mise en œuvre du contrat unique dans 16 DPS contre 12 en 2017. Bref, pas de progression notable.

Pour cause, les activités du DPS souffrent de la lourdeur des procédures à la base du faible taux d’absorption des ressources disponibles. Mais aussi le découragement et le désengagement des cadres suite aux difficultés de rémunération.

Boris Luviya