Les notions de la santé sexuelle et reproductive doivent, sans nul doute, être apprises dans les camps militaires de la capitale congolaise. Car, nul n’ignore les conséquences de la promiscuité des adolescents dans ces milieux. Ayant compris cela, l’ONG Afia Mama a, en marge de la journée internationale de la dépénalisation de l’avortement, célébrée le 28 septembre de chaque année, sensibilisé les jeunes et adolescents du Camp Lufungula.

Car, l’accès à l’avortement sûr, légal, accessible et sécurisé dans l’esprit et la lettre du Protocole de Maputo devrait être bien explicité à la population. C’est en partenariat avec la Coalition pour la lutte Contre les Grossesse Non Désirées « CGND », et l’accompagnement de l’ONG internationale Médecin du Monde/France que cette activité a été organisée sous les auspices de Mme Asina KALASSA, Chargée de plaidoyer de l’ONG AFIA MAMA. Cette dernière a conscientisé les jeunes du camp Lufungula à l’usage des méthodes contraceptives pour éviter des grossesses non-désirées. Elle a, ainsi, focalisé sa sensibilisation sur l’article 14 du Protocole de Maputo, alinéa 2 point C qui promeut le droits des femmes victimes de viols, d’agressions sexuelles, d’inceste et celles dont la grossesse met en danger leur santé mentale et physique ou leur vie ou du fœtus, de recourir librement aux services d’avortements médicalisés. Aussi, elle a insisté sur le fait que l’avortement doit se faire dans l’esprit et la lettre du protocole de Maputo en respectant des normes et directives. Pour Mme ASINA KALASSA, cet instrument juridique africain (Protocole de Maputo) doit être vulgarisé auprès de la communauté congolaise afin d’éviter le malentendu et éclairer l’opinion nationale sur l’applicabilité de l’article.
Sous la modération de Mme Brigitte Masela, les jeunes du Camp Lufungula ont été outillés sur les thématiques du Protocole de Maputo tout en se focalisant sur l’article 14.

Souvenance
Outre la ratification du protocole de Maputo et sa publication dans le Journal Officiel, le Président de la Cour Constitutionnelle, Président du Conseil Supérieur de la Magistrature, Me Benoît Lwamba Bindu, à travers une circulaire, a demandé aux Chefs des juridictions et offices des parquets de procéder à l’application immédiate de l’article 14 et ce, sans attendre la révision du Code Pénal congolais. Cette circulaire est publiée également au Journal officiel, dans ses numéros, spécial du 19 avril 2018 et, Ordinaire N°8 de l’année 2018. Et, les personnes les plus concernées par le fléau de l’avortement sont les adolescentes et jeunes filles. Car, selon toujours l’EDS 2013-2014 de la RDC, 27.2 % d’adolescents ont déjà commencé leur vie procréative sans avoir des connaissances solides en matière de santé sexuelle et reproductive. De ce fait, les adolescentes et jeunes filles deviennent mères précocement (27%). Les us et coutumes rétrogrades et les lois restrictives ont significativement contribué à perpétuer cette situation en RDC.

Jules Ntambwe