Les défenseurs des droits de l’homme et le collège des Avocats de la Ligue congolaise pour la Paix, les droits de l’homme et les élections (LICOPADEL) dirigée par Me Pindu Patrick, ne cessent d’être à la rescousse des personnes vulnérables dans toutes les provinces de la République démocratique du Congo.

Après une série de tournées dans les provinces de Kinshasa Est, Kongo Central, Kwango et Nord-Kivu, ils ont procédé hier, mercredi 7 août 2019, à la restitution devant la presse congolaise des résultats de l’enquête sur l’identification, traitement, suivi des dossiers judiciaires et conditions de détention de la population vulnérable (femmes, enfants, les orphelins, les albinos et les personnes vivant avec handicap). En effet, cette mission a été réalisée dans le cadre du programme d’accompagnement et assistance judiciaire de la population vulnérable du milieu rural et péri-urbain. Au fond, ce programme vise à aider la population vulnérable d’être assistée et défendue devant les instances judiciaires. Car, le constat fait par les enquêtes de la LICOAPDEL est que la plupart de personnes vulnérables ne sont pas assistée et défendue devant les instances judiciaires par manque des moyens financiers et accès au jugement. Ce qui fait qu’elles sont en détention dans les prisons illégalement, parfois par ignorance.

Aussi, ledit programme a aidé les avocats de la LICOPADEL à faire, entre autres, l’assistance judiciaire et le suivi des dossiers judiciaires ; enquêter sur les conditions de détention des femmes et enfants dans les cachots et prisons, sur le respect des droits des détenus et, enfin, sensibiliser les officiers de la police judiciaire, les inspecteurs judiciaires, les avocats, les juges et magistrats sur les instruments juridiques internationaux, régionaux et nationaux garantissant les droits des personnes en détention.

Détails
Présenté par Me Sephora Kindele-Ambo, 46 dossiers des personnes vulnérables ont été identifiés dans la province de Kwango. Sur les 46 dossiers, seuls 22 dossiers ont été suivis et 24 dossiers sont restés en souffrance. Après un travail de titan, les défenseurs de droits de l’homme ont pu bénéficier de la liberté provisoire de 7 personnes vivant avec handicap, 5 femmes et 10 enfants. A Matadi, la délégation conduite par Me Maxime Bazika a identifié 37 dossiers dont 22 pour les femmes et 15 pour les enfants. Sur place, 15 dossiers ont été suivis et 22 non suivis à cause de certaines difficultés rencontrées par ces défenseurs des droits de l’homme. S’agissant de la ville-province de Kinshasa, dans sa partie Est, 22 dossiers ont été identifiés dont 10 enfants, 7 femmes et 5 indigents. Sur ce, 3 dossiers ont été suivis par les Avocats et 19 dossiers en souffrance.

Tableau sombre à Goma
Selon les enquêtes menées, les conditions de détention des prisonniers de la prison de Goma, au Nord-Kivu, sont atroces. Par exemple, l’Etat congolais avait construit deux bâtiments dont chaque bâtiment à une capacité de 150 prisonniers. Dommage, actuellement, les défenseurs des droits de l’homme de la LICOPADEL conduits par M. Philippe Mangala, Chargé des programmes, ont été informés qu’il existe plus de 2300 prisonniers. C’est dire que plus de 90% des prisonniers passent leur vie dans cette prison au sol. Pis encore, les enfants et les adultes sont dans le même bâtiment. Bref, les conditions de détentions des détenus congolais, dans toutes les provinces, sont déplorables.

Une occasion d’en appeler aux dirigeants congolais d’aménager les prisons pour une meilleure condition de détentions des citoyens congolais incarcérés. Car, il a été constaté que les conditions hygiéniques sont inhumaines au point même de donner la maladie aux détenus. Aussi, un appel aux partenaires techniques et financiers de la LICOPADEL de venir à la rescousse des défenseurs et avocats des droits de l’homme, soucieux de redorer l’image de la justice congolaise et promouvoir le respect de la dignité humaine qui est, sans nul doute, sacré. Car, il s’avère des cas des décès des prisonniers suite à la malnutrition et aux mauvaises conditions de détention. D’ailleurs, entre 2016 et 2019, 20 cas de décès ont été enregistrés à Kenge ; 6 cas de décès entre 2018 et 2019 à Kikwit ; 4 cas à Boma et 5 cas à Mbanza Ngungu.

Jules Ntambwe