Quoique relativement bonnes, les élections ont bel et bien eu lieu le dimanche, 30 décembre 2018 en RD. Congo. La Commission Electorale Nationale Indépendante, CENI, qui avait justifié le report du rendez-vous du 23 décembre dernier en évoquant des raisons sécuritaires et logistiques, a respecté sa dernière parole quant à la tenue de la présidentielle couplée aux législatives nationales et provinciales le dimanche 30 décembre 2018.

Dans tous les cas, la carte a été jouée entre trois principaux candidats président de la République, à savoir : Emmanuel Ramazani Shadary, Dauphin du Président Joseph Kabila ; Félix Tshisekedi Tshilombo de la coalition ‘’Cap pour le Changement’’ et leader de l’Udps, ainsi que Martin Fayulu Madidi de LAMUKA dont l’appui de Bemba, Katumbi et Cie n’est nullement moindre. Qui de ces trois serait favori jusqu’ici? Il importe d’indiquer que le jeu électoral est fonction des moult facteurs qui ne permettent pas aux analystes de trancher si facilement.
Dès le dimanche 6 janvier 2019, en effet, l’arbitre Corneille Nangaa procédera à la publication des résultats provisoires, du moins, pour l’élection présidentielle.
A la surprise générale, le Gouvernement congolais a, pour la première fois, financé ces scrutins combinés qui concourront à la première passation civilisée du fanion de commandement entre le Président sortant et son successeur élu.
Anomalies enregistrées
Des irrégularités ont été enregistrées, ça et là ; de Kinshasa à Walungu, de Béni à Lubumbashi etc. En résumé, il s’est agi, essentiellement, du nombre réduit des machines à voter dans bon nombre des centres et bureaux de vote, pour ne pas faire allusion aux dysfonctionnements de ces machines; des morts enregistrés, entre autres, à Walungu ; des électeurs qui ont eu mille et une difficultés à identifier leurs noms sur les listes affichées dans les bureaux etc.
Mieux vaut tard que jamais
De report en report, en 2016 et 2017, depuis la fin du deuxième et dernier mandat constitutionnel du Président Joseph Kabila, le troisième cycle électoral du régime Kabila a été, in fine, au rendez-vous le dimanche 30 décembre 2018. Le Gouvernement congolais, en dépit de la crise interne à laquelle sont confrontés différents secteurs de la vie sociale et l’ensemble de la population, a organisé, sans l’aide extérieure, ces trois scrutins combinés tant attendus. «A nous la victoire», dixit Félix Tshisekedi du vote depuis le district le plus peuplé de Kinshasa, Tshangu. «J’ai déjà gagné», a déclaré, quant à lui, Emmanuel Ramazani Shadary qui a voté depuis la commune de Gombe, conjointement avec le Président Joseph Kabila et l’opposant congolais, Martin Fayulu qui, lui, ne chante que l’hymne de la crédibilité du processus électoral, disons, la vérité des urnes.
Trois meilleurs joueurs
Parmi les 21 candidats qui sont engagés dans la compétition afférente à l’élection présidentielle, la frange importante de la population s’est montrée jusqu’à la dernière minute favorable aux trois leaders précités. L’agenda électoral révisé par la Commission Electorale Nationale Indépendante indique, à tout prendre, que dès le dimanche 6 janvier 2019, les résultats liés à l’élection présidentielle seront dévoilés provisoirement à l’opinion tant nationale qu’internationale. Tout compte fait, les lois de la République reconnaissent le doit aux candidats lésés de saisir la Cour Constitutionnelle en termes de revendication. Dès que les Experts du droit constitutionnel auront tranché, une fois de plus, la CENI rendra publique les résultats définitifs en vue de permettre au président élu de s’apprêter à prêter serment au lendemain du 17 janvier 2019. La carte s’est jouée. Des irrégularités tant soit peu ont été enregistrées. Des messages de paix sont lancés dans tous les sens. En même temps qu’il faille souhaiter bonne chance au meilleur gagnant, il y a lieu de regarder vers le lendemain meilleur, fruit des efforts de chacun des congolais, toutes tendances confondues.

Jacques Kitengie

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