Comme l’a décidé la commission électorale nationale indépendante (CENI), la campagne électorale a pris fin le vendredi 21 décembre 2018 à minuit.

Lancée le 22 décembre, elle a été marquée par les tournées effectuées dans le Congo profond par le candidat du FCC, Emmanuel Ramazani Shadary ; Martin Fayulu de la coalition LAMUKA et Félix Tshisekedi du CACH. Mais, qu’ont réellement retenu les Kinois de cette campagne électorale ? Pour cela, le baladeur de La Prospérité a sillonné les rues de la capitale.
Ornella Babongi, 24 ans, étudiante : « le choix porté sur Fayulu a vraiment divisé l’opposition». Selon elle, ‘’Emmanuel Shadary est le seul candidat à avoir circulé dans quasiment toutes les provinces de la RDC où il a reçu le soutien de ses militants. Fayulu, lui, a réussi à se faire une renommée en moins de temps. Les congolais le préfèrent à Fatshi. Il était acclamé partout où il est passé. Toutefois, au début de sa campagne, le candidat n°4 était contre la machine à voter, mais il a fini par changer de langage à la fin. Pourquoi ce revirement soudain ? Félix, quant à lui, a battu campagne avec les moyens de bord. Il a eu du mal à convaincre la population depuis le retrait de sa signature de l’Accord de Genève. Le choix porté sur Fayulu a vraiment divisé l’opposition, la rendant fragile face au camp de la majorité. Aujourd’hui, Fayulu et Félix se comportent en ennemis acharnés alors qu’ils devraient se serrer la main.
Keren Safi, 22 ans, Etudiante : «les trois candidats ont bénéficié de la liberté d’expression »
Pendant la campagne, Fayulu, Fatshi et Shadary, les trois principaux candidats à la magistrature suprême, ont bénéficié de la liberté d’expression. Ils se sont adressés à leurs partisans lors de leurs tournées en toute sécurité, dans la plupart des cas. La police nationale congolaise a agi avec professionnalisme, en maitrisant les foules contre la perturbation de l’ordre public durant la campagne électorale.
Paty Tshika, 34 ans, entrepreneur : « Fayulu et Tshisekedi n’ont pas respecté l’Accord de Genève».
Tous le trois candidats ont réussi à drainer des foules à chacun de leurs meetings. La masse mobilisée par Shadary a, sans doute, été motivée par l’argent. Par contre, les partisans de Fayulu et de Tshisekedi ont accouru par défi, stimulés soit par leur fanatisme, soit par leur esprit de tribalisme. Les deux candidats de l’opposition se partagent ainsi les chances de gagner les élections si la machine à voter n’est pas truquée. Je déplore, toutefois, leur inconstance vis-à-vis de leurs décisions. Fayulu et Tshisekedi n’ont pas respecté l’Accord de Genève.
Antoinette Ndjiba, 50 ans, Commerçante : « Drainer des foules n’est pas synonyme de victoire »
Cette campagne me rappelle la guerre des wenge (Groupe musical). Les fans passaient leur temps à commenter sur le leader qui drainait le plus des foules. C’est une perte de temps. Or, drainer des foules n’est pas synonyme de victoire. Ramazani Shadary mérite la confiance des congolais, parce qu’ils lui sont reconnaissants. C’est lui qui a milité pour la paix et l’unité au Kasaï, a Bunia, Tana. Félix, lui, a battu campagne en profitant de l’aura de son père. Sa coalition avec Kamerhe constitue une force, mais elle ne lui garantit pas la magistrature suprême. Ce qui m’inquiète avec Fayulu, c’est son changement de décision par rapport à la machine à voter.
Jean-Claude Kitia, 34 ans, technicien : « L’intolérance a été au rendez-vous pendant la campagne »
L’intolérance a été au rendez-vous pendant la campagne électorale. On a vu des candidats à la présidentielle violer la Loi électorale. Le Gouvernement n’a pas pu instaurer de la discipline dans le comportement de ces trois leaders et candidats à la présidentielle 2018. Nous savons tous bien que la campagne électorale est régie par des règles établies par la Loi électorale. Le candidat du pouvoir, Emmanuel Ramazani Shadary, a commencé la campagne avant la date prévue par la Centrale électorale. Il a violé ainsi l’article 11 de la loi électorale selon laquelle le délai de la campagne électorale est fixé par le calendrier arrêté par CENI. Cette intolérance s’est accrue pendant la campagne où des candidats de l’opposition ont été privés d’accès aux medias publics.

Dorcas Nzumea

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