Adieu la campagne électorale 2018 sous des tensions protéiformes. La décision de tous les enjeux est de la Commission Electorale Nationale Indépendante, CENI, telle que rendue publique jeudi 20 décembre dernier, à l’issue du point de presse animé par son Président, Corneille Nangaa Yobeluo.

Malencontreusement, les élections présidentielle, législatives nationales et provinciales, initialement prévues pour demain dimanche 23 décembre 2018 ont été, contre toute attente, postposées au 30 décembre prochain. Eu égard à ce verdict des Sociétaires de cette institution ayant le monopole d’organiser les scrutins au Congo-Kinshasa, le duo Félix Tshisekedi, candidat de la coalition Cap pour le Changement, CACH en sigle, et son colistier Vital Kamerhe, son Directeur de campagne, s’oppose farouchement contre cette sentence de la CENI qui, argument-ils, viole la loi électorale en vigueur. Hier, au cours d’un point de presse animé au siège national de l’Udps, ces deux opposants et leurs base ont juré de poursuivre leur campagne jusqu’à 48 heures avant les joutes électorales du dimanche 30 décembre prochain.
Du nombre de ceux qui récusent la décision de la CENI mettant un terme à la campagne électorale, à plus d’une semaine des scrutins à venir, il sied d’indiquer que le Conseil National de Suivi de l’Accord de la Saint Sylvestre et du processus électoral, CNSA, par le truchement de son Président, Joseph Olenghankoy, figure en premier lieu. Loin de fléchir, il a dû saisir officiellement, l’institution sœur, la CENI, pour exiger la poursuite de la campagne électorale jusqu’au 28 décembre 2018, soit à 48 heures des élections prévues pour le 30 décembre prochain. Tout compte fait, les langages des sourds sont réels entre une frange importante de la classe politique et la Commission Electorale Nationale Indépendante, du moins, en ce qui concerne la clôture, à tort ou à raison, de la campagne électorale par le Président de cette institution d’appui à la démocratie.
CACH résiste
En effet, l’héritier biologique et politique de Feu Etienne Tshisekedi Wa Mulumba, Félix Tshisekedi Tshilombo, candidat n°20 à la prochaine élection présidentielle ainsi que son colistier Vital Kamerhe, tous, Initiateurs de la coalition politique Cap pour le Changement, CACH en sigle, rejettent en bloc le verdict de la CENI mettant fin à la campagne électorale, soit à plus d’une semaine des joutes électorales. Au cours d’un point de presse animé hier, vendredi 21 décembre 2018, au siège de l’Udps, ces deux leaders de l’opposition congolaise ont dû hausser le ton pour décrier la décision de la CENI et, par ricochet, rappelé qu’ils poursuivent leur campagne jusqu’au vendredi 28 décembre prochain, à 48 heures des élections combinées postposées au 30 décembre 2018. Faisant d’une pierre deux coups, les Présidents en fonction de l’Udps et de l’Unc ont déclaré avoir pris acte du report des élections qui auraient pu avoir lieu demain, 23 décembre 2018, conformément au calendrier de la CENI publié en novembre 2017. Ce, après deux ans de rendez-vous électoraux manqués en 2016 et 2017 qui ont permis au Chef de l’Etat, Joseph Kabila Kabange, de siéger, jusqu’ici, dans son strapontin présidentiel, depuis près de 18 ans.
Rixes
Vraisemblablement, la décision de la CENI ayant suivi celle du Gouverneur de la Ville de Kinshasa, André Kimbuta Yango qui suspendait la campagne électorale à Kinshasa, du moins, pour les candidats Président de la République se veut l’un des sujets d’actualité qui laissent couler beaucoup d’encre et salive aussi bien dans l’opinion que dans le chef des acteurs politiques en lice. Le pourcentage en termes de contestation est si élevé. Par ailleurs, le report des élections de la date fatidique de demain, dimanche 23 décembre 2018, à une semaine, pour des raisons logistiques et sécuritaires telles qu’avancées par la CENI, n’est pas resté sans conséquences tant soit peu, singulièrement, au vu de la suite du calendrier. Dans tous les cas, le premier inconvénient est sans nul doute celui lié à la campagne électorale déclarée close par la CENI alors que le rendez-vous électoral en soi, n’aura lieu que dans 8 jours, soit dimanche 30 décembre prochain. Bien plus, force est de souligner qu’à défaut de la prise en compte par la CENI de la recommandation du CNSA allant dans le sens de laisser libre champ à la classe politique de manière à poursuivre la campagne jusqu’au vendredi 28 décembre prochain, étant donné que les scrutins ont été recalés d’une semaine, la voie de la quiétude serait loin d’être au rendez-vous. Tout laisse à croire que le dossier demeure bel et bien à l’épicentre des chicanes entre la CENI et les acteurs politiques de l’opposition protagoniste.

Jacques Kitengie

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