*Sanctions ciblées prolongées. 14 personnalités congolaises visées jusqu’au 12 décembre 2019. Shadary, le candidat à la succession de Kabila, est, lui aussi, concerné.

Autant que tant d’autres, ces sanctions tombent, curieusement, à un moment où la campagne électorale lancée le 22 novembre dernier va, se terminer le 21 décembre à minuit. Ce qui, du coup, ouvrira la voie à la tenue effective des élections, le 23 décembre 2018. Que se passerait-il demain, si Shadary, une fois élu Président de la RD. Congo et investi au Palais de la Nation, pour que les Ambassadeurs et Chefs des Missions de l’Européenne soient accrédités tout au long de l’année 2019 ? Plus qu’interpellatrice, telle est, pourtant, la question lancinante que pose Kikaya, l’actuel Conseiller Diplomatique du Chef de l’Etat congolais, à l’endroit de tous les membres du Conseil des Ministres de l’UE. Va-t-on ainsi vers un bras de fer ? Et quelle sera la réaction officielle du Gouvernement congolais ? Tout récemment, Léonard She Okitundu, le Ministre d’Etat aux Affaires Etrangères, à la Coopération Internationale et Intégration Régionale, tout en promettant des mesures de rétorsions, disait à ce sujet que l’Etat congolais n’allait plus, cette fois-ci, se laisser marcher sur la tête. Toutefois, il n’avait ni fixé la teneur, ni indiqué la nature de ces mesures de rétorsion. Déjà, Kikaya Bin Karubi parlait hier, de sanctions injustes et inadmissibles. Puisqu’à son avis, les personnalités mises en cause n’ont jamais bénéficié de leur droit à être entendues, conformément aux règles de droit les plus élémentaires.

Rétropédalage
Le 10 décembre 2018, le Conseil a prolongé les mesures restrictives actuellement en place contre la République démocratique du Congo jusqu'au 12 décembre 2019. Ces sanctions consistent en un gel des avoirs et une interdiction de visa pour l'Union européenne visant 14 personnes. Elles ont été adoptées le 12 décembre 2016 et le 29 mai 2017 en réponse aux entraves au processus électoral en RDC et aux violations des droits de l'homme qui y étaient liées.
Dans ses conclusions de décembre 2017, le Conseil a appelé l'ensemble des acteurs congolais, et en premier lieu, les autorités et les institutions congolaises, à jouer un rôle constructif dans le processus électoral.
Dans sa décision, compte tenu des élections à venir, le Conseil réaffirme l'importance de la tenue d'élections crédibles et ouvertes à tous dans le respect de l'aspiration du peuple congolais à élire ses représentants. Le Conseil réexaminera à nouveau les mesures restrictives compte tenu des élections en RDC et se tient prêt à les adapter en conséquence.
Autrement dit, les élections prévues le 23 décembre 2018 constituent une opportunité historique pour la République Démocratique du Congo d'opérer le premier transfert démocratique et pacifique du pouvoir. L’Union européenne réitère son soutien à l’organisation d’un scrutin qui doit se tenir de manière inclusive, transparente, crédible et pacifique, dans le plein respect des droits de l'Homme et des libertés fondamentales.
L’Accord de la Saint Sylvestre et la résolution 2409 du Conseil de sécurité des Nations Unies indiquent clairement à tous les acteurs politiques et aux autres parties prenantes les conditions à respecter pour une sortie de crise durable, la tenue d’élections crédibles et un transfert de pouvoir apaisé. L'Union européenne encourage toutes les parties concernées à les mettre en œuvre. Ici, découvrez la déclaration de Mme Federica Mogherini sur ces sanctions que Kinshasa rejette en bloc.

LPM

Déclaration de la Haute Représentante Federica Mogherini, au nom de l'UE, sur la République Démocratique du Congo

1. L’Union européenne est un partenaire de longue date de la République Démocratique du Congo et de sa population et prête une attention constante à l’évolution politique, sécuritaire et humanitaire du pays.
2. Les élections prévues le 23 décembre 2018 constituent une opportunité historique pour la République Démocratique du Congo d'opérer le premier transfert démocratique et pacifique du pouvoir. L’Union européenne réitère son soutien à l’organisation d’un scrutin qui doit se tenir de manière inclusive, transparente, crédible et pacifique, dans le plein respect des droits de l'Homme et des libertés fondamentales. L’Accord de la Saint Sylvestre et la résolution 2409 du Conseil de sécurité des Nations Unies indiquent clairement à tous les acteurs politiques et aux autres parties prenantes les conditions à respecter pour une sortie de crise durable, la tenue d’élections crédibles et un transfert de pouvoir apaisé. L'Union européenne encourage toutes les parties concernées à les mettre en œuvre.
3. Le Gouvernement et la CENI ont une responsabilité majeure pour l'avenir du pays. Ils doivent œuvrer à la bonne tenue des élections en respectant la date prévue et les standards de transparence et d'efficacité nécessaires. L'observation électorale indépendante, par des organisations régionales et par les acteurs de la société civile, joue un rôle clef. La participation réelle des femmes dans toutes les étapes du processus électoral doit être assurée.
L'UE encourage aussi le Gouvernement à consolider la confiance des électeurs et la crédibilité du processus et à associer de manière transparente toutes les parties prenantes à l’ensemble du processus, ainsi qu'à garantir la liberté de l'espace politique. L'UE appelle l'ensemble des parties prenantes à s'abstenir de toute incitation à la violence, à respecter le code de conduite et les obligations en vigueur, et à régler de manière pacifique leurs différends. La liberté de la presse et de manifestation pacifique et l'accès équitable aux médias – dans le respect des obligations internationales de la RDC – constitueront également des éléments essentiels pour la crédibilité du processus.
4. La situation à l'est du pays nécessite davantage d'engagement de la part des autorités congolaises, aussi en vue de pouvoir y organiser le scrutin dans les meilleures conditions.
5. L’Union européenne suivra attentivement le déroulement des élections en RDC. La tenue d'élections inclusives, transparentes, crédibles et pacifiques sera importante pour son engagement futur en RDC avec les autorités démocratiquement élues pour le développement du pays dans l'intérêt de la population congolaise.

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