Les différentes sorties médiatiques des caciques du FCC et du CACH démontrent, sans nul doute, que cette coalition a déjà des fissures qui ne permettraient pas, à la longue, un mariage pour l’intérêt du peuple congolais.

Les analystes ne cessent de dénoncer le divorce précoce de ces deux plateformes électorales où les aigris du premier gouvernement de la coalition FCC-CACH se mettent à se jeter des pamphlets sur la gestion de la République démocratique du Congo, oubliant ainsi que celle-ci est gérée par les deux camps au pouvoir. Richie LONTULUNGU, analyste patenté de la société civile congolaise, est monté au créneau pour recadrer cette coalition FCC-CACH. ‘’ J’ai toujours soutenu, dans mes recherches politiques, l’idée que deux rivaux peuvent, pour des raisons de paix, dormir sur un même lit et partager un même oreiller. C’est ce que j’appelle, ‘’passer à l’essentiel’’. Cela est la phase la plus importante qui conditionne le décollage de toute nation. Ainsi, le projet de coalition entre le CACH et le FCC est une ingéniosité qui a modifié le format de la politique congolaise et celui-ci aura une influence certaine sur la suite des événements dans le pays’’, souligne-t-il. Et, d’ajouter que : chaque camp doit nécessairement expliquer le bien-fondé de ladite coalition à sa base. Sous d’autres cieux, les deux camps pourraient tenir des primaires en interne pour sceller le pacte de coalition. Dans le cas d’espèce de la coalition en place en RDC, cette adhésion des masses ne s’est pas faite avant. Elle doit alors se faire par la suite pour prévenir les risques de manipulation. Il est inquiétant de constater que les deux camps de la coalition ne communiquent pas ensemble. Il faut une stratégie de communication appropriée pour faire adhérer les masses populaires à un plan commun. Ci-dessous, l’intégralité de l’analyse de M. Richie LONTULUNGU.

COALITION CACH-FCC OU LA DERNIERE CREATION DANS UNE LONGUE SERIE D’INVENTIONS POLITIQUES EN RDC
Le projet de coalition entre le Cap pour le Changement (CACH) et le Front Commun pour le Congo (FCC) demeure une création congolaise qui est d’une portée sans précédent et d’une intensité historique unique.
C’est un projet qui comporte beaucoup de vertus thérapeutiques pour la République Démocratique du Congo.
Deux maladies principales, parmi tant d’autres, qui ont longtemps ruiné la RDC, à savoir la boulimie du pouvoir et la prostitution politique, pouvaient ainsi trouver un remède. La première a longtemps tenu la RDC enchaînée, causant des guerres et des tensions politiques à répétition, la seconde a normalisé la culture de la trahison et du cynisme politique dans le pays. Depuis l’accession du pays à l’indépendance en 1960, ces deux cancers ont cloué le pays au sol. Des crises n’ont pas permis au pays d’avancer à la même vitesse que les autres nations modernes.
Le projet de coalition CACH-FCC n’est pas une nouveauté dans le pays. Il y’a eu, dans l’histoire récente du pays, plusieurs tentatives visant à mettre les politiques congolaises ensemble (unir l’homme politique congolais autour de lui-même) afin de bâtir la paix, le développement et la prospérité du pays. Cependant, toutes ces tentatives, partant de la conférence nationale souveraine, s’étaient soldées par des échecs. La récente formation de trois grands ensembles FCC, CACH et LAMUKA en 2018, dernières créations dans une longue série d’inventions politiques en temps de crise en RDC, a décidément servi de turbopropulseur à l’idée de coalition.
Deux choses ont longtemps entravé la formation d’une entente du type FCC-CACH en RDC, à savoir : la forme et une certaine motivation indispensable. Le quiproquo ou fait accompli qui a suivi les élections générales de 2018 s’est résumé en la victoire d’un camp à la Présidence de la République et d’un autre aux législatives nationales et provinciales. Il avait de facto résolu le problème lié à la forme dans la quête de formation d’une entente nationale, mais en même temps les résultats des dites élections ont servi de motivation indispensable pour les deux blocs qui se sont retrouvés soudain contraints de recoller les morceaux pour faire fonctionner la RDC. Ainsi, ces élections ont offert une opportunité sans précédent au peuple congolais dans l’histoire de leur pays et ont permis de réaliser ce que le pays a échoué de faire depuis plusieurs décennies. Une grande partie de la classe politique congolaise s’est retrouvée dans une même adresse et sous la même identité dite FCC-CACH et en face d’elle, un autre bloc important qui est LAMUKA pour faire valoir la démocratie. Les individualités et les particularités politiques qui ont longtemps entravé la formation d’une véritable entente nationale ont cédé place au réalisme politique. J’ai toujours soutenu, dans mes recherches politiques, l’idée que deux rivaux peuvent, pour raison de paix, dormir sur un même lit et partager un même oreiller. C’est ce que j’appelle, ‘’passer à l’essentiel’’. Cela est la phase la plus importante qui conditionne le décollage de toute nation. Ainsi, le projet de coalition entre le CACH et le FCC est une ingéniosité qui a modifié le format de la politique congolaise et celui-ci aura une influence certaine sur la suite des événements dans le pays.
Si cette coalition est convenablement encadrée, et si les anciens rivaux ne se laissent pas influencer par des énergies négatives ayant caractérisé leurs conduites jusqu’il y a encore moins d’une année, la RDC pourra enfin envisager des grands chantiers transformateurs sans avoir la peur de contradictions subjectives. Le moment sera idéal pour traverser le grand fleuve avec succès grâce à la solidité de cette bâtisse.
La tension observée actuellement entre les partisans des deux blocs de la Coalition CACH-FCC, loin d’être une lutte pour la survie, est le manque d’une stratégie de communication commune adéquate au sein de la dite coalition.
Asseoir la coalition est une chose mais faire quelque chose de viable en est une autre. Pour en faire quelque chose de viable, il faut faire appel à des réflexions profondes en interne et à une stratégie.
Les deux blocs doivent évoluer à la même vitesse dans leur manière de penser.
Habituellement, lorsqu’on initie un tel projet de coalition, il faut amener les sympathisants des deux blocs à avoir la même vision pour qu’il ne soit pas volatile. Il faut rechercher l’adhésion des masses populaires et elle peut se faire en amont comme en aval. Chaque camp doit nécessairement expliquer le bien fondé de la dite coalition à sa base. Sous d’autres cieux, les deux camps pourraient tenir des primaires en interne pour sceller le pacte de coalition. Dans le cas d’espèce de la coalition en place en RDC, cette adhésion des masses ne s’est pas faite avant. Elle doit alors se faire par la suite pour prévenir les risques de manipulation.
Il est inquiétant de constater que les deux camps de la coalition ne communiquent pas ensemble.
Il faut une stratégie de communication appropriée pour faire adhérer les masses populaires à un plan commun.
Si les tenants du FCC peuvent se rendre à un meeting populaire du CACH pour s’adresser ensemble aux partisans ou envisager des matinées politiques communes et si les tenants du CACH peuvent faire de même, cela sera une meilleure approche de communication stratégique qui amènera les partisans à la socialisation, à la familiarisation et à la poursuite d’un idéal commun. Des efforts de jumelage des partisans peuvent être entamés par les deux blocs. Si les deux réussissent à faire cette opération ils pourront gérer longtemps ensemble partant sur base de rotations. Ainsi opter pour une stratégie commune de communication modifierait ou voire transformerait la perception des choses par leurs militants quant à l’avenir de la coalition.
Si les deux camps veulent éviter que l’un des deux camps s’ingère dans les affaires internes de l’autre camp, ils peuvent alors se doter d’un statut d’observateur dans des meetings stratégiques.
Cette ouverture renforcera la franchise et la confiance mutuelle entre les partisans et les tenants des deux camps. Dans des partenariats politiques, comme dans un couple, l’insécurité et le manque de confiance naissent assez souvent lors ce qu’on a difficile à deviner ce qui se passe dans la tête de l’autre au moment où on partage ensemble un même lit. Ce pourquoi dialoguer en permanence demeure la seule remède à cet instinct naturel. Cela serait une bonne chose pour le pays si les deux camps parvenaient à canaliser toutes leurs énergies dans le sens de la coalition. C’est cela la stratégie à adopter pour une coalition qui envisage une relation à long terme.
A partir du moment où les deux blocs CACH et FCC se sont décidés de se mettre en coalition, les sentiments des populations sont mélangés. A leurs yeux, entre les deux blocs autrefois rivaux, il n y a plus mauvais ni gentilhomme. Face à cela, il pourrait se faire que le peuple ne puisse plus accorder un avenir politique individuel à chacun des deux camps. La stratégie d’ami-ennemi n’est pas favorable au sein de la coalition au pouvoir. Il faut faire en sorte que le projet de gouvernance de la coalition parvienne à produire des résultats palpables en termes de réalisation. Aujourd’hui chaque mésentente au sein de la coalition se fait accompagner par la rhétorique d’une rupture bradée par chacun des deux camps. Il est stratégiquement faut de croire que le peuple blâmera l’échec de l’action gouvernementale commune sur un camp et qu’il accordera le bénéfice du doute à l’autre. Le peuple imputera certainement tout échec des cinq prochaines années aux deux camps de la coalition et cela ne pourra que nuire à leurs chances de survit politique.
Si les deux camps ne travaillent pas l’un pour l’autre, et tous les deux en faveur d‘un changement concret comme l’aspire le peuple congolais, il ne sera point surprenant que cet état de choses puisse tourner en faveur d’une troisième force.
Les chantiers congolais sont connus et le peuple est à la recherche d’une équipe capable de les concrétiser.
Autre stratégie à adopter en plus de la première : les deux blocs en coalition peuvent également opter pour un autre nom, qui ne sera ni CACH ni FCC. Cela permettra de faire oublier les disputes du passé aux militants. Une telle approche se heurterait sûrement à la résistance des caciques des deux camps.
Si les deux camps envisagent de gagner ensemble dans cinq ans, cela est indispensable.
Les deux camps ne doivent pas croire que trouver un nom nouveau à la coalition, lui donner une identité nouvelle et une adresse nouvelle sera se faire avaler ou que l’un des camps sera relâché par ses partisans. Tous les maux qui minent encore aujourd’hui la coalition disparaîtront lorsqu’on a qu’un seul nom à revendiquer et à défendre dans toutes les factions. Tout cela dépendra aussi de la force des tenants de la coalition à faire adhérer leurs militants à ce plan commun.
Richie LONTULUNGU/Analyste sociopolitique

 

Statistiques

4754623
Aujourd’hui
Hier
Cette semaine
La semaine passée
Ce mois
Le mois dernier
Au total
1761
3897
63797
4527212
9904
640929
4754623

Your IP: 34.204.178.160
2020-04-03 10:20

Les plus lus

Nos Partenaires

  • africatime.jpg
  • africa_n1.jpg
  • allafrica.jpg
  • logo-monusco.jpg
  • okapi.jpg