Dans une déclaration lue devant la presse, lundi 16 septembre dernier, le Ministre honoraire des relations avec le Parlement, Jean-Pierre Lisanga Bonganga, a lancé un nouveau mouvement citoyen dénommé : ‘’TELEMA’’.

‘’C’est un groupe de pression qui va s’employer à mobiliser notre peuple pour le respect du choix de notre peuple et à œuvrer pour qu’une solution soit trouvée à cette crise de sorte que ce que nous avons vécu en 2006, en 2011 et en 2018 ne puisse plus jamais se reproduire dans notre pays’’, a fait savoir Lisanga Bonganga. Il a souligné, par ailleurs, que TELEMA va s’atteler à mettre à la disposition de l’opinion des analyses sur les questions brûlantes de l’heure au travers des communiqués et déclarations politiques.

DECLARATION DE JEAN-PIERRE LISANGA BONGANGA
Mesdames et Messieurs de la Presse, merci beaucoup d’être venus à ce point de presse. D’entrée de jeu, je dois vous dire que l’on peut tout me refuser, sauf ma citoyenneté et mon statut d’acteur politique. Les Députés de mon parti, la CCD, sont membres du groupe parlementaire MLC-ADN au sein de l’Assemblée nationale et la CCD est membre du groupe politique ACC, présidé par le Sénateur MABAYA qui, comme tout le monde le sait, était candidat Président à l’élection présidentielle, puis s’était désisté en faveur du candidat commun de l’Opposition de l’époque, Monsieur Martin Fayulu, et celui-ci a été élu démocratiquement lors de la présidentielle du 30 décembre 2018. A ce titre j’ai donc le devoir de m’exprimer sur les problèmes politiques importants qui se posent dans mon pays, surtout lorsque ces problèmes sont d’ordre existentiel et retardent le développement de mon pays. De quoi s’agit-il ? A moins de se voiler la face, il faut avoir le courage de reconnaître que les élections chaotiques du 30 décembre 2018 ont, une fois de plus plongé notre pays dans une grave crise de légitimité qui a sévèrement secoué le fondement du pacte républicain que nous avons signé à Sun-City en Afrique du Sud. A cette occasion, le constituant congolais avait, en effet, identifié le mal à l’origine des crises politiques récurrentes dans notre pays en affirmant, dans l’exposé des motifs de la Constitution que « depuis, le 30 juin 1960, la République Démocratique du Congo est confrontée à des crises politiques récurrentes dont l’une des causes fondamentales est la contestation de la légitimité des institutions et de leurs animateurs ». Puis, le constituant a indiqué le remède approprié à ce mal en prescrivant que « En vue de mettre fin à cette crise chronique de légitimité et de donner au pays toutes les chances de se reconstruire, les délégués de la classe politique et de la société civile, forces vives de la nation ont convenu, ( ) de mettre en place un nouvel ordre politique, fondé sur une nouvelle Constitution démocratique sur base de laquelle, le peuple congolais puisse choisir souverainement ses dirigeants, au terme des élections libres, pluralistes, démocratiques, transparentes et crédibles ».
Seulement voilà, si les élections ont eu effectivement lieu le 30 décembre 2018, elles ont été tout, sauf démocratiques, transparentes et crédibles. Le peuple congolais qui s’est massivement mobilisé pour accomplir son devoir civique a été victime d’un véritable braquage électoral. Monsieur Kabila ayant décidé de confisquer la souveraineté du peuple consacrée à l’article 5 de la Constitution et ce, à la suite d’un deal privé conclu avec Monsieur Félix Tshilombo, qu’il a nommé Président de la République comme il a nommé les Députés nationaux et provinciaux, etc… C’est ainsi que nous sommes aujourd’hui devant une incongruité politique exceptionnelle où, en fait, il y a trois présidents en RDC. Un Président nommé, qui porte le ‘’costume’’ de Président de la République, mais n’a aucun pouvoir, un Président élu, à qui on a refusé l’exercice du pouvoir et un ancien Président qui, lui, détient l’impérium du pouvoir en ayant le contrôle de la quasi-totalité des Institutions de la République en tant que chef de file du FCC : de la présidence de la République aux gouvernements provinciaux en passant par le gouvernement central, l’Assemblée nationale, le Sénat et les Assemblées provinciales. Cette situation d’illégitimité et de main mise sur les Institutions est toxique pour notre pays en ce qu’elle va impacter négativement sur l’efficacité des Institutions et donc sur le vécu quotidien de notre population.
Voilà pourquoi, nous avons pris l’initiative, et nous vous l’annonçons solennellement, de lancer un mouvement citoyen dénommé : ‘’TELEMA’’ qui est un groupe de pression qui va s’employer à mobiliser notre peuple pour le respect du choix de notre peuple et à œuvrer pour qu’une solution soit trouvée à cette crise de sorte que ce que nous avons vécu en 2006, en 2011 et en 2018 ne puisse plus jamais se reproduire dans notre pays. Il sied de préciser que TELEMA n’est pas un parti politique ni une plateforme politique. C’est un mouvement d’éveil collectif de conscience pour la consolidation de la démocratie, la promotion de la paix et le développement de notre pays.
C’est ainsi que TELEMA n’évoluera pas en dehors des forces politiques et sociales qui se battent réellement pour l’avènement d’un Etat de droit et une véritable démocratie dans notre pays, à l’instar de notre parti, la CCD, et de notre regroupement ACC qui sont ancrés dans les forces politiques acquises au vrai changement et à une véritable alternance.
Dans ce cadre, TELEMA s’attèlera à mettre à la disposition de l’opinion des analyses sur les questions brûlantes de l’heure au travers des communiqués et déclarations politiques. Nous invitons donc toutes les Congolaises et tous les Congolais, épris de paix et assoiffés de démocratie, y compris nos compatriotes de la diaspora, à s’approprier le mouvement TELEMA pour le décollage définitif de notre pays.
Je vous remercie

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