*Normalement, le premier des guerriers du combat contre la machine à voter et le fichier électoral corrompu, ne devrait plus se battre qu’avec Freddy Matungulu, du moins du côté des candidats restés en lice, si jamais la base de Congo na Biso demeurait dans les rangs jusqu’au bout.

Même s’il bénéficie encore du soutien tous azimuts de Bemba, Katumbi et Muzito, le retrait de Félix Tshisekedi et Kamerhe l’ampute tellement d’une partie importante de son potentiel électoral qu’il serait, à tout prix, obligé de revoir ses calculs et stratégies.

Au juste, cet homme d’affaires à la verve oratoire facile ne sera même pas seul face à Shadary, le candidat du Front Commun pour le Congo. Car, après tout, les autres candidats à la Présidentielle 2018 restés à Kinshasa, cogitent, mitonnent ou cuisinent, à leur tour, quelque chose allant dans le sens de se choisir leur propre candidat commun.

Théodore Ngoy, se montrant à ce sujet très fâché du fait de l’exclusion délibérée du collectif des candidats à la Présidentielle, lors de ces discussions de Genève, promettait ce lundi, dans la matinée, une réaction adaptée à la hauteur de cette exaspération.

Mais, ce n’est pas tout. Bien d’autres candidats évoluant en électrons libres, tels que Samy Badibanga, Noël Tshiani, Yves Mpunga ou autre Alain Daniel Shekomba, tenteront d’y aller, chacun, de ses propres forces jusqu’à se faire arracher, peut-être, la dernière gencive.

Et, finalement, où va cette Opposition lorsqu’on sait qu’en dehors de la lutte contre la machine à voter, le fichier électoral et pour l’application des mesures de décrispation, il y a également l’enjeu lié notamment, au fait qu’il s’agit-là, faut-il le rappeler, d’une dernière ligne droite vers la présidentielle à un tour ? Autrement dit, plus il y aura des candidats de l’Opposition, plus Shadary maximisera ses chances de réussite. De là, s’il gagne, le jour-j, pourquoi le récusera-t-on alors qu’en y allant en ordre dispersé, l’Opposition, elle-même, lui aura fiévreusement prêté les béquilles dont il a, certainement, besoin pour sa montée en puissance au Palais de la Nation, le 12 janvier 2019 ?

Château de sable ?

Donc, l’Accord conclu à Genève n’aura été, vraisemblablement, qu’un château de sable incapable de résister contre l’ouragan et à la tempête de l’histoire. Moins de 24 heures seulement après sa signature, le dimanche 11 novembre, les choses ont vite fait de tourner au vinaigre.

A l’Udps, les combattants qui, naturellement, n’entendent point troquer l’essentiel des acquis de plus de 36 ans de lutte contre des arrangements et autres conciliabules de salon molletonné, sont passés aux actes.

Effigies de Félix Tshisekedi déchirées à Limete. Menaces physiques envers les cadres influents du parti. Coup de colère spontané. Promesses ouvertes d’en découdre autrement pour discipliner quiconque, fut-il un Tshisekedi fils, marcherait sur la mémoire d’Etienne Tshisekedi, son père, alors que son corps n’a même pas encore été rapatrié à Kinshasa, ni inhumé à N’sele, tel que convenu, le 21 avril 2018.

Transhumance ou errance ?

A l’UNC, un scénario similaire a failli écrouler le bâtiment du siège à Kasa-Vubu. Ce qui, soudain, a placé Kamerhe, un animal politique au caractère vital, dans l’obligation de reconsidérer sa signature et de se conformer au refus de son parti de soutenir la candidature de Fayulu. Ainsi, deux leaders : Félix Tshisekedi et Kamerhe sont-ils attendus dans les prochaines heures à Kinshasa. D’ailleurs, ils devront s’expliquer sur ce qui s’est passé à Genève devant leurs bases respectives. Entretemps, la date du début de la campagne n’a ni bougé, ni connu d’ombre de variation. Jeudi 22 novembre, la CENI avec Nangaa, Norbert Basengezi, Onésime Kukatula Falash et Jean-Pierre Kalamba N’galula, donneront, comme ils n’ont cessé de le promettre, le go. Au meilleur du reste des 21 candidats à la Présidentielle, de les remporter, haut la main, après le sprint final du 23 décembre 2018. Dans tous les cas, très généralement, la transhumance et l’errance politique ne paient pas.

LPM

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