Déclaré élu, au premier degré, par la Ceni au mois de janvier, invalidé ensuite, par la Cour constitutionnelle, au mois de juin, pour finalement être réhabilité par la même juridiction, à travers sa Chambre spéciale, le 3 juillet dernier ; il était donc heureux et soulagé au point de ne pas s’empêcher de livrer quelques pas de danses et de lancer quelques cris de joie.

Le député Daniel Safu a, devant la presse, le jeudi 4 juillet, salué le peuple congolais, principalement tous les militants de Lamuka qui se sont montrés très motivés et déterminés dans des sit-in et manifestations des rues, pour exiger la réhabilitation d’une vingtaine d’élus nationaux de Lamuka qui ont été invalidés par la Cour constitutionnelle, en faveur des députés et sénateurs du FCC, pour la plupart.

L’élu de la circonscription de Mont-Amba dans la ville de Kinshasa a, d’entrée de jeu, fait une précision de taille. Cela, en indiquant, in stricto sensu, que sa revalidation ne fait aucunement suite à une quelconque implication du Chef de l’Etat Félix Tshisekedi, même si celui-ci a eu à s’entretenir, dans son bureau de la Cité de l’Union Africaine, avec Benoît Lwamba, président de la Haute Cour. A l’en croire, il ne s’agit de rien d’autre que de l’influence de la population congolaise qui s’est battue, à cor et à cri, notamment à travers des marches. « Cette réhabilitation n’est pas consécutive aux entretiens du Chef de l’Etat avec le Président de la Cour constitutionnelle, mais elle est liée au gardien de la Constitution, qui est le peuple. C’est le peuple qui change le cours d’événements historiques [...] Je salue tous les lamukistes, le souverain primaire ainsi que tous ceux qui ont soif du changement. Le combat continue jusqu’à ce que nous allons trouver le changement », a-t-il déclaré. Se félicitant, par ricochet, de ce ‘’rétropédalage’’ de la Cour, Daniel Safu a convié la population congolaise de tout bord, de toujours compter sur l’Opposition qui, aujourd’hui, est incarnée par Lamuka.

D’après ses dires, l’on n’aurait plus parlé de l’Opposition en RD. Congo si cette coalition n’avait pas réagi, à la suite de ces invalidations que cet avocat du peuple n’a cessé de qualifier d’iniques, irrégulières et même illégales. « Si Lamuka avait croisé les bras, après ces invalidations, il y aurait encore eu opposition dans ce pays ? Donc, Lamuka aujourd’hui, au-delà des clivages, c’est une machine de guerre. Daniel Safu, c’est la symbolique du combat et d’une opposition rationnelle, réelle et existentielle », s’est-il exprimé. En même temps, il a appelé tous les élus de Lamuka non-réhabilités à savoir qu’ils ne sont aucunement abandonnés. Et, les a-t-il convié à lutter tous pour une bonne justice au pays. « Je pense qu’il y a encore moyen de réparer la justice. Il y a aussi moyen que le régime de Tshisekedi Tshilombo puisse s’en saisir, au sens de l’intérêt commun. Nous ne sommes plus au stade de réhabilitation ou de vérité des urnes mais nous sommes au stade de la justice réelle. Le combat de nous tous aujourd’hui, c’est la justice », a conclu Daniel Safu.

Corneille Lubaki

 

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