A l’heure actuelle, Bart Ouvry, le Chef de mission de l’Union Européenne en République Démocratique du Congo, doit être en train de faire ses valises pour Bruxelles.

Tel un couperet, la nouvelle l’enjoignant de quitter le sol congolais est tombée en sa présence, ce jeudi 27 décembre 2018, lors d’une communication diplomatique faite par le Vice-premier Ministre, Ministre des Affaires Etrangères, Léonard She Okitundu, à la Gombe. Concrètement, ‘’le Gouvernement de la République Démocratique du Congo invite instamment le Conseil Européen à procéder impérativement, dans les 48 heures, au rappel de son Chef de mission en RDC‘’. Par la même occasion, rappelle au Corps diplomatique à l’observance scrupuleuse des prescrits pertinents de la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques.
C’est une situation qui se transforme peu à peu en un bras de fer ahurissant entre un Etat qui est au cœur d’une période cruciale de son revirement historique, et plusieurs puissances se voulant ambassadeurs de la paix mais à qui est refusée l’ingérence sous toutes les formes. A en croire le Ministre des Affaires Etrangères, ceci n’est que la première mesure sur plusieurs autres annoncées par le Ministre de tutelle qui interviendront ainsi progressivement. ‘’D’ores et déjà, la première mesure touche le Chef de mission de l’UE en République Démocratique du Congo conformément à l’article 9 point 1 de la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques‘’.
Cela est dû à l’indifférence du Conseil Européen qui n’a avancé aucune réponse face à la demande de la RD. Congo de lever les sanctions infligées aux autorités congolaises notamment, le candidat Président de la République pour le compte du Front Commun pour le Congo, Emmanuel Ramazani Shadary. Pour She Okitundu, c’est un contentieux qui perturbe les relations entre l’Union Européenne et la République Démocratique du Congo. Pour cette dernière, ces sanctions violent le Droit international, portent atteinte aux droits fondamentaux des personnalités concernées au point qu’elles ont été condamnées par les instances régionales et sous-régionales du Continent Africain.
‘’Afin de préserver le partenariat historique qui existe entre nos deux entités, j’ai plaidé à maintes reprises, au nom du Chef de l’Etat et du Gouvernement de la République auprès des personnalités attitrées de l’Union Européenne sinon pour la levée pure et simple des mesures querellées, à tout le moins pour leur suspension jusqu’à la tenue des élections générales en RDC‘’, a laissé entendre She Okitundu. Ces plaidoyers demeurant sans échos, surtout après le renouvèlement desdites mesures par le Conseil Européen de ce mois de décembre 2018, le Gouvernement de la République, comme prévu, a usé du principe de réciprocité régissant les relations internationales pour recourir à des mesures de rétorsion. Et ‘’cette mesure, d’une part, sanctionne le comportement répréhensible de l’intéressé et, d’autre part, s’inscrit dans le cadre de la réciprocité prémentionnée‘’.
Il sied de rappeler que les observateurs de l’Union Européenne ne seront pas de la partie pour les prochaines joutes électorales dans ce même cadre de réciprocité. C’est donc parti pour une nouvelle phase de fronde qui entache les relations diplomatiques déjà assez mal en point. Si les élections se tiennent ce dimanche 30 décembre comme l’ont confirmé le Président de la Centrale électorale et le Premier Ministre hier, Bart Ouvry aura certainement déjà quitté Kinshasa.

La Pros.

COMMUNICATION DIPLOMATIQUE
27 DECEMBRE 2018
KINSHASA
Monsieur le doyen du corps diplomatique,
Mes Dames et messieurs les Ambassadeurs, Mesdames, Messieurs les Représentants des Organisations Internationales et Chefs DE Missions Diplomatiques,
Lors de notre dernière rencontre, je vous ai entretenus sur un contentieux qui perturbe les relations entre l’Union Européenne et la République Démocratique du Congo. Il s’agit des sanctions infligées unilatéralement par le Conseil Européen notamment à d’éminentes personnalités de la République.
En effet, ainsi que j’ai eu à le rappeler, ces sanctions, n’en déplaise au Conseil Européen, violent le droit international, portent atteinte aux droits fondamentaux des personnalités concernées au point qu’elles ont été condamnées par les instances régionales et sous régionales du continent Africain.
Afin de préserver le partenariat historique qui existe entre nos deux entités, j’ai plaidé à maintes reprises, au nom du Chef de l’Etat et du gouvernement de la République, auprès des personnalités attirées de l’Union Européenne sinon pour la levée pure et simple des mesures querellées, à tout le moins pour leur suspension jusqu’à la tenue des élections générales en RDC.
Le moins que l’on puisse en dire c’est que ce plaidoyer patiemment engagé demeure à ce jour sans échos surtout après le renouvèlement desdites mesures par le Conseil Européen de ce mois de décembre 2018.
Dans ma dernière communication au corps diplomatique, j’ai adressé un ultime rappel au Conseil Européen, au nom du gouvernement de la République, pour la reconsidération de ses sanctions, de préférence antérieurement au déroulement des élections.
Cette démarche de dernière chance s’est en définitive avérée vaine.
A cette occasion, j’ai prévenu le Conseil Européen qu’au cas où il ne faisait pas droit à la réclamation du gouvernement de la République, celui-ci se réserverait son droit souverain d’user du principe de réciprocité régissant les relations internationales pour, en désespoir de cause, recourir à des mesures de rétorsions.
En conséquence, ne pouvant plus demeurer inerte, le gouvernement a arrêté une série de mesures qui seront annoncées au fur et à mesure.
D’ores et déjà, la première mesure touche le Chef de mission de l’UE en République Démocratique du Congo conformément à l’article 9 point 1 de la convention de Vienne sur les relations diplomatiques.
Concrètement, le Gouvernement de la République Démocratique du Congo invite instamment le Conseil Européen à procéder impérativement, dans les 48 heures, au rappel de son Chef de mission en RDC.
Cette mesure, d’une part, sanctionne le comportement répréhensible de l’intéressé et d’autre part, s’inscrit dans le cadre de la réciprocité pré mentionnée.
En conclusion, je saisis cette opportunité pour rappeler le Corps diplomatique à l’observance scrupuleuse des prescrits pertinents de la convention de Vienne sur les relations diplomatiques.
Je vous remercie de votre aimable attention.

 

 

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