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*Le Ministre des Finances Jose Sele a publié une projection de la trésorerie nationale, en fonction des variables macroéconomiques, situant la mobilisation des recettes à 5 milliards USD. Comme il l’a précisé avec sa sagacité glaciale, il s’agit de données du management financier réel d’Etat.

La vérité des chiffres – pour reprendre l’expression du « journaliste-penseur » José Nawej de «Le Forum des As », dans son éditorial de ce mercredi 19 février 2020. Le plan de trésorerie est outil technique de gestion et n’est pas le budget qui, lui, est un document référentiel légal. Un décryptage transcendantal et systémique (politologique) s’impose, au-delà du captage événementialiste de la controverse aux étincelles politiques découlant du document du Ministre Sele.
C’est dans cette optique que cette réflexion soutient que cette controverse révèle une contradiction fondamentale sur le plan du paradigme de développemental de la RDC. Il s’agit d’une relation antithétique entre l’idéologie des finances publiques du FMI et l’impératif du développement par déploiement de l’intelligence endogène. Celle-ci est portée par la souveraineté nationale pour le bonheur ultime du peuple Congolais.
Cette réflexion se focalise sur la déficience inhibitrice du développementale inhérente à l’idéologie antisociale du FMI particulièrement en RDC. Il y est soutenu que le Président Tshisekedi doit faire preuve de bravoure nationaliste pour obtenir au moins $10 milliards des Chinois – ou de toute autre source aux conditions raisonnables. Ces fonds devront être affectés à un plan spécial de reconstruction urgente, avec une gestion cartésienne du gouvernement, par une cellule de « Deliverology » (suivi évaluatif des projets stratégiques) en triangulation avec deux firmes internationales des stratégistes. Ce démarche visera un package ayant une proportion sans charge financières et une portion avec modestes intérêts. La rationalité développementale de cette proposition est que dans le contexte actuel, au regard de l’immensité des défis de la reconstruction, et surtout eu égard à l’obligation de tirer rapidement les populations dans les coins les plus reculés de la misère dégradante, il est politiquement et humainement aberrant de compter sur le FMI. Ses fonds de moins de 500 millions USD prévus cette année, avec des conditionnalités presque capricieuses, sont d’une insuffisance abyssale. Il en est de même de sa promesse d’environ 1,4 milliard USD pour le quinquennat. Avec une telle politique du FMI, assortie de mépris pour l’avenir de tout un peuple et ignorant ses aspirations à la prospérité, le Président F. Tshisekedi risque de rater son mandat. Il doit faire preuve de nationalisme développemental.
1. LE FMI ET LA PROBLEMATIQUE DU DEVELOPPEMENT ACCELERE ET EXPANSIF DE LA RDC
L’impulsion développementaliste est une dynamique est essentiellement nationaliste. Beaucoup de pays qui ont réussi une transformation brillante (Chine, Corée du Sud, Indonésie, Malaisie, Rwanda, etc.) ont dû rejeter l’immixtion excessive des institutions de Bretton Woods dans leurs choix en politiques publiques, en projets propulseurs, et sources de mobilisation des ressources financières. Leurs élites ont fait triompher l’intelligence synergétique endogène, portée par la souveraineté, dans l’opérationnalisation de leurs schémas de développement. Ceci est d’autant plus vrai que depuis les années 1960-1970, les institutions de Bretton Woods ont imposé d’innombrables reformes infécondes. Celles-ci ont causé des tragédies sociales en Afrique. On se souvient de la catastrophe sociale découlant de la rigueur dictatoriale Kengiste au Zaïre dans les années 1980, prescrite par le FMI en tandem avec la Banque Mondiale. Des prescriptions du Washington Consensus (mué en «Post-Washington Consensus»), en Afrique en particulier, on n’a pas observé l’émergence remarquable et rayonnant d’un seul pays pilote ou model de la réussite des formules que ces institutions dictent. Mais, elles continuent à s’imposer comme «maitresses» du développement en Afrique !
Aujourd’hui, comme sous le Marechal Mobutu et sous le Rais J. Kabila, le retour de FMI en RDC a été salué comme une prouesse politique salvatrice. Mais le retour du FMI semble être porteur d’une malheureuse coïncidence : subitement on parle inflation, taux de change grimpant, flambée des prix, rétrécissement de la trésorerie, grogne sociale. Cette institution impose une gamme de restrictions et des conditionnalités rendant quasiment impossible la réponse expansive aux besoins des populations. Coïncidence assez troublante, en effet, car de manière générale le cadre restrictif ou réformatif des institutions de Bretton Woods, s’avère paradoxalement infécond. Sur cette toile on peut relever que les reformes relatives à la transformation des entreprises publiques en entités commerciales n’ont pas produit les résultats remarquables (voire la pertinente étude du Professeur Godé Mpoy Kadima intitulée : Les Entreprises Publiques en RD Congo : Les Enjeux de la Reforme », L’Harmattan, Paris, 2019).
Pourtant, cette réforme massive a englouti plusieurs millions de dollars américains. Ceux-ci auraient pu être utilisés comme capitaux pour la relance desdites entreprises, voire la densification de l’économie. Par ailleurs, aujourd’hui, on ne le dit pas assez, mais en réalité c’est le FMI et la Banque Mondiale qui nous ont imposé le désengagement de l’Etat dans le secteur minier. C’est à cause de cette politique que la GECAMINES et KILOMOTO, par exemple, ont été forcées de céder leurs riches concessions en faveur des multinationales. Cela a privé les Congolais d’immenses profits inhérents à la détention totale des capitaux sur ces gisements. C’est cela qui explique en majeur partie la chute des revenus de cuivre de plus de $800 millions pour une production de 475.000 tonnes dans les années 1980 (quand toutes les mines appartenaient à la GECAMINES), à moins de 350 millions USD sur plus d’un million de tonnes dans les années 2015-2017 (lorsque les concessions ont été cédées aux multinationales).
Et le FMI en particulier, a dénoncé à cor et à cris l’opacité (indéniable) de la gouvernance du secteur minier, en se retirant de la RDC en 2012. Mais, le même FMI et la Banque Mondiale n’ont jamais reconnu leur part de responsabilité dans l’effet de la réduction des revenus miniers causé par la rétraction de l’actionnariat public qu’ils nous avaient imposée. Le Code Minier de 2002 (dicté dans un contexte de fragilité nationale) portait la même logique sous-jacente de la dépossession avec une part d’effet de réduction des revenus miniers.
En 2004, une entreprise d’audit minier (consultée par la Banque Mondiale elle-même) a démontré que la cession des gisements miniers aux multinationales était défavorable à la RDC et qu’avec 150 millions USD, la GECAMINES pouvait être relancée. Mais, la pression fut maintenue en faveur de la cession des gisements au bénéfice des entreprises minières internationales. Le Président Honoraire J. Kabila a brillamment fait preuve de vaillance nationaliste économique (digne de Lumumba) en impulsant la révision de certains contrats miniers, et ensuite en activant la révision du Code Minier et la relance de la GECAMINES dans la production, pour maximiser les revenus au profit du trésor public. Force est de relever, par ailleurs, que sans le FMI, sous le leadership implacable du Premier Ministre Matata Ponyo entre 2012 et 2014, le gouvernement Congolais a réalisé les meilleures performances économiques - mieux que beaucoup de pays Africains.
2. UNE ALIENATION EPISTEMICO-ECONOMIQUE A REPENSER APRES 60 ANS D’INDEPENDANCE
Aujourd’hui encore, le FMI revient avec ses «repères structurels» qui sont en réalité des mesures mécanistes d’encadrement de la gouvernance budgétaire et fiscale – que le Gouvernement peut réaliser avec un minimum de bon sens. Il n’y a rien de fondamentalement innovant ou de «catapulteur » de développement dans ces mesures (paiement d’impôt sur les revenus dans les institutions, maximisation de la collecte fiscale, publication des Etats financiers de la BCC, etc.). Ce qui est inquiétant c’est cette sorte de dictat insidieux du FMI. En contrepartie de ses apports budgétaires largement insuffisants par rapport à notre ambition de grandeur, il imposer des restrictions sur pratiquement toutes les modalités de mobilisation des ressources financières et les dépenses de la RDC. Mêmes certains montages financiers (transparents) avec des partenaires publics voire des financiers privés, vont être surveillés, scrutés, et éventuellement remis en question.
La RDC va être inéluctablement contrainte de demeurer dans les périmètres de financement national définis par le FMI. Ainsi donc, notre volonté développementale s’y trouvera confinée, sinon étiolée. En réalité, cette institution nous impose son propre arsenal épistémique de nos dynamiques économiques, fondé sur une «thèse sous-jacente» de l’incapacité des Congolais de concevoir et de réaliser l’atteinte des hauteurs de mobilisation des recettes et des dépenses modelées, en dehors de voies que les détenteurs exclusifs du savoir économique dictent – comme policiers du système monétaire international. Cette influence a été observée dans les interactions fréquentes des institutions de Bretton Woods sur le Parlement congolais dans les sessions budgétaires. Sous la Primature de Muzito cette pratique était régulière. Le FMI dictait pratiquement la structure et la hauteur du budget. On a même entendu certains parlementaires affirmer qu’il faut respecter la volonté du FMI. Maintenant, sous le Président F. Tshisekedi, le FMI s’est encore ouvertement mêlé à notre processus de production budgétaire (outil de souveraineté) en brandissant le spectre de l’incapacité de réaliser un budget de $10 milliards dans l’exercice 2020. Sa prophétie (ou sa volonté) est peut-être en train de se réaliser.
CONCLUSION
L’URGENCE DE LA RECHERCHE DES FONDS AU PLAN INTERNATIONAL POUR UN PLAN SEPECIAL DE LA RECONSTRUCTION
Tout en reconnaissant l’importance du FMI et de la Banque Mondiale, et autres institutions financières internationales associées (PNUD, BAD), surtout en matière de bonne gouvernance et de financement de certains projets infrastructurels et sociaux, ces institutions ne sont pas en mesure d’impulser la vélocité développementale de la RDC imposée par son destin de grandeur continentale. Vérité granitique. Si nous nous plions à leurs paradigmes et contraintes ayant historiquement démontré leur agénésie développementale, nous allons appliquer des reformes mécaniques et rester sous-développés pendant un autre siècle. Pourtant, le régime de J.Kabila a construit les fondamentaux systémiques propices à une impulsion de développement accéléré dans cette dispensation, en vue d’atteindre l’objectif du Congo Emergent en 2030. Aujourd’hui on observe une adhésion presque naïve aux reformes et contraintes des institutions, dans une néocolonisation monétaro-financière, en se contentant des appuis budgétaires lilliputiens par rapport aux gigantesques impératifs financiers de la mise en valeur de tout un sous-continent. Au sommet de l’Etat, Il n’y a pas une profonde réflexion stratégique assortie d’actions substantielles démontrant le début de la réalisation de nos ambitions nationalistes de développement au regard des enjeux géopolitiques mondiaux. Et nous venons de perdre 12 mois sans démarrer un seul projet restructurant et propulseur (même le projet du nouvel aéroport de N’djili, pourtant une initiative modernisatrice phare, semble être dans les oubliettes).
Le ministre Sele a donné le signal pour inciter l’Etat à remuer les méninges pour concevoir d’autres modalités de maximisation des revenus. Il faut sortir des sentiers battus. Dans le contexte actuel, Il faut au Président F. Tshisekedi de la sagacité stratégique, de la témérité développementale et de la détermination politique (la volonté de puissance Nietzschéenne) pour aller humblement chez les Chinois solliciter 10 milliards USD en assistance d’urgence. Le niveau de notre dette publique étant très faible a moins de 20, 2 % du PIB en 2018 (African Economic Outlook, 2020, BAD), la RDC peut emprunter 5 milliards USD et obtenir 5 milliards USD en dotation sans intérêts. Cela peut amener sa dette à 40% du PIB, de loin moins que plus de 100 % dans les pays comme l’Angola et le Congo Brazzaville. Ces fonds serviront à financer des projets rentables pour le remboursement. Ils possèdent la triple rationalité économique productrice-accélératrice-diversificatrice de la croissance et mélioratifs des conditions sociales des populations. Il s’agit notamment de l’alimentation, l’agriculture et l’agro-industrie, les infrastructures (axes routiers stratégiques, eau et électricité), modernisation de nos villes, transport (bateaux, locomotives), et surtout la création des entreprises minières et industrielles d’Etat (capitalisme d’Etat). Ce modèle est différent du troc. Il promeut l’appropriation nationale de toute la chaine de valeur de l’exploitation à la transformation et à la commercialisation tant de nos produits agricoles d’exportation (café, cacao, the) que des produits miniers stratégiques et matières précieuses. Un tel plan spécial accélérateur de la reconstruction répond aux besoins immédiats et à court-moyen terme pour le Congo Emergent, tout en jetant les jalons pour le long terme à l’échéance du développement en 2050.
Cette année 2020 est une phase charnière. Si comme avec les ratées du programme de 100 jours, des projets ambitieux-propulseurs d’une reconstruction développementale, avec impact tangible au bénéfice du peuple, ne sont pas réalisés ou démarrés en 2020, ce mandat se réduira aux reformes marginales. Il y aura quelques «projets épiphénoménaux» de visibilité politique (sauts-de-mouton, quelques routes rafistolés, écoles et plantations) sans aucune impulsion transformationnelle éclatante digne de la vision du Grand Congo et de l’histoire de 38 ans d’opposition de l’UDPS. En ce début d’année 2020, la coalition FCC-CACH doit s’exorciser de la politicallerie (aussi inféconde que nauséabonde) faire absorber à toutes les élites politiques et étatiques une idéologie développementale pour mettre enfin d’impulser la navigation vers l’atteinte de l’horizon de l’émergence en 2030. A l’instar du Président Honoraire J. Kabila qui demeurera dans les annales de l’histoire comme l’architecte de la reconstruction systémique de la RDC, le Président F. Tshisekedi peut être sculpté dans la conscience collective de la postérité comme le propulseur de l’émergence de la RDC.
Kabasu Babu H. K
Libre-penseur, écrivain, chercheur en Gouvernologie

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