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Promouvoir un monde où chaque fille et femme peut décider librement pour son corps, sa vie et son avenir. C’est la raison du lancement par AfriYan, de la campagne ‘’She decides’’

(elle décide, en Anglais), le vendredi 30 novembre 2018, dans la salle de conférence de l’Institut national pilote d’enseignement des sciences de santé (INPESS, ex-IEMK), situé dans la commune de Kasa-Vubu. La Ministre provinciale en charge de Genre, Thérèse Olenga et les différents représentants des ONG internationales (Ipas, ABEF, ONUFEMME, DKT et UNFPA) ont encouragé les jeunes filles et femmes à décider sur leur santé sexuelle et reproductive ainsi que sur le développement durable de la RDC. Très satisfaite, Lorence Kabasele, du réseau Afriyan-RDC, point focal du mouvement She decides en RDC a souligné que ‘‘c’est avec honneur que nous lançons ce mouvement mondial soutenu par les parlementaires, les jeunes, les ministres, les célébrités et les leaders de monde entier’’.

‘’Avec She decides, nous pouvons atteindre les dividendes démographiques et les objectifs de développement durable. Chaque seconde compte pour les femmes», a-t-elle déclaré.
Ainsi, les femmes et les jeunes ont décidé, à travers cette campagne She decides, de se lever pour une participation active dans les prises des décisions. En effet, l’importance de cette campagne est de veiller à ce que les adolescentes et les jeunes femmes aient accès à des services de santé sexuelle et reproductive afin de leur doter de services gratuits de planification familiale et de santé sexuelle et reproductive dans l’esprit du protocole de Maputo. C’est dire que les jeunes filles et les adolescentes doivent décider avec qui se marier, quand est ce qu’il faut mettre au monde et combien d’enfants.
Echanges

Thérèse Olenga a été la cible de toutes les questions des jeunes. Notamment, sur l’implication du Gouvernement Provincial dans le phénomène UJANA qui ternit l’image de la jeune fille dans la Ville de Kinshasa. Sur ce, la Ministre du Genre a souligné que les dispositions nécessaires ont été prises, pour éradiquer ce phénomène. C’est la raison pour laquelle certains bars et terrasses ont été fermés ou sanctionnés après des investigations sur l’incitation des jeunes filles à la prostitution. Toutefois, les causes de ce phénomène ont été recensées, à savoir : la pauvreté, l’influences des médias…. D’où, la question de l’autonomisation et participation politique des femmes est et reste le cheval de bataille de l’ONUFEMME.
Abordant l’aspect de l’avortement légal, sûr et accessible, un domaine que IPAS s’approprie avec toute énergie, le Docteur Jean-Claude Mulumba, chargé de projet IPAS, a laissé entendre qu’il n’y a pas des tabou à ce sujet. D’autant plus que le protocole de Maputo, dans son article 14 alinéa 2 point C autorise l’avortement en cas d'agression sexuelle, de viol, d'inceste et lorsque la grossesse met en danger la santé mentale et physique de la mère ou la vie de la mère et du fœtus. Et, le Gouvernement congolais s’est engagé à vulgariser ce protocole pour qu’aucune femme ne meure suite à un avortement à risque.
A cet effet, IPAS s’engage, manifestement, à accompagner la campagne ‘’She decides’’ car, les jeunes filles et les adolescentes sont plus concernées à la question de santé sexuelle et reproductive.

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Il sied de souligner que cette campagne tombe à point nommé du fait qu’en RDC, 65% des filles ont leur premier rapport sexuel avant l'âge de 18 ans. Et, les grossesses non désirées sont plus fréquentes chez les adolescentes des populations pauvres, peu instruites ou rurales. Et, 27% de toutes les grossesses proviennent d'adolescentes âgées de 15 à 19 ans qui ont déjà eu une naissance vivante (EDS-RDC-2013). Ces grossesses surviennent parce que les adolescentes ne savent pas comment les éviter. Très souvent, ces grossesses entraînent des avortements clandestins dans des conditions à haut risque et par des personnes non qualifiées.
Témoignages

Les jeunes de l’Ong ‘’Si Jeunesse Savait ‘’ ont exposé, en ce qui les concerne, les résultats de leurs recherches sur le comportement des jeunes filles quant à l’avortement médicamenteux ou clandestin. Après leurs descentes sur terrain, ces jeunes filles ont révélé qu’il se passe certaines pratiques néfastes dans les centres de santé où il y a des médecins qui ne reçoivent pas favorablement les femmes qui décident de mettre un terme à leur grossesse. D’autres, par contre, exigent de coucher avec les patientes. Bref, les chercheuses de ‘’Si jeunesse savait’’ sollicitent du gouvernement de construire un centre de santé où les femmes qui désirent mettre un terme à leurs grossesses dans l’esprit du protocole de Maputo aient accès aux médecins qualifiés et aux soins adéquats.
Zoom sur She decides

Lancé en 2017 par Lilianne Ploumen, ministre du Commerce extérieur et de la Coopération au développement des Pays-Bas, She decides est un mouvement politique mondial mis en place pour accroître le soutien financier et politique en faveur de la santé sexuelle et reproductive des filles et femmes. Son leitmotiv est de créer un «monde où chaque fille comme chaque femme peut décider de ce qu'il advient de son corps, de sa vie, de son avenir. Sans en répondre».
She Decides et le mouvement AFRIYAN partagent les mêmes objectifs, à savoir : promouvoir les droits des femmes et leur accès à la sante.
Jules Ntambwe

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