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4 janvier 1959 - 4 janvier 2020. Cela fait 61 ans, jour pour jour, depuis que s’est déroulée la terrible scène des émeutes. Mais à travers la ville, bien que la journée soit chômée et payée, aucune cérémonie officielle n’a été organisée en ce jour qui, selon plusieurs, a déclenché une accélération inattendue de la marche vers l’indépendance du Congo.

Est-elle négligée ? Le journal La Prospérité a rencontré, le jour de cette commémoration, un témoin oculaire de cet événement, qui a émis un point de vue, concernant la non-organisation, depuis des années d’ailleurs, des cérémonies solennelles lors de cette journée.

Monsieur Honoré Bilengo, témoin vivant de cette scène, a fait savoir que l’implication majeure de cette émeute a directement conduit à l’obtention de l’indépendance le 30 juin 1960. Car, selon lui, « Le peuple congolais s’est senti capable de s’assumer. Avec une capacité de se sacrifier, si possible, pour le progrès commun». Il a déploré le fait que le Gouvernement ne prête pas attention à cette date historique, alors que c’est un jour qui marque une étape décisive dans la conquête de l’indépendance. Ce, étant donné que le pouvoir colonial a pris conscience que l’indépendance était une aspiration profonde, à travers les manifestations dudit jour. « A partir de ce jour, les Congolais ont commencé à préparer les institutions devant être mises en place à l’indépendance, même si la date n’était pas encore précisée. Il y avait un espoir d’obtenir cette indépendance parce que le 13 janvier 1959, le roi des belges avait déjà exprimé la volonté de la Belgique d’accompagner la RDC à cette souveraineté. Et, c’est finalement le 30 juin 1960 que le Congo accède à son indépendance», a-t-il noté.

Focus
Le 4 janvier 1959, des émeutes se sont éclatées après que les autorités coloniales aient interdit aux membres du parti politique ABAKO (Alliance des Bakongo), parti cher au Feu Joseph Kasa-Vubu, Premier Président de la République démocratique du Congo, de tenir un meeting de restitution des travaux du congrès d’Accra, au Ghana, auquel des leaders Africains ont pris part, autour des thèmes d’indépendance et d’unité de l’Afrique. Les participants revendiquaient le leadership Panafricain. Quant à eux, l’Abako était représenté par Gaston Diomi, étant donné que Joseph Kasa-Vubu n’était pas autorisé à partir.

Ce rassemblement était convoqué à la Place Ymca, dans l’actuelle commune de Kalamu, après avoir informé le Gouverneur de la ville, le 30 décembre 1958, sur la tenue de son meeting, quelques jours après celui de l’ANC, de Patrice Emery Lumumba.
La tension s’était accrue, par ailleurs, après la défaite de l’AS Vita-Club contre Mikado (équipe appartenant à la compagnie belge Sabena), au Stade Père Raphaël de la Kethule. Partant, les militants de l’ABAKO s’associant avec les déçus de l’A.S V.Club, ont causé une répression brutale.
Cette révolte populaire va durer trois jours. Et, le bilan officiel est de quarante-neuf morts. Mais, d'autres sources notamment, celles de l'Abako parlent d’une centaine de morts.

Joséphine Mawete

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