Tout est maintenant clair. Ensemble pour le Changement a indiqué le mardi dernier, la nécessité pour les leaders de Lamuka de se réunir, d’évaluer l’évolution de la plateforme et au besoin, décider de sa nouvelle orientation pour le bien de tous.

Certes, d’aucuns pensent qu’en politique, il n’existe pas de loyauté mais pourrait-on présager la concrétisation de la dislocation de l’union des poids lourds de l’opposition ? Sans passer par le dos de la cuillère, Pierre Lumbi a lancé la sonnette d’alarme, exhortant et conviant tous les Sociétaires de Lamuka à s’asseoir autour d’une table en vue de redéfinir l’idéologie de leur lutte et s’auto évaluer. Car, avait-il évoqué, le combat de la vérité des urnes doit être supplanté par celui de ‘’la restauration de l’Etat de droit et de la démocratie en RDC‘’.

A cela s’ajoute le fait qu’Ensemble pour le changement se dit prêt à emboîter le pas dans toute initiative, quel qu’elle soit, allant dans le sens de l’instauration de la sécurisation du pays, la réhabilitation des Institutions légales, l’intérêt du peuple Congolais…
Visiblement, cette communication embarrasse et inquiète plus d’un. On dirait que les prédictions de certaines voix libres de la République sur l’émiettement de l’opposition se concrétisent. Ceci paraît tellement proche qu’on ne tardera pas à le constater.
A en croire certains observateurs, il n’existe pas de hasard, ni d’erreur dans les propos des dignitaires politiques. Tout a une portée stratégique pour le présent, le futur proche ou lointain.

Le mal n’est pas loin…
Apparemment, estime un analyste, ceux qui soutiennent cette théorie n’auraient pas totalement tort. Actuellement, il se dessine un paysage tout à fait autre et inattendu dans le microcosme politique. Quand les alliés se dissipent dans leur langage, renchérit-il, il y a certainement anguille sous roche.
Désaccord total, alors qu’on se présente comme des paires. Les uns vocifèrent sur la vérité des urnes, les autres s’attèlent sur les règles d’une collaboration prédéfinie entre l’opposition et le pouvoir en place. Idéologiquement déjà, certains leaders, ayant constitué le bloc solide de Genève, ne sont plus en harmonie.

Dans les prochains jours, avance cet analyste, Lamuka s’endormira pour ne plus se réveiller. Peu à peu, son identité se mutile et sa force s’affaiblit. Si le départ de Félix Tshisekedi et Vital Kamerhe n’a pas ébranlé cette frange, à coup sûr les nouvelles prises de position et déclarations la déstabiliseront. Maintenant que le Président se retrouve face à l’impératif de régler la situation des exilés forcés, nombreux sont ceux qui se demandent si le bâton de commandement ne sera pas ravi à Fayulu pour rétablir Katumbi, le Président qui aura bénéficié du retour dans son pays- ou encore à Jean-Pierre Bemba qui est longuement resté hors des affaires des années durant. Si tel est le cas, qu’adviendra-t-il du patron de l’Ecidé ? Lui qui s’est habitué à mobiliser les foules et se faire entendre. Acceptera-t-il de devenir l’ombre des autres ?
D’aucuns imaginent Fayulu se détacher de ses colistiers actuels pour regrouper à sa suite un nombre des personnes avec qui il constituera une opposition radicale. Quelle chance donner à cette probable opposition, si d’avance elle dispose d’un nombre minime des Députés au niveau national et provincial.
Nous faisons la loi
Pierre Lumbi a clairement placé en avant plan ce que représente leur plateforme dans l’hémicycle du Parlement congolais. Ensemble est donc une force majeure au sein de l’Opposition.
Tout compte fait, au sujet du lendemain de Lamuka, les avis sont contradictoires. Beaucoup estiment que l’opposition siffle ses dernières bougies d’union, elle est déjà fragilisée et d’un moment à l’autre elle va céder. D’autres, par contre, continuent à croire en cette famille politique forte qui surmontera encore cette épreuve. Le temps définira tout…

Gracia Kindji

Les plus lus