Il appert que les 100 premiers jours de Félix Tshisekedi, au summum de la République, vont être assurément très déterminants pour le futur même de la nation congolaise. Investi Président de la République Démocratique du Congo, lors d’une cérémonie solennelle organisée jeudi 24 janvier 2019, au Palais de la nation,

en présence de plusieurs invités venus des quatre coins de l’Afrique, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo a finalement récupéré l’impérium du pouvoir, le bureau ainsi que le fauteuil présidentiel où siégeait son prédécesseur, Joseph Kabila Kabange, durant son règne de 18 années. Désormais, le fils d’Etienne Tshisekedi, comme son défunt père l’aurait voulu, a été porté au plus haut sommet de l’Etat, cela, après une lutte de près de 4 décennies. Voté par des millions des congolais, le nouveau Chef de l’Etat a un nom à défendre, un défi à relever et un programme de société à mettre immédiatement en œuvre. Ce qui, d’ailleurs, pourrait être un signe avant coureur de sa réussite ou pas, de son premier mandat à la tête du pays.

Au lendemain de cette passation civilisée du pouvoir, entre le Président sortant et l’entrant, survenue sans une effusion du sang, les congolais lambda ne cessent de s’interroger sur la nature même du pouvoir qu’a pu récupérer Tshisekedi. Lui, considérant son prédécesseur comme un partenaire d’alternance, va-t-il appliquer ses anciennes méthodes ? Pourtant, décriées par la majorité de la population. Va-t-il s’inscrire dans la voie de la continuité, ou celle de la rupture ? Et, sera-t-il en mesure de rencontrer, comme il se doit, les préoccupations des 80 millions des congolais ? Que des questions qui attendent des réponses. Comme pour dire que les 100 premiers jours de Fatshi au summum de la République seront déterminants.

Tous les regards sont désormais rivés vers le nouveau Président. Cet homme de teint noir, grand par sa taille, porte en lui la lueur d’espoir de toute une nation, d’une population longtemps affamée. Un peuple dépassé par les réalités de la vie, sans oublier la pauvreté qui s’était accrue, lors du règne du Raïs, et l’insécurité en permanence à l’Est du pays, la maladie à virus Ebola, et les milices qui continuent à rayer la vie de beaucoup des congolais. Voilà, en quelque sorte, le tableau qui se dresse au devant de celui qui est actuellement aux commandes du navire congolais. En effet, les congolais n’attendent de la part du nouveau locataire du Palais de la nation des actes concrets, qui devront s’orienter principalement vers le social.
Le peuple d’abord !
Longtemps désemparé, affaibli par des dures épreuves, dont la pauvreté qui a atteint son paroxysme, le peuple congolais espère voir l’amélioration de ses conditions de vie. « Félix kobosanaté, papa alobaki: ‘’le Peuple d’abord’’», avait lancé une grande parti des militants, à l’endroit du nouveau président, lors de son investiture. Rien qu’en écoutant ce rappel, c’est une lourde responsabilité et un devoir pour le Chef de l’Etat, de faire tout son mieux, pour ne pas décevoir ces gens qui n’aspirent qu’au changement. Ils croient à la rupture avec l’ancien régime. Quoi qu’il en soit, il est évident que le travail de titan qu’aura entrepris Fatshi, devra aller dans le sens de rompre avec les méthodes de l’ancien régime. En d’autres termes, sanctionner les malfrats qui ne réaliseront pas convenablement leurs tâches. Ce faisant, l’on saura certainement, s’il s’est inscrit dans le chemin de l’instauration d’un Etat de droit ou dans l’autosatisfaction.
Déjà, la voie de la cohabitation de deux forces que sont le Front Commun pour le Congo (FCC) et le Cap du Changement (CACH), tend vers sa réalisation. D’autant plus que, le discours du Président sortant de Kabila, adressé à la nation congolaise, à la veille de passation pacifique et démocratique du pouvoir, comparativement à celui prononcé par Tshisekedi, appelant à l’intégration des forces progressistes pour une grande coalition, tous les deux assertions font montre d’ores et déjà, les couleurs qu’aurait le présent mandat. N’ayant pas la majorité au parlement, le nouveau dirigeant devra chercher son premier Ministre au sein de la mouvance du FCC, plateforme politique initiée par son prédécesseur. Avec cette donne, tendons-nous vers la continuité de l’ancien régime ? Qu’adviendraient-ils des promesses de Fatshi ? Ses premiers actes après la possession de son pouvoir sont vivement attendus.

Merdi Bosengele