*Les prévisions des recettes pour le Projet de Loi de Finances (PLF) 2020 sont estimées à 10,01 milliards USD, soit une augmentation de 63,2% par rapport à l’exercice 2019.

La Société Civile l’a épinglé le vendredi 27 décembre 2019 en conférence de presse, lors de la présentation du rapport sur l’analyse budgétaire du Projet de Loi de Finances 2020. Elle constate, cependant, que le niveau des recettes pour l’exercice 2020 est estimé à 11 milliards USD. Or, avec le Produit intérieur Brut (PIB) nominal qui est de 57,9 milliards USD et la pression fiscale de 13,3 %, le Gouvernement ne peut juste espérer que 7,5 milliards USD au lieu de ce qui est repris dans le PLF actualisé. «Il faut ainsi pour le Gouvernement trouver 3,5 milliards USD supplémentaire pour mener à bien sa politique», a souligné Bishop Abraham Djamba, Directeur Exécutif du REGED.

Faudrait préciser que le présent rapport est le produit des Organisations de la Société Civile (OSC) sur l’analyse budgétaire du Projet de Loi de Finances 2020 dans un atelier tenu du 26 au 29 novembre 2019 à Kinshasa, sous la supervision du Réseau Gouvernance Economique et Démocratie.
Cet atelier a été appuyé par le Projet de Renforcement de la Redevabilité et de la Gestion des Finances Publiques (PROFIT-CONGO), financé par la Banque mondiale.

Le Gouvernement, principal bénéficiaire de l’augmentation du budget
Pour revenir aux faits, l’analyse qui en découle indique également que les prévisions des dépenses dans le PLF 2020 ont plus privilégié les institutions politiques notamment, la Présidence, la Primature, l’Assemblée nationale ainsi que d’autres ministères. Leur fonctionnement dans le PLF 2020, soit 975 millions USD, a connu une augmentation de 59 % par rapport à 2019, soit 613,4 millions USD et représente 10,6 % du budget général en 2020, contre 10,8 % en 2019. Une augmentation qui, rapporte la Société Civile, concerne essentiellement dix institutions et ministères qui se partagent à eux seuls 70 %, et tous les autres 30 %. Cette enveloppe additive est essentiellement affectée aux lignes budgétaires tels que les frais secret de recherche et le fonds spécial d’intervention qui, de manière globale, représente plus de 50 % de frais de fonctionnement et ne sont pas justifiables.

‘’L’augmentation du budget a servi beaucoup plus le train de vie du Gouvernement. Cela nous a inquiétés parce que ce déficit va être comblé par les emprunts certainement. Si ce déficit ne sert que pour la consommation, il risque d’avoir des effets pervers sur l’économie congolaise‘’, s’inquiète Bishop Abraham Djamba.
Ainsi, suggère-t-il, que le Gouvernement puisse affecter la grande part de cette augmentation aux secteurs qui sont porteurs de croissance. C’est la principale recommandation.

Cependant, la rémunération dans le PLF 2020, soit 2,9 milliards USD connaît un accroissement de 39,8 % par rapport à 2019, soit 2,1 milliards USD et représente 32 % du budget général en 2020, contre 37,1 % en 2019. La société civile se félicite de la prise en charge de la rémunération des enseignants. Toutefois, elle constate que d’autres secteurs clés n’ont pas connu des augmentations substantielles.

Aussi, les investissements, soit 3,1 milliards USD semblent-ils avoir connu un taux d’accroissement de 99,5 % par rapport à 2019, soit 1,6 milliards USD et représente 33,6 % du budget de péréquation, qui n’était pas opérationnelle lors des exercices précédents.
Le rapport sur l’analyse budgétaire du Projet de Loi de Finances 2020 souligne pour ce qui est du secteur de la Santé, que les allocations budgétaires déjà faibles en 2019 (10%) ont connu une diminution en 2020 (8%). Ceci, mentionne la Société Civile, ne permettrait pas de relever les défis majeurs du secteur notamment, la qualité des soins qui fait que la population n’en a plus confiance.

Qu’en est-il des recommandations ?
Notons qu’après l’analyse du PLF 2020, la Société Civile recommande notamment, la réduction des crédits alloués aux dépenses des institutions et des cabinets ministériels. Ce, en faveur des secteurs prioritaires susceptible d’apporter la croissance économique et de réduire l’extrême pauvreté.
Au-delà de cela, elle demande l’affectation des crédits indûment accordés dans les institutions et ministères sur les frais secret de recherche et fonds spéciaux d’intervention pour un montant total de 88,6 milliards CDF au secteur Pro pauvre.

Mais également la mise en place d’un programme d’investissements publics pour permettre de financer les projets d’investissements prioritaires pouvant impulser le développement.
Dans le secteur de l’éducation, elle suggère l’augmentation de la masse salariale des enseignants conformément aux recommandations de la commission interministérielle sur la gratuité, qui propose un salaire moyen de 714.508 FC, soit 424 dollars américains par enseignant à payer en 2020.

Il sied de retenir que l’objectif général de cette analyse est de promouvoir la bonne gouvernance financière par l’amélioration de la transparence et de la participation citoyenne au débat sur l’examen du Projet de Loi de Finances. Une culture que le COREF souhaite vivement voir être pérennisée, tel que l’a affirmé son Coordonnateur adjoint. Aussi, a-t-il martelé sur le fait que la transparence des finances des Etats et la participation citoyenne au processus budgétaire constituent deux concepts non seulement inhérents mais aussi prégnants à tout système de gestion des finances publiques qui se voudrait moderne et performant.

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