*Le Vice-premier ministre, ministre en charge de la Justice et Garde des sceaux, Me Célestin Tunda ya Kasende, a officiellement réceptionné samedi 30 novembre dernier, les clés du Camp de détention de Luzumu qui vient d’être réhabilité par l’Union européenne.

D’après le VPM en charge de la Justice congolaise, cette prison avait cessé toute activité depuis 1997, soit plus de deux décennies d’inactivité. Ce lieu était donc dans un état de délabrement très avancé. Il aurait fallu attendre les efforts conjugués du gouvernement de la République, de l’Union européenne et du Royaume de Suède, sans oublier de la Monusco, pour que le camp de Luzumu redevienne opérationnel aujourd’hui. Le VPM Tunda a indiqué que la politique poursuivie par le gouvernement vise à développer, à réhabiliter et à moderniser, sur l’ensemble du territoire national, les infrastructures et les équipements du système judiciaire et pénitentiaire de la RD. Congo. Par ces faits, dit-il, le gouvernement attend garantir les droits des personnes détenues. L’ambassadeur de l’U.E en RDC, Jean-Marc Chataigner, a, pour sa part, loué les nouvelles installations de ce Camp de détention en parlant d’une prison modèle en Afrique centrale.

Ainsi, cette réhabilitation s’inscrit dans le cadre général de la réforme de l’administration pénitentiaire de la RD. Congo, voulue par le Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, lors de son discours d’investiture prononcé jeudi 24 janvier 2019 au palais de la Nation.
Pour rappel, les travaux de réhabilitation du Camp de détention de Luzumu ont été lancés depuis le mois d’avril 2016, sur instruction de l’ancien Président de la République, Joseph Kabila Kabange, au travers de son Ministre de la justice de l’époque Alexis Thambwe Mwamba. Ces trois années de réalisation ont permis à ce Camp de détention de recevoir ses premiers pensionnaires. «L’ouverture du camp de détention de Luzumu s’inscrit donc dans la continuité de la réhabilitation du site de Luzumu initié dans le cadre du programme d’appui à la réforme de la justice et des recommandations de la politique nationale de la réforme de la justice en République Démocratique du Congo», a précisé Me Célestin Tunda ya Kasende.

En outre, le VPM en charge de la justice a indiqué que la politique poursuivie par le gouvernement vise à développer, à réhabiliter et à moderniser, sur l’ensemble du territoire national, les infrastructures et les équipements du système judiciaire et pénitentiaire de la RD. Congo. Par ces faits, dit-il, le gouvernement attend garantir les droits des personnes détenues. «Notre ambition dans ce secteur vise donc l’atteinte progressive des standards internationaux tels que pratiqués dans tous les Etats modernes sérieux en matière carcérale», a martelé Me Tunda ya Kasende. L’ambassadeur de l’U.E en RDC, Jean-Marc Chataigner, a, pour sa part, loué les nouvelles installations de ce Camp de détention en parlant d’une prison modèle en Afrique centrale. «Un centre de détention aux normes respectueux des droits de détenus, Luzumu est une prison modèle en Afrique centrale», a-t-il déclaré.
Par ailleurs, il a demandé au VPM en charge de la Justice, la réinsertion économique, sociale et professionnelle des détenus, surtout des mineurs et les femmes car, dit-il, sans justice, il n’y a pas d’Etat de droit.

Soutien de l’U.E pour une bonne justice en RDC
La réhabilitation du Camp de détention de Luzumu a été financée par l’Union Européenne. Sur ce, le Vice-premier ministre, ministre de la Justice et garde des sceaux n’a pas manqué à remercier le partenaire de son Ministère. «C’est l’occasion pour moi de remercier de manière solennelle, l’U.E pour tout appui qu’elle apporte au Ministère de la Justice, en finançant nos différents programmes de réhabilitation. La proximité de l’U.E avec le Ministère de la Justice pour nous accompagner dans ce processus, est pour nous très précieuse, car comme a dit l’ambassadeur de l’U. E, sans justice, il n’y a pas d’Etat de droit», a-t-lâché. Et d’ajouter : «sans justice, il n’y a point des possibilités pour la consolidation de la démocratie ; sans justice, il n’y a pas de paix durable ni le développement harmonieux. La justice est donc les véritables socles sur lesquels sont fondées les valeurs républicaines y compris même le développement socio-économique des nations. La justice seule peut élever une nation ». Jean-Marc Chataigner a, en outre, exhorté les autorités congolaises à pérenniser cet édifice, en le gérant à bon escient. En même temps, il tient à travailler avec le gouvernement de la République à travers le Ministère de la Justice afin de garantir des bonnes conditions de vie des détenus en RD. Congo.

Zoom sur le Camp de détention de Luzumu
D’après le directeur de cette prison, Justin Kitule Kasokwe, Luzumu, tel que réhabilité, dispose d’une capacité d’accueil maximale de 570 détenus et comprend deux quartiers distincts, à savoir : le quartier acheminement individuel d’une capacité totale de 75 détenus ainsi que le quartier acheminement collectif d’une capacité totale de 495 détenus. A ce sujet, il y a lieu de signaler que seul le quartier acheminement individuel fonctionne à ce jour avec 79 détenus. A cause du manque du plafond métallique dans le quartier acheminement collectif, cela fait que 80 % de la capacité d’hébergement détenus demeure inexploités. Le Camp de détention de Luzumu est situé dans la province du Kongo central, plus exactement dans le territoire de Kasangulu, groupement Kimbombo, à 75 km de la ville de Kinshasa et à 30 km du chef-lieu de Kasangulu. Ce site de Luzumu est destiné à accueillir une population carcérale de cycle masculin, majeur est condamné définitivement à des peines supérieures ou égales à 3 années d’emprisonnement.

Réhabilitation de l’E.G.E.E
Un accord a été signé sur le livre d’or du Ministère de la Justice au Camp de détention de Luzumu entre le Vice-premier ministre, ministre de la Justice et garde de sceaux, Me Célestin Tunda ya Kasende et l’Ambassadeur de l’Union européenne, Jean-Marc Chataigner pour réhabiliter deux Ecoles de Garde et de l’Education de l’Etat (E.G.E.E). L’une est placée dans la ville de Kinshasa, précisément dans le quartier Mbenseke dans la commune de Mont-Ngafula qui, du reste, abritait les détenus mineurs à l’époque. L’autre école de garde se trouve dans la province du Kongo central, plus exactement dans le territoire de Madimba. Toutes les deux seront réhabilitées grâce au travail du ministère de la Justice avec, bien-entendu, l’appui de l’Union européenne afin de mettre dans des bonnes conditions des vies des détenus mineurs et femmes.

La Pros.

 

Discours de Jean-Marc Châtaigner
Ambassadeur de l'Union européenne en République démocratique du Congo
à l'occasion de la visite du camp de détention de Luzumu
le 30/11/2019
Monsieur le Vice-Premier Ministre, Ministre de la Justice et Garde des Sceaux
Mesdames et Messieurs les Ministres,
Monsieur le représentant du Ministre des Finances, Ordonnateur national du FED,
Monsieur le Gouverneur du Kongo Central,
Mesdames et Messieurs les partenaires techniques et financiers,
Distingués invités, Mesdames et Messieurs,
La réhabilitation du camp de détention de Luzumu, et sa remise en activité depuis le début de cette année 2019, concrétisent, avec la réhabilitation du Ministère de la Justice et Droits Humains, la construction de l’Institut National de Formation Judiciaire à Kinshasa, la construction de deux Tribunaux de Grande Instance à Kananga et Tshikapa et la construction du Palais de Justice de Goma, les efforts consentis ces dernières années par l'Union européenne, et certains de nos Etats-membres tels que la Suède et la Belgique, en faveur de la modernisation des infrastructures dans le secteur de la justice.
Dans l'esprit du partenariat qui lie l'Union européenne et la République démocratique du Congo, ces investissements impliquent en contrepartie la mobilisation des ressources nécessaires pour que l’entretien et la mise en valeur des bâtiments soient bien assurés, notamment à travers l'affectation de personnels qualifiés et de moyens de fonctionnement adéquats.
A ce titre, nous saluons les efforts déjà consentis par le Gouvernement pour l’aménagement de la piste d'accès, la réhabilitation des logements du personnel et les travaux complémentaires nécessaires à la sécurisation du site. L'Union européenne est particulièrement attentive à ces signes concrets qui démontrent l’engagement du pays à poursuivre les réformes en cours.
Merci à la MONUSCO qui a pu fournir des équipements spécifiques.
Mais au-delà des bâtiments et du mobilier, je me dois de saluer l'opportunité sans précédent que revêt la réouverture de ce camp de détention pour le ministère de la Justice, qui accueille à présent des condamnés à de longues peines.
Car, le camp de détention de Luzumu est amené à devenir un établissement de référence pour l'ensemble du pays, respectueux de la dignité humaine. Et c'est dans cette voie que l'Union européenne continue à accompagner l'administration pénitentiaire.
Ainsi, avec une assistance technique mobilisée auprès de la Direction du camp, les textes réglementaires et le plan d'opérationnalisation qui ont été préparés pour la réouverture du camp posent les bases d'une gestion efficiente. Cela, en vue d'élaborer un cadre normatif de bonne gestion des établissements pénitentiaires en RDC, via la modélisation du plan d'opérationnalisation du camp de détention de Luzumu, comme établissement pénitentiaire de référence en RDC (au regard des standards internationaux et des Règles Mandela).
Un autre défi reste à relever : finaliser les travaux de sécurisation qui permettront d'atteindre la complète occupation, fixée à 600 places.
Notre souhait est que l'événement de ce jour soit fondateur pour la modernisation de l'administration pénitentiaire, qui est une des priorités de la Politique Nationale de Réforme de la Justice. Les enjeux sont nombreux. Si la réouverture du camp de détention de Luzumu permettra de désengorger d’autres prisons, notamment la prison centrale de Makala, d'autres efforts doivent être menés pour réduire la surpopulation carcérale et réduire dans celle-ci la part de la détention provisoire. Trop de personnes sont en effet encore maintenues en détention sans aucune instruction ouverte ou renvoi devant le tribunal dans un délai raisonnable. Trop de mineurs sont également toujours incarcérés dans des prisons pour adultes alors qu'ils devraient bénéficier de programmes d'encadrement adaptés.
Mesdames et Messieurs,
Alors qu'un nouveau cycle commence dans la gestion de ce magnifique pays, notre souhait est que les conditions puissent être à nouveau réunies pour que nous puissions renouveler et renforcer notre appui à tous les acteurs congolais avec lesquels nous avons développé des collaborations fructueuses au cours des années passées pour progresser, malgré les difficultés, vers une justice accessible à tous, transparente, impartiale, indépendante, efficace et protectrice des droits de chacun, dans le respect de l'égalité entre les hommes et les femmes de ce pays .
Le but est de restaurer la confiance des citoyens dans l’appareil judiciaire et au-delà, dans les institutions de la République. Avec l'Institut National de Formation Judiciaire, avec le camp de détention de Luzumu, avec les succès enregistrés dans la poursuite des crimes graves commis à l'Est du pays, avec les autres priorités contenues dans la Politique Nationale de Réforme de la Justice, notamment l'accès à la justice pour toutes les populations y compris les plus vulnérables, les acteurs de la justice disposent aujourd'hui de lignes directrices claires pour atteindre cet objectif ultime de reconquérir la confiance des citoyens.
Nous devons tous aujourd'hui être fiers de cet ouvrage et je formule le vœu qu'il devienne un lieu d’excellence au service de la justice, un symbole de la détermination du gouvernement et du peuple congolais à bâtir un Etat fort et uni, un Etat de droit fondé sur la démocratie et le respect des droits humains, un Etat à même d'assurer la paix et la stabilité. Car il n'y a pas de paix sans justice.
Je vous remercie.