Ils étaient nombreux (hommes, femmes, jeunes et vieux) à battre le macadam sur une distance d'environ 10 Km, de Kimbanseke jusqu'au centre-ville pour exposer leurs desideratas au président du Conseil National de Suivi de l'Accord de la Saint Sylvestre et du Processus Electoral, (CNSA), Joseph Olenghankoy Mukundji.


Le point de mire de cette pérégrination faite à pied est la revendication de leur portion de terre qu'ils ont acquise chez les Baumbu en vue de leurs sédentarisations en se mettant ainsi à l'abri de cauchemars des frais de loyer.
C'est un véritable coup de massue pour eux que de manquer ce patrimoine foncier qu'ils ont en possession depuis des décennies. Ils estiment que le CNSA constitue la porte la mieux indiquée qu'il faut frapper pour faire entendre leurs cris de détresse.

«Nous sommes venus le voir parce que trop c’est trop, nous en avons marre. Nous sommes la population du village Mamonambwa. C’est des Bahumbu que nous avons acquis notre terre dans la commune de Kimbanseke, au quartier Kibunda. C’est depuis des années que nous vivons paisiblement sur notre terre où à cinquante mètres se situe l’espace des maraîchers. C’est d’ailleurs vers eux que nous nous approvisionnons en légumes. Nous avons été surpris de voir deux dames, Angèle Kaba et une certaine Caroline, toutes, de la division rurale… Les deux ont ramené les FARDC bien armés de la 14ème région militaire. Nous avons été violentés au motif que la terre ne nous appartenait plus et qu’on avait plus droit de construire et que les Humbu n’en avaient pas aussi le droit. Et pourtant, c’est depuis 2002 que ce village a été créé. Nous ne sommes pas le site maraîcher. Nous voulons la paix. Et que le CNSA s’implique et pour porter haut notre voix auprès du ministre provincial de l’Agriculture. C’est depuis que nous attendions sa descente. Il n’est jamais venu et du coup, il prend une décision suspendant tous nos travaux», a expliqué en Lingala, Mme Wivine Kikungu, chef de rue Mamonambwa.

Approchés par la presse, les services du ministère provincial de l’Agriculture depuis le week-end, la promesse reste encore non réalisée.

Et, dans cette affaire, Joseph Olenghankoy entend échanger avec les autorités provinciales pour être éclairé. L’action du CNSA va s’inscrire ainsi dans le cadre de la préservation de la paix sociale dans la capitale.
Pour rappel, la ville de Kinshasa connaît une croissance démographique importante, posant des sérieux problèmes dans la ville avec des espaces naturels et agricoles et engendrant des conflits d'usage de la terre.

Eugène Khonde