Accompagné de l’ancien Président nigérian Olesugun Obasanjo et quelques hautes personnalités de l’Afrique, le Président en exercice de la RDC, Félix Tshisekedi, a inauguré l’Institut International d’Agriculture Tropical (IITA/Kalambo).

La cérémonie inaugurale a eu lieu le mardi 8 octobre 2019 à Kalambo à 50km de la ville de Bukavu, chef-lieu de la province du Sud-Kivu. Dans son discours, le chef de l’Etat a remercié la population de ce coin de l’est de la République pour le chaleureux accueil lui réservé et a loué l’initiative de l’institut international d’agriculture tropical (IITA/Kalambo) qui, selon lui, est un bel exemple d’intégration sous-régionale, tout en marquant l’importance qu’il souhaite accordé au développement des milieux ruraux à travers l’Agriculture. A cet effet, le Président Félix Tshisekedi confirme que cet institut constitue la première étape pour le noble objectif qui est celui de permettre à nos peuples, à nos opérateurs économiques de circuler librement et en toute quiétude avec leurs biens sur l’ensemble de la sous-région.

ALLOCUTION DU CHEF DE L’ETAT A L’OCCASION DE L’INAUGURATION DE LA STATION DE RECHERCHE AGRONOMIQUE DE L’INSTITUT INTERNATIONAL D’AGRICULTURE TROPICALE (IITA/KALAMBO)
Excellence Monsieur Olesugun Obasanjo, Président honoraire du Nigéria ;
Madame la Ministre de l’Agriculture du Rwanda, représentant personnel de son Excellence Monsieur Paul Kagame, Président du Rwanda ;
Monsieur Haile Mariam Dessalegn, Premier Ministre honoraire de l’Ethiopie ;
Monsieur Akinwumi Adesina, le Président de la Banque Africaine de développement et cher ami ;
Honorables députés et sénateurs ;
Messieurs les Membres du Gouvernement de la République ;
Mesdames et Messieurs les députés provinciaux ;
Monsieur le Gouverneur de la Province du Sud-Kivu ;
Mesdames et Messieurs les Ministres provinciaux ;
Monsieur le Maire de la ville de Bukavu ;
Monsieur l’administrateur du territoire de Kabare ;
Monsieur le Président du Conseil d’Administration de l’IITA ;
Monsieur le Directeur Général de l’Institut International d’Agriculture Tropicale ;
Mesdames et Messieurs ;
Distingués Invités ;
Je voudrais, avant de vous livrer mon propos de ce jour, exprimer mes salutations fraternelles à nos invités venus de loin et leur souhaiter la chaleureuse bienvenue sur la terre congolaise.
Je me réjouis de me trouver ici avec vous sur ce magnifique site de Kalambo au bord du lac Kivu, à l’occasion de deux événements importants que sont tout d’abord, l’inauguration de la station de recherche agronomique d’agriculture tropicale (IITA/Kalambo), et ensuite sa dénomination dédiée à l’ancien Président du Nigéria : la station « Président Olusegun Obasanjo, Campus de recherche de l’IITA ».
Mesdames et Messieurs ;
Distingués Invités ;
Pourquoi la dénomination «Olusengun Obasanjo» ? J’ai approuvé le choix de cette dénomination après avoir pris connaissance du modèle que mon aîné, le Président Obasanjo, a utilisé en se servant de la manne pétrolière pour diversifier l’économie nigériane en faisant la promotion de l’agriculture qui pour moi, et je ne cesserai de le répéter, constitue le pilier du développement durable, donc une aubaine pour les générations futures.
Je saisis cette occasion pour adresser un très sincère et vibrant hommage au Président Obasanjo qui, depuis son dernier mandat passé à la tête du Nigéria jusqu’à ce jour, n’a cessé d’être le porte étendard de la promotion de l’agriculture en Afrique.
La dénomination de ce campus en son nom n’est qu’une minime reconnaissance de sa grande contribution à l’épanouissement de l’agriculture en Afrique.
Mes vifs remerciements s’adressent également à mon frère et ami, le Dr Akinwumi Adesina, qui pour suit les traces de son prédécesseur Donald Kaberuka, par son soutien à l’IITA.
Monsieur le Président et cher ami, vous me surprenez toujours au sujet de vos interventions concernant mon pays. Alors qu’en juin dernier, les Experts de mon cabinet avaient arrêté la demande de l’intervention de votre institution 50km de route pour la ville de Bukavu, vous voilà devant cette population prise à témoin, annoncez le double de notre sollicitation. Soyez en remercier. Et pour la petite histoire c’est pendant notre conversation sur le bateau tout à l’heure qu’il a décidé de doubler cette superficie. Vraiment je l’en remercie de tout cœur.
Mesdames et Messieurs ;
Distingués Invités ;
Cette initiative est un bel exemple d’intégration sous-régionale qui marque l’importance que nous allons accorder au développement des milieux ruraux au travers de l’Agriculture. Ceci constitue une première étape pour le noble objectif qui est celui de permettre à nos peuples, à nos opérateurs économiques de circuler librement et en toute quiétude avec leurs biens sur l’ensemble de la sous-région.
Mesdames et Messieurs ;
Distingués Invités ;
Comme vous le savez, la République Démocratique du Congo dispose de potentialités agricoles importantes avec 120 millions d’hectares de terres fertiles dont 80 directement accessibles et 40 autres irrigables, avec plus de 53% d’eau douce en Afrique et un climat favorable pouvant lui permettre de développer une agriculture stable, génératrice de croissance et de développement durable. Cependant, comme le Président de la Banque Africaine de Développement aime bien me le rappeler : on ne peut ni manger, ni vendre le potentiel. Il faut donc, le transformer rn produit de consommation. Et je suis d’accord avec lui.
C’est pourquoi, à l’instar de tous les autres pays membres, la république démocratique du Congo attend de la Banque Africaine du Développement qu’elle continue à jouer pleinement son rôle en l’accompagnant dans nos programmes de transformation des produits du secteur agricole à travers le schéma d’industrialisation que je compte mettre en place.
Ceci va marquer, à coup sûr, une rupture dans l’histoire de notre pays qui constitue un réservoir de matières brutes sans aucune valeur ajoutée.
Ces projets agricoles à court, moyen et long termes visent à assurer la sécurité alimentaire et à améliorer la contribution de l’agriculture dans le Produit Intérieur Brut par une production nationale accrue, de qualité et accessible à moindre coût.
J’aimerais sincèrement féliciter notre compatriote le Dr. Emmanuel Sangin-ga, initiateur, ou devrais-je dire géniteur de ce centre qu’il avait commencé à construire avec ses ressources personnelles en ayant comme objectifs principal l’amélioration de la capacité de la Jeunesse en agrobusiness. Après son acquisition par l’IITA en 2011, ce campus, dont il est depuis le Directeur Général, s’est développé et est devenu le seul Centre International de recherche agronomique dans les pays des grands lacs et est doté ce jour d’un nouveau laboratoire de culture des tissus, le 2ème en Afrique, après celui d’Ibadan au Nigéria.
Mesdames et Messieurs ;
Distingués Invités ;
Il ne fait l’ombre d’aucun doute que la recherche est la composante essentielle du développement agricole. Et, l’avènement de ce centre qui est porté aujourd’hui aux fonds baptismaux, est la première étape de réhabilitation de tous nos centres de recherches agronomiques et autres, notamment Yangambi, dont les résultats des recherches ont permis à d’autres Etats d’améliorer leurs cultures de cacao et de palmiers à l’huile. En effet, aujourd’hui, nous sommes fiers en tant qu’africain de constater que ce sont les espèces améliorées de Yangambi qui sont à la base de l’expansion de la culture du cacao en Côte-d’Ivoire et de celle des palmiers en Malaisie.
Mesdames et Messieurs ;
Distingués Invités ;
Pour terminer, je vous assure de mon engagement à toujours faire plus pour le développement du secteur agricole. Je le répète, ici encore, il est temps que le sol prenne sa revanche sur le sous-sol.
Le défi est certes immense, les enjeux sont nombreux mais avec l’inauguration de cette première station, située à quelques kilomètres de l’Institut Nationale de recherche agronomique de Mulungu, INRA, nous sommes sur la bonne voie.
Je puis vous assurer qu’aucune province de la République démocratique du Congo ne restera en marge de cette marche vers l’atteinte de l’autosuffisance alimentaire.
Et, au-delà de la République Démocratique du Congo, je voudrais rassurer nos voisins du Rwanda et du Burundi que ce centre va constituer un maillon important de l’intégration sous-régionale sur le plan agronomique, pour qu’avec les politiques agricoles communes, nous puissions arriver au niveau de la sous-région, à fournir à nos populations une alimentation suffisante, décente, conforme aux standards du Fond Mondial pour l’Alimentation.
A la chaleureuse population du Sud-Kivu, avec qui j’ai un lien très particulier, je dis merci pour l’accueil fraternel qui confirme la ferveur que j’avais déjà observée en décembre dernier lors de la campagne électorale dans cette ville du Sud-Kivu et ailleurs dans cette province.
Je ne ménagerai aucun effort pour réaliser, ici comme ailleurs, toutes les promesses formulées lors de ladite campagne électorale. Je reviendrai vous voir.
Je vous remercie.