Le panafricanisme est une vision à la fois sociale, économique, culturelle et politique d’émancipation des africains, qui vise à unifier, ou mieux à former une communauté en vue de travailler pour le développement collectif de l’Afrique.

D’où, à entendre parler la Présidente de la Chambre basse du parlement de la RD Congo, Mme Jeanine Mabunda Lioko, elle se présente aujourd’hui comme une fervente défenseur des idéaux qui visent la solidarité entre les populations africaines. Aujourd’hui, plus que jamais, elle est convaincue qu’avec la détermination, l’unité et le travail collectif des filles et fils du continent africain, ce berceau de l’humanité peut véritablement devenir une puissance mondiale. Loin d’en faire une illusion, le numéro un des Députés nationaux congolais l’a fait savoir à la session des parlementaires panafricains qui s’était ouverte lundi 7 octobre 2019, en Afrique du Sud.

Invitée d’honneur à cette assise, l’élue de Bumba n’avait pas tardé d’endosser sa casquette ‘’panafricaniste’’ à l’instar des vaillants combattants tels que Thomas Sankara, Kwameh Nkruma, Patrice Emery Lumumba, Sékou Touré et Mandela qui, au cours de leur passage sur cette terre des hommes, ont pu démontrer à travers leurs actions, que ce rêve de développement ne peut que se réaliser dans l’unité. Pour ce faire, du haut de sa tribune, déterminée comme toujours, avec un langage persuasif, Mabunda n’était pas allée par le dos de la cuillère pour interpeler ses collègues parlementaires. «L’Afrique dispose d’un potentiel énorme en termes des ressources humaines (sa jeunesse), des ressources naturelles, énergétiques pour apporter des réponses à ces défis. Il nous suffit de travailler avec assiduité pour que les priorités, que nous nous sommes définies prévues dans l’agenda 2063 deviennent une réalité. Nos populations africaines du Nord comme du Sud, de l’Est comme de l’Ouest ainsi que du centre nous interpellent pour que des actions soient prises pour améliorer leur quotidien », a-t-elle fait savoir avec conviction.

Dans cette même optique, pour la Présidente de la Chambre basse du parlement, l’océan atlantique et la mer méditerranée sont aujourd’hui des cimetières pour la jeunesse africaine. « Comme dirigeants, nous avons le devoir d’offrir à cette jeunesse des opportunités en termes d’emploi pour que soit bannie la peur du lendemain », suggère-t-elle. Et d’ajouter : ‘’Il est certes vrai qu’en tant qu’organe de l’Union Africaine, en attendant la ratification par les Etats membres du protocole Malabo qui confère le pouvoir législatif au Parlement Panafricain, il vous appartient de formuler des recommandations et résolutions précises dans le sens de l’amélioration de la gouvernance politique et économique’’. Par ailleurs, elle a solennellement, invité les autres Etats africains n’ayant pas encore fait, de pouvoir ratifier l’Acte Constitutif du Parlement Panafricain.

RDC, bel exemple de la démocratie
En Afrique du sud, Mabunda a vanté la démocratie de la RDC qui a, d’après elle, facilité l’alternance au sommet de l’Etat. « Pour mettre réellement en œuvre des programmes de transformation à la fois quantitatifs et qualitatifs sur notre continent, il est important de garantir en préalable la tranquillité intérieure par la démocratie. En ce qui concerne mon pays, le Congo, jadis perçu comme mauvais de la classe, nous venons avec les 46 millions d’électeurs de procéder a une transition pacifique entre un Président sortant, Joseph KABILA, et un Président entrant Félix TSHISEKEDI. C’est la première fois que nous avons un président sortant à la retraite qui s’est retiré après 2 mandats prévus par notre constitution », a déclaré Mabunda. Comme si cela ne suffisait-il pas, elle a communiqué à ses collègues parlementaires la formule ‘’originale’’ de la coalition au pouvoir qui, à l’en croire, a permis d’instaurer la sérénité politique. « Ce choix de notre nouvelle génération politique conduite par le Président TSHISEKEDI permet la sérénité politique ressentie positivement par la population. Dans cette Afrique de grands lacs souvent troublée, notre pays peut apporter son expérience dans le processus en cours sur le continent africain. Un vaste Congo en Paix est alors un atout pour l’ensemble du continent », a-t-elle lâché.

Son speech prononcé à la session des parlementaires panafricanistes a été salué positivement par ses collègues parlementaires.

Merdi Bosengele

DISCOURS DE LA PRESIDENTE DE L’ASSEMBLEE NATIONALE
JEANINE MABUNDA
A LA SESSION DES PARLEMENTAIRES PANAFRICAINS
Afrique du Sud, 7 octobre 2019
Monsieur le Président,
Honorables Collègues Parlementaires,
Je suis particulièrement heureuse de prendre la parole devant cet auguste assemblé des Parlementaires de notre continent.
Peu d entre nous ne souviennent pas avec précision des hauts faits accomplis par les pères fondateurs de l’Organisation de l’Union Africaine en 1960.
Mais, en décidant en 2013 de ne pas réduire le 50ème anniversaire de notre Union à une simple fête de commémoration, tous les leaders du continent, plus jeunes ou moins jeunes, se sont tout de même rendus compte que les 50 prochaines années devront être bien différentes du demi-siècle vécu par les Etats de toute notre région.
Monsieur le Président,
Chers Collègues,
Auprès des premiers concernés, nos concitoyens eux-mêmes, L’Agenda 2063 passe parfois pour une simple vision, sinon un rêve banal.
Une « Afrique dirigée par ses propres citoyens » ? Mais n’est-ce pas déjà le cas partout.
Une « Afrique devenue puissance mondiale » ? Mais n’est pas de la science-fiction, s’interrogent-ils.
Monsieur le Président,
Estimés collègues,
Tous ces doutes et toutes ces hésitations ne doivent pas faire oublier que, en dépit des résultats mitigés sur le plan économique, sur le plan politique, les Africains ont pu relever un énorme défi en une seule décennie. L’Histoire a effectivement inscrit dans ses annales un fait mentionné sous la terminologie : « les indépendances des Etats africains des années 1960 ».
Point n’est besoin de rappeler par mon pays et d’autres dans le processus de libération de certains pays dont l’Angola, la République Sud-Africaine à travers la Résolution 2505 de l’OUA, mieux connue sous le nom de, je cite : « Manifeste sur l’Afrique australe de Lusaka ».
A ce propos, la population du Congo n’a jamais oublié la gratitude que lui a témoignée en 1990 le célèbre ex-prisonnier Nelson Mandela. Après ses 27 ans de réclusion, lors de sa libération le 11 février 1990, c’est à mon pays que MADIBA a réservé l’honneur de son tout premier voyage à l’extérieur de l’Afrique du sud en mémoire de ce combat africain mené.
Monsieur le Président,
Chers collègues,
L’Union africaine a proclamé 2019 l’année des réfugiés, des rapatriés et des personnes déplacées.
La session qui s’ouvre ce jour retient la problématique des réfugiés, des déplacés internes comme l’un de ses thèmes.
Les conflits armés, la pauvreté et le chômage des jeunes sont à la base de grands déplacements des populations au sein de notre continent. Les premières victimes de cette situation des conflits sont les femmes, les jeunes filles et les enfants.
Je voudrais ici profiter de cet hémicycle pour exprimer ma solidarité à tous les frères et sœurs africains qui se retrouvent dans cette situation de vulnérabilité extrême. Je lance un appel à tous les Etats africains à plus de protection des femmes et des jeunes et à nos partenaires d’accroitre leur soutien en faveur des pays qui abritent les réfugiés.
Monsieur le Président,
Chers collègues,
Cet état de chose n’est pas insurmontable car l’Afrique dispose d’un potentiel énorme en termes des ressources humaines (sa jeunesse), des ressources naturelles, énergétiques pour apporter des réponses à ces défis. Il nous suffit de travailler avec assiduité pour que les priorités, que nous nous sommes définies prévues dans l’agenda 2063 deviennent une réalité. Nos populations africaines du Nord comme du Sud, de l’Est comme de l’Ouest ainsi que du centre nous interpellent pour que des actions soient prises pour améliorer leur quotidien. L’océan atlantique et la mer méditerranée doivent cesser d’être des cimetières pour la jeunesse africaine. Comme dirigeants, nous avons le devoir d’offrir à cette jeunesse des opportunités en termes d’emploi pour que soit bannie la peur du lendemain. Il est certes vrai qu’en tant qu’organe de l’Union Africaine, en attendant la ratification par les Etats membres du protocole Malabo qui confère le pouvoir législatif au Parlement Panafricain, il vous appartient de formuler des recommandations et résolutions précises dans le sens de l’amélioration de la gouvernance politique et économique. Je m’en voudrais, si je n’invitais pas solennellement les Etats africains qui ne l’ont pas encore fait à ratifier l’Acte Constitutif du Parlement Panafricain.
Monsieur le Président,
Distingués collègues,
Pour mettre réellement en œuvre des programmes de transformation à la fois quantitatifs et qualitatifs sur notre continent, il est important de garantir en préalable la tranquillité intérieure par la démocratie.
En ce qui concerne mon pays, le Congo, jadis perçu comme mauvais de la classe, nous venons avec les 46 millions d’électeurs de procéder a une transition pacifique entre un Président sortant, Joseph KABILA, et un Président entrant Félix TSHISEKEDI. C’est la première fois que nous avons un président sortant a la retraite qui s’est retiré après 2 mandats prévus par notre constitution.
Les acteurs politiques viennent de réussir une formule originale. En effet, les résultats électoraux destinaient la République à une cohabitation indécise entre une majorité présidentielle différente de la majorité parlementaire a savoir 48 députes pour la majorité présidentielle et 335 députes pour le FCC.
Cependant, dans le souci de cohésion nationale, les vainqueurs à l’élection présidentielle et ceux aux élections législatives ont convenu plutôt de constituer une coalition, au niveau tant parlementaire que gouvernemental.
Et cette volonté s’est étendue jusqu’à l’Assemblée nationale, dont j’ai l’honneur d’être la Présidente. Ainsi, sur les 10 commissions permanentes de notre Assemblée, la présidence de 3 d’entre elles a été confiée aux députés de l’Opposition, en dehors de la coalition au pouvoir alors que le poids numérique au sein de l’assemblée nationale le limitait a 2 commissions.
L’objectif de tous ces mécanismes est de parvenir à une pacification institutionnelle, à anticiper en amont les tensions. En effet, les leçons nous renseignent que les conflits politiques mal négocies finissent aux conflits armés et créent des déplacés internes.
Ce choix de notre nouvelle génération politique conduite par le Président TSHISEKEDI permet la sérénité politique ressentie positivement par la population. Dans cette Afrique de grands lacs souvent troublée, notre pays peut apporter son expérience dans le processus en cours sur le continent africain. Un vaste Congo en Paix est alors un atout pour l’ensemble du continent.
Monsieur le Président,
Distingués collègues,
Pour clore mon propos, je félicite l’Union Africaine d’avoir réglé le problème de parité au sein du Parlement panafricain en invitant les Etats d’envoyer auprès du Parlement panafricain une délégation parlementaire composée d’au moins 2 femmes sur 5 membres. Cela étant dit, Moi-même, aujourd’hui pour la première en RDC, je porte constructivement le combat du positionnement de la femme dans les institutions en vue d’ouvrir la porte non seulement des élites mais aussi la vaillante femme rurale africaine. Ainsi, je vous invite à travailler lors de cette session avec abnégation et assiduité pour formuler des recommandations et des résolutions qui pourront inspirer nos parlements nationaux car aujourd’hui l’Afrique et les africains ont besoin de nous pour une réussite collective.
Puissent les idéaux de NKRUMA, de LUMUMBA, de SENGHOR, de NASSER, d’HOUFOUET, de SEKOU TOURE et de MANDELA guider vos travaux.
Que vive l’Afrique.
Je vous remercie pour votre aimable attention.