Au Kongo Central, le sexegate dont les faits remontent au 25 août 2019 où le Vice-Gouverneur, M. Justin Luemba, aurait été pris en flagrance dans une affaire de relation d’amour répréhensible avec une certain Mimi non autrement identifiée, est loin d’atteindre son épilogue.

Hier encore, les Députés Provinciaux, examinant le réquisitoire du PGR près la Cour de Cassation portant demande d’autorisation d’engager des poursuites judiciaires à l’encontre de M. Atou Matubuana, se sont montrés, plutôt, solidaires. Le résultat du vote réalisé sous la direction de M. Pierre Anatole Matusila, le Président de l’Assemblée Provinciale, tranche à ce sujet. 21 Députés provinciaux contre les poursuites, 19 soutiennent le réquisitoire alors qu’un Député Provincial s’est dit empêché.

Ainsi, l’Organe délibérant devra-t-il envoyer comme tel, tout en y ajoutant les dispositions de l’article 78 de son Règlement Intérieur qui, lui, exige la majorité absolue. Or, dans le cas d’espèce, pour une Assemblée de 42 membres, cette majorité absolue-là aurait dû être de 22 Députés.
Que va-t-il se passer ? Réhabiliter Atou et Justin, en dépit de toutes les forfaitures enregistrées ? Faudrait-il passer outre la position des Députés Provinciaux, même si elle n’est qu’à une majorité simple, qui s’inscrivent, néanmoins, en faux contre les poursuites judiciaires ?

Des questions que soulève la volte-face de cette Assemblée Provinciale donnent à penser que le PGR près la Cour de Cassation est là, devant une équation dont seule, la lecture en âme et conscience de la loi, lui permettrait de se tirer d’affaire.

Dans cette démarche, il devrait également s’affranchir de toutes sortes de pressions externes, d’où qu’elles viennent.
D’aucuns sont ceux qui rappellent, logiquement, que dès le départ, le FCC, dans un communiqué, avait intimé l’ordre à Atou Matubuana de démissionner. Mais, ce dernier, n’y avait nullement obtempéré. Puis, l’affaire a transité par la justice, avec l’intervention du PGR dont le réquisitoire vient de se solder par le résultat, si bouleversant soit-il.
Entretemps, le même FCC avait dépêché sur place à Matadi une forte délégation composée essentiellement de Hauts cadres de la Coordination triés en raison de leur expertise, pour convaincre les Députés provinciaux afin d’en découdre avec le duo Atou Matubuana-Justin Luemba.

Mais, le résultat obtenu à l’issue du vote contraste, malheureusement, avec un tel but. Si tenté que cela puisse paraître, les commentaires y sont allés dans tous les sens, y compris dans l’optique de considérer que la réhabilitation des ‘’résistants’’ Atou et son alter ego Justin Luemba, serait la meilleure façon de toucher aux symboles dela sacralité du Raïs Kabila, l’Autorité Morale du FCC. Est-ce qu’après cet épisode à l’Assemblée qui ramène les choses sur la table du PGR, y a-t-il encore la possibilité de déterrer la hache de la guerre politique, en remuant dans les plaies béantes de ce qu’aurait été l’attitude de ce même Atou face à la Coordination du FCC ? Rien n’est moins sûr.
Toutefois, ‘’le droit devrait avoir la prééminence sur toutes les autres considérations’’, recommande un juriste avisé ayant requis l’anonymat.

LPM