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Le Général Jean-Pierre Kasongo Kabwik devant ces anciens rebelles en formation
*A Kayoyo, au Centre pilote Mzee Kabila de Kanyama Kasese, dans la Province du Haut Lomami, une nouvelle expérience est, désormais, à pied d’œuvre.

4000 anciens rebelles qui se sont rendus volontairement au Service National, y sont admis en pleine formation. Le Général Jean-Pierre Kasongo Kabwik, le Commandant du Service National qui, personnellement, a présidé la cérémonie du lancement de ce recyclage et de lavage des cerveaux, espère ainsi qu’à brève échéance, ces anciens rebelles deviendront des bâtisseurs engagés à l’œuvre de la reconstruction de la RD. Congo. Il leur a confié, d’ailleurs, que lorsqu’ils auront fini, le Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi, décidera, lui-même, du lieu de leur prochaine destination, pour leur réinsertion sociale définitive.

Genèse
La Rdc s’est constituée une tradition de recyclage des groupes armés. La plus grande opération de recyclage est celle connue après le dialogue intercongolais de Sun City en Afrique du sud. Le pays était divisé en quatre administrations dont trois dirigées par des groupes rebelles. Pour créer une seule armée nationale, il y a eu mixage, brassage, intégration, … des groupes armés dans l’armée nationale. Cela était en passe de devenir une pratique jugée normale pour intégrer l’armée nationale. En conséquence, ceux qui étaient intégrés dans l’armée hier, regagnaient les groupes armés pour être rebrassés. Le gouvernement congolais a estimé que, cette fois-ci, il faut faire les choses autrement.
On les appelle « les « rendus », entendez, ceux qui se sont rendus. Il s’agit de groupes armés qui ont pris, eux-mêmes, l’option de déposer les armes.Reinsertion 2

Cette expression, « les rendus », avec un peu de poésie veut aussi dire : « ceux qui sont rendus à la société ». C’est cet aspect qui intéresse au plus haut point le Service National, organe choisi par le gouvernement congolais, pour accueillir ces enfants prodigues afin de leur réinsertion dans la société.
Ils viennent des groupes armés dans toutes leurs diversités et de toutes dénominations. Les Maï-Maï, les Kamuina-Nsapu, sans oublier, les hommes du «commandant Buffle », venus de l’ex-province de l’Equateur.
Aussitôt qu’ils avaient déposé les armes, ils ont été cantonnés à la base militaire de Kamina. Puis, ils ont pris le train à destination de Kanyama où ils étaient accueillis par le colonel Basile Ngoy, Directeur de cabinet du Commandant du Service National qui, lui, était à la tête d’une délégation dépêchée, depuis Kinshasa, pour cette activité de haute portée sociale. Reinsertion 3

La parade organisée à cette occasion est dirigée par le Commandant du Centre pilote Mzee Laurent-Désiré Kabila de Kanyama Kasese. Après leur avoir souhaité la bienvenue, le colonel Bashonga leur a fait comprendre qu’ils sont au Centre Mzee Kabila pour la formation. Tout en leur recommandant de se sentir chez eux, il les rassurés, par ailleurs, qu’ils n’étaient nullement en détention. Tout au Centre pilote Mzee Kabila étant paramilitaire, il leur a dit que de se soumettre à la discipline militaire qui, logiquement, y est en rigueur.

Heureux et confiants, les « rendus » sont acheminés au centre d’entrainement à Kayoyo, à 18 kilomètres de Kanyama, chef-lieu du territoire de Kanyama, dans la province de Haut-Lomami.
Avant cet accueil, le Directeur de cabinet du commandant du Service national et la délégation qu’il conduisait, avaient visité le premier contingent des «rendus » logés à Kayoyo.
La délégation venue de Kinshasa s’est rendue, finalement, compte du travail de transformation du premier contingent des « rendus ». Le moral était très haut et l’esprit des bâtisseurs bien assimilé en très peu de temps. La maîtrise des chants et de la devise du bâtisseur démontrait, à elle seule, l’intensité du niveau d’encadrement.

Action sur terrain
Le point fort de la visite des « rendus » à Kayoyo aura été le lancement de la formation des « rendus » par le Général Jean-Pierre Kasongo Kabwik, commandant du Service national.
Arrivé à Kanyama par petit-porteur, il est arrivé à bord de sa jeep au centre de formation de Kayoyo où il était très attendu. Un comité d’accueil composé, outre du Commandant du Centre pilote Mzee Laurent-Désiré Kabila, le colonel Bashonga, du Directeur de cabinet du Commandant du Service national, du commandant du centre de formation de Kayoyo , le colonel Bantu, et de toute la délégation venue de Kinshasa, le général Kasongo Kabwik a passé les troupes en revue avant de leur adresser le message du Commandant suprême des Fardc, le Président de la République, Félix Antoine Tshilombo Tshisekedi.

«Le Chef de l’Etat sait que vous êtes ici et il m’a envoyé non seulement pour vous rendre visite, mais aussi et surtout, pour vous apporter son assistance afin d’améliorer vos conditions de vie pendant toute la formation », leur avait dit le général Kasongo, avant d’ajouter que « vous êtes ici sur décision de l’autorité suprême du pays. Nous allons vous former selon son désir. A la fin de la formation, il lui reviendra de décider de votre destination », a-t-il conclu.

Le commandant du Service national, comme les parents de l’enfant prodigue, a ajouté à l’accueil, tout un dispositif de convivialité. D’où, des vaches ont été abattues pour donner à cet instant historique, les vraies marques d’une fête.
L’autre moment fort a été sans doute, la dotation des « rendus » en matelas, de couverture, assiette, gobelet, savon, dentifrice, papier hygiénique, glycérine, rasoir, … sans oublier, la tenue du bâtisseur.
A la parade qui consacrait le début de la formation, ce sont des bâtisseurs totalement métamorphosés, bien rasés, bien habillés qui ont défilé devant le Commandant du Service national.

S’adressant à la presse, le Général Kasongo, lui-même, s’est dit heureux de réaliser ce travail de reconversion d’anciens rebelles en bâtisseurs. Il a insisté, particulièrement, sur le fait qu’il faut désormais, faire les choses autrement en coupant avec la pratique qui faisait que les anciens rebelles étaient intégrés dans l’armée et aussitôt qu’ils étaient sur le terrain, ils regagnaient la rébellion. En ce qui concerne les moyens nécessaires pour assurer l’encadrement de ces « rendus », le Général Jean-Pierre Kasongo Kabwik a fait savoir qu’on ne ferait rien si on attendait que tous les moyens soient réunis. Il faut faire avec ce qu’on a, en faisant remarquer qu’à l’arrivée du premier « rendu » sur le site de Kayoyo, il n’y avait rien. Les « rendus » n’avaient pas où mettre la tête. Tout a changé et tout ira en changeant.
La cérémonie s’est clôturée dans une ambiance de fête au rythme de Wenge Musica de Werrason. Tous les anciens rebelles, Maï-Maï, Kamuina-Nsapu et autres, exhibaient la même danse démontrant ainsi leur appartenance à la même culture.

Avec cette nouvelle tâche qui incombe, désormais, au Service national, il y a lieu que le tout nouveau gouvernement y mette des moyens. Car, avec la concentration de quatre mille hommes en un endroit, il faudra éviter toute occasion de mécontentement pouvant conduire aux actions d’indiscipline. Après tout, une chose est d’encadrer ces anciens rebelles, une autre et, d’ailleurs, la plus importante est de leur trouver un métier capable de les aider à s’épanouir.

SN/LPM