Dernières publications

Aider les opérateurs économiques de Goma à améliorer la qualité de leurs produits pour qu’ils soient éligibles à l’exportation sur le marché régional et améliorer les compétences des agents chargés du contrôle de qualité de l’Office Congolais de Contrôle (OCC), c’est le but d’un atelier ouvert le 9 juillet 2019, au centre d’accueil Bakanja de Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu (Est de la RD Congo).

Cet atelier de 10 jours porte sur la gestion du système de sécurité sanitaire des aliments et regroupe une cinquantaine de participants (25 agents de l’OCC et 25 exploitants du secteur alimentaire).

Organisé par l’OCC et la Cellule d’appui à l’Ordonnateur national du Fonds européen de développement (COFED), cette formation s’inscrit dans le cadre du Projet de renforcement des capacités pour la mise en œuvre de l’intégration régionale de la RD Congo dans le Marché commun de l’Afrique orientale et australe (COMESA). Ce projet est financé par l’Union européenne (UE) au titre du 10ème FED (Fonds européen de développement).
« La Rdc a un problème de qualité des produits vers l’exportation parce que souvent, les opérateurs économiques produisent sans normes, ou même lorsqu’ils les ont, il y en a qui ne les appliquent pas comme il faut. Nous voulons les aider à arriver à la certification de leurs produits », a dit Yandju Marie-Claire, Experte en Technologie alimentaire et Nutrition, qui dispense la formation.

Savoir rendre les produits compétitifs
« Et la certification n’est pas sur papier,c’est le produit lui-même qui s’exprime », prévient-elle. Il s’agit donc, à travers cette formation, d’aider les opérateurs économiques à savoir comment rendre leurs produits compétitifs, d’une part, et d’autre part d’amener l’OCC à évaluer correctement un produit à travers ses procédés de fabrication, son conditionnement et même évaluer sa traçabilité pour qu’il soit exportable. « Cette évaluation de l’OCC concerne tout autant les produits qui viennent de l’extérieur, à défaut de quoi notre pays sera la poubelle de tout le monde, craint madame Yandju Marie-Claire.
Si, jusque-là, les échanges ne se faisaient pour la plupart que dans un même sens, à savoir les importations, l’ouverture du marché régional est une opportunité pour les petites entreprises locales. Et sans qualité certifiée, les petites entreprises locales risquent d’être asphyxiées. « La qualité des produits est une exigence capitale pour survivre dans ce grand marché. Car vous pouvez exporter une fois, mais si la qualité n’est pas au rendez-vous, le client ne reviendra jamais et vous tomberez en faillit e», conseille André Izinga Sangilia, directeur provincial intérimaire de l’OCC au Nord-Kivu.
Nécessite de bonnes politiques dans le secteur alimentaire

Pour être viables sur le marché régional et international, les entreprises ont besoin d’accompagnement depuis la base de leur travail. « Certains entrepreneurs ont reçu des autorisations de vente pour des produits dont ils ne maitrisent même pas la composition, a indiqué un opérateur économique. Nous voulons d’un Office de contrôle qui joue son rôle sur terrain et qui ne se limite pas à donner des papiers, moyennant payement, sans même visiter les entreprises concernées. »
« Il est urgent que chaque acteur sente la nécessité de bien faire son travail, car il en va de notre survie sur le marché régional. Il suffit que certains de nos produits soient de mauvaise qualité pour que les consommateurs nous rejettent en bloc », ajoute un autre.

Les opérateurs économiques qui disent beaucoup attendre de cette formation sur la gestion du système de sécurité sanitaire des aliments, espèrent que le gouvernement congolais fera sa part de responsabilité dans cette grande aventure qui commence. Après Goma, la même formation se tiendra également à Bukavu, chef-lieu de la province du Sud-Kivu.