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Des cris de gémissement et de lamentation. Une réaction soudaine et fracassante des combattants de l’Udps. La corruption pointée du doigt. Les grandes décisions de la présidence sont attendues. Voilà, comment débute la semaine. Oui, à la suite des résultats des élections sénatoriales qui ont eu lieu le vendredi 15 mars dernier, lesquels ont consacré la défaite cinglante de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), des réactions et quelques actions de vandalisme ont été constatées.

 Après avoir dénoncé immédiatement leurs députés provinciaux de Kinshasa, Mbuji-Mayi et Kananga, ces militants de la fille aînée de l’Opposition n’ont pas manqué de battre le pavé.

A Kinshasa, ils se sont dirigés jusqu’au lieu du travail du Chef de l’Etat, à la cité de l’OUA, afin d’exprimer leur mécontentement, en fustigeant, au passage, les actes de corruption. Ainsi, chemin faisant, ces combattants, à l’unanimité, ont entonné haut et fort les chansons hostiles au camp de Kabila. Comme si cela ne suffisait-il pas, ils réclament, par ailleurs, la nomination d’un Premier Ministre provenant de leur camp politique, pendant que le Front Commun pour le Congo –FCC- est majoritaire dans toutes les institutions. Cette démarche est inconstitutionnelle. A cette allure, jusqu’où ira l’Udps ? S’interrogent plusieurs observateurs. Nombreux craignent que leurs réactions puissent influencer la prise des décisions du Chef de l’Etat, Félix Tshisekedi.

Le rejet

Les évènements prennent une nouvelle tournure. Sans mâcher ses mots, le Président ad intérim du parti, Jean- Marc Kabund A Kabund, a laissé entendre que ces élections ont été organisées en violation de la constitution. Et ce, avant de rejeter et exiger sa réorganisation. «Nous rejetons ces élections parce que nous pensons que c’est une violation fragrante de notre constitution. Bien entendu, nous appelons à la réorganisation des élections des Sénateurs. Non seulement les élections des sénateurs, mais aussi l’élection des bureaux des assemblées provinciales», a-t-il martelé. A l’en croire, les règlements intérieurs des assemblées provinciales n’ont pas obtenu l’avis favorable de la Cour constitutionnelle. Et de ce fait, les scrutins des membres des bureaux définitifs et des sénateurs ne devraient pas être organisés. « Nous nous sommes finalement rendu compte que les élections organisées au niveau des assemblées provinciales ont été organisées en violation de la constitution qui prévoit que les assemblées provinciales devraient déposer plutôt leur règlement intérieur à la Cour constitutionnelle pour validation. Vous allez constater que les règlements intérieurs n’ont pas obtenu l’avis favorable par rapport à notre constitution. Eh bien, les élections ont été organisées en violation de la constitution», insiste-t-il.

Boite de pandore ?

La désolation est visible au sein de l’Udps. Le FCC, après la conquête des assemblées provinciales et nationale, récupère aussi la commande du Sénat. Tenant mordicus à ce tableau, la situation qui est intervenue au lendemain des élections sanatoriales, semble être morose par rapport à la bataille anti-corruption longtemps clamée par Félix Tshisekedi. «Comment se fait-il que 12 députés provinciaux de l’Udps à Kinshasa n’ont pas pu élire ne serait ce que deux sénateurs ? Ils ont été corrompus», dénonce un combattant. La protestation autour de la corruption corrobore parfaitement avec la lutte engagée depuis un moment par le Candidat ‘’malheureux’’ Martin Fayulu. Du faite que l’Udps ait exigé la réorganisation des élections sénatoriales et celles des membres des bureaux définitifs des assemblées provinciales, elle ouvre cependant la boite de pandore qui nécessiterait la remise en cause de l’élection présidentielle organisée le 30 décembre 2018, laquelle donnait la victoire à Félix Tshisekedi Tshilombo. Pour rappel, la Coalition Lamuka avec son soldat du peuple, Martin Fayulu, avait aussi à son tour dénoncé la tricherie et la partialité de la CENI.

Saisine de la justice

Pendant ce temps-là, André Alain Atundu, un des hauts cadres du FCC, dénonçant les actes de corruption, n’a pas tardé de porter plainte contre 4 députés de l’assemblée provinciale de la Mongala. Comparativement à lui, le Président a.i de l’Udps, affirme, pour sa part, avoir toutes les preuves de ces actes de corruption. Et, il promet, par ailleurs, de poursuivre en justice les députés provinciaux de sa formation politique, principalement ceux de Kinshasa, Kananga et Mbuji-Mayi. Cette procédure va-t-elle aboutir ? L’Udps aura-t-elle gain de cause ? Difficile de répondre à toutes ces interrogations.

Merdi Bosengele