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Le lundi 25 février 2019, à l’Hôtel Emilton, dans la commune de Lingwala, le Centre Républicain Ishango pour le Développement et la Démocratie (CRIDD) a organisé une séance pédagogique d’échange avec les Journalistes.

Séance au cours de laquelle étaient débattues les questions sur la mise en place du nouveau régime issu de la première alternance pacifique en RDC, et de la Démocratie libérale avec tout ce qu’elle présente comme avantages et contraintes. Au cœur du débat, les différents panélistes ont abordé la nécessité pour les leaders congolais, ceux qui sont aux affaires, de se réinventer idéologiquement, en inculquant les valeurs morales de manière à servir de repère.
En fait, CRIDD est un mouvement citoyen qui œuvre pour l’expansion de la nation de Lumumba. En d’autres termes, les personnes qui la composent essayent de réfléchir et d’orienter le peuple à entrer dans une démocratie bénéfique et fructueuse pour lui-même.
D’entrée de jeu, les organisateurs de l’activité ont tenu à éclairer les participants présents en vue d’éviter des probables confusions, aussi de leur permettre de relayer le bon message de manière convenable. Ce, tout d’abord, en précisant que l’activité ne renvoyait pas à une conférence de presse – mais plutôt à une session démopédique, soit à une séance pédagogique. Ensuite, en indiquant que CRIDD n’est ni un parti politique à part entière, ni rattaché à un parti politique. Il s’agit simplement d’un Think-tank des académiciens et intellectuels congolais visant la contribution scientifique aux meilleures politiques publiques pour l’accélération du développement et la consolidation de la démocratie en RDC.
Tous optimistes, les têtes d’affiche du centre Ishango prêtent leur voix pour la venue d’un Congo différent d’ici 2023, et un Congo émergent en 2030. Néanmoins, la réinvention idéologique des autorités dirigeantes, des subalternes ainsi que de la population congolaise dans son ensemble, serait la clé de voûte pour l’aboutissement de ce rêve. A en croire Hubert Kabasu Babu, Secrétaire exécutif du CRIDD, l’adoption de la « congolitude » en lieu et place de la « congolité », est la meilleure attitude à prendre. Justement du fait que la congolitude supplante le simple fait de se sentir congolais à cause de la nationalité. Elle tient compte des idéologies et d’un nouvel état d’esprit, voire du dépassement de soi-même. C’est en partie grâce à elle, relance-t-il, que nous avons vécu l’alternance politique dans ce pays, laquelle est sanctionnée par une démocratie libérale.
Par ailleurs, a-t-il renchéri, ‘’chaque vision appelle à des valeurs et des principes. C’est pourquoi, nous pointons notre doigt vers les autorités dirigeantes, car s’ils arrivent à se renouveler, ils pourront impulser leur vision au peuple. Ce faisant de manière directe ou en synergie avec certaines structures, institutions et autorités en contact avec la population‘’.
S’agissant de la ‘’Démocratie libérale‘’ issue de la première passation pacifique du pouvoir en RDC, Hubert Kabasu Babu déclare que l’heure est maintenant de se remettre en question. Ce, en louant cet acte patriotique et responsable de l’ancien Président et en félicitant l’actuel Chef de l’Etat en termes de sacrifices consentis pendant plus de 3 décennies. ‘’Il n’était pas simplement question de célébrer cette cérémonie, mais aussi de prendre le taureau par ses cornes et frapper sur le nœud du problème‘’, a-t-il martelé.
Retombées
Il avance, cependant, que certaines recherches semblent avoir démontré que l’alternance pacifique est fragile et peut s’écrouler facilement. Cette « Démocratie libérale », n’a pas que des avantages, elle comporte également des contraintes non négligeables dont il faut s’occuper d’urgence au risque de faire passer encore la population en victime qui, très souvent est marginalisée et ne bénéficie pas des retombées de cet ordre politique supposé être idéal pour tous, argumente l’intellectuel-académicien.
Compte tenue de ses réalités, le CRIDD a mis en place une série des propositions en faveur de la population congolaise. Primo, il faudrait que les dirigeants prennent en compte le recentrage de la place de la population au cœur du système politique, leur redevabilité à rendre, annuellement ou lors de forums publics, compte de leur gouvernance, l’allocation des ressources équitables. Secundo, qu’il y ait un vrai changement substantiel et structurel. Tertio, enfin, que la Présidence, la Primature ainsi que certaines Institutions législatives amorcent des restructurations managériales et des rationalisations budgétaires concomitantes de l’ordre de 25 à 40%. Ce qui permettrait de dégager des marges à allouer dans l’éducation, les soins médicaux et les besoins agro-alimentaire de la population.
Sur ce, ont affirmé les panélistes, il est impossible de booster les esprits, changer les mentalités et impulser sur les habitudes de la population sans, en amont, faire en sorte qu’elle jouisse des retombées de la «Démocratie Libérale».

Gracia Kindji
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