Dernières publications

L'Etat de droit, tout le monde le sait, requiert de la moralité et de l'éthique dans la conduite des affaires publiques. Si l'outrecuidance de Corneille Nangaa et sa famille, impliqués dans un conflit d’intérêt avec la Centrale électorale, n'énerve aucune disposition légale comme d'aucuns le prétendent, elle n'en vexe pas moins les consciences des personnes éprises de justice et d'équité, autant qu'elle sonne une révolte aux conséquences incalculables.

C’est du moins ce qu’affirme un groupe d’analystes, visiblement des pourfendeurs du Président de la Centrale électorale de la RD-Congo. Aujourd’hui plus qu’hier, le Président de la CENI est sur le banc des accusés, mis en cause pour avoir, semble-t-il, favorisé les membres de sa famille dont son épouse, son oncle et son frère cadet à accéder, sans tourment, aux sièges des assemblées nationales et provinciales lors des dernières élections du 30 décembre 2018. Ces accusations, croit-on savoir, n’auraient manifestement pour objectif que de pousser Nangaa à la démission afin, argumentent ces ‘‘analystes’’, d’éviter de souiller cette institution qu’il dirige, et qui est plus que censée d’être impartiale et sauver encore ce qui reste d’elle.
Rétropédaler…

Corneille Nangaa est-il au service de la CENI ou de sa famille biologique ? S’interroge-t-on dans les milieux de ses pourfendeurs. Car, disent-ils, il y a manifestement un conflit d’intérêt entre ces deux institutions qu’il faut rapidement trancher. Lors des dernières élections, en effet, l’actuel Patron de la Centrale électorale est accusé d’avoir fait de son épouse et de son frère cadet utérin, Christophe Nangaa, respectivement députée national et député provincial. Mais également son oncle, chef coutumier de son état, devenu député provincial. Ce dernier est aussi candidat Sénateur et son jeune frère, candidat gouverneur dans la province du Haut-Uélé. Hasard ou duperie à outrance que toutes ces personnes aient été proclamés sur les listes des regroupements politiques du Front Commun pour le Congo ? Visiblement, s’inquiète-t-on, il y a des atomes crochus qui se joignent à la personne de Corneille Nangaa qui, comme l’institution dont il a la charge, est censé être un arbitre impartial.

Il semble que l'on soit de plein pied dans un conflit d'intérêt caractérisé. Comme si on le poussait à la porte de sortie, les contradicteurs du Président de la CENI soulignent que, sous d'autres cieux, après des révélations aussi troublantes, des têtes tombent aussitôt. Et, les Nangaa seraient normalement eux-mêmes amenés à rétropédaler…

Pour certains, il y a de quoi se méfier des scrutins à venir d’autant plus qu’il risque d’avoir des Sénateurs et Gouverneurs de provinces nommés et donc non élus. Avec l'ampleur que prend de plus en plus cette affaire à rebondissements, qu'adviendra-t-il si au mois de mars prochain, la CENI dirigée des mains de maître par Corneille Nangaa venait à organiser l'élection du gouverneur et vice-gouverneur de sa province natale du Haut-Uélé, à l'issue de laquelle son jeune frère Christophe Nangaa serait proclamé vainqueur ?

Après plusieurs attaques ciblées des médias en ligne, manifestement alimentés par des sources proches de la famille politique bien identifiée sur cette affaire épineuse, sans tarder, le camp Nangaa est vite sorti de sa zone de confort avec une artillerie lourde ayant vocation de clore tout débat. Ce, en utilisant un site d’information pour tenter de ne pas enfoncer ce personnage public d'une noyade programmée. Ça passe ou ça casse.

Fiasco ?

A ce jour, l'opinion est déjà suffisamment gavée des scandales à répétition touchant des caciques du FCC pour qu'on en rajoute une autre couche. Le Directeur de Cabinet de l'actuel Président de la République ne bouderait d'ailleurs pas son plaisir à allonger la liste d’opprobres institutionnalisées en faisant annuler des décrets par-ci et en révoquant par-là. Il y a vraiment de quoi s'engager sur la voie d'une autocensure à travers une catharsis collective des membres du FCC, si tant est que l'on se préoccupe encore d'une survie politique dans le long terme. Mais, Corneille Nangaa aurait-il vraiment rendu des services qui mettent le FCC dans l'obligation compromettante de lui concéder la gestion de sa province d'origine ? Là est la question qui alimente les débats dans les microcosmes politiques, mieux parmi des prétendants à la tête de la province du Haut Uélé. Qui, plus est, indiquent que, en ce qui concerne le profil du fort probable prochain Gouverneur du Haut-Uélé, rien ne renseigne sur son parcours académique et professionnel. Et, d’après les mêmes boutefeux, l'unique œuvre à impact visible portant la signature de Nangaa au Haut-Uélé serait la réfection de la route qui va du kilomètre 33 au départ d'Isiro jusqu'à leur village natale. C'est certes le fruit du lobbying réalisé par Nangaa, mais pas le Nangaa qui est candidat gouverneur. Il s'agirait du Président de la CENI qui avait en son temps obtenu de l'Office des Routes ainsi que du Gouvernement provincial de préfinancer les travaux d'aménagement de ce tronçon, travaux dont le préfinancement est effectivement en instance de remboursement par le FONER.

Christophe Nangaa doit-il être crédité d'une action à impact visible financée par le trésor public, y compris à la demande de son grand frère Corneille Nangaa, ci-devant Président de la CENI ? Faut-il en déduire que c'est le Président de la CENI qui agit finalement par procuration à travers son frère, étant lui-même dans l'impossibilité juridique de postuler à un poste politique ? Tant de questionnement…

Contre-attaque

D’un autre côté, analyse-t-on, l’article paru sur le site d’information ayant pris la cause des Nangaa présente le jeune frère incriminé de Corneille Nangaa, Christophe Nangaa, comme le candidat idéal au gouvernorat de la province du Haut-Uélé. Il est noté que les personnes qui ont été « brillamment » élues dans la famille Nangaa n'ont enfreint aucune disposition légale pertinente. Des lois congolaises qui, apprend-on pour la circonstance, n'interdisent guère à l'épouse légitime d'un Président de la CENI ou à son frère de s'engager dans une compétition où le mari et le frère aîné est l'arbitre attitré et assermenté. Seulement, objecte-t-on, cet arbitre a justement été choisi pour son impartialité, parce que perçu effectivement comme n'appartenant à aucun camp.

Normalement, les congolais sont sensés savoir que Corneille Nangaa a été tiré in extremis des rangs de la société civile. Ce dernier, sorti de la moule de l’Eglise du Christ au Congo avait été présenté par Mgr Marini Bodho aux confessions religieuses pour être désigné et nommé par le Président de la République comme Président de la CENI. Ce, après l’aval de l’Assemblée nationale. Choisi des rangs de la société civile pour être un arbitre aux joutes électorales en RD. Congo, Corneille Nangaa se servirait, regrette-t-on, de ses fonctions de Président de la CENI pour promouvoir ses parents ou membres de famille. Il est donc accusé notoirement de partialité au point que des voix s’élèvent pour dénoncer son comportement ou son action qui met à mal l’institution qu’il dirige.

La Pros.


Les plus lus

  • Semaine

  • Mois

  • Tout