*‘’La menace visant à occuper les sites est un véritable appel à la guerre civile. Il faut renoncer à ce projet macabre pour permettre une confrontation électorale civilisée et conforme aux valeurs de la démocratie.


Les organisations se présentant comme liées aux valeurs chrétiennes telles que le CLC devraient, dans cette période pré-électorale délicate, faire preuve de modération, de tolérance et d’attachement aux principes de paix et de concorde. La jeunesse de notre pays doit se méfier des appels à la violence, même déguisés, en s’investissant dans la préservation de notre démocratie qui, pour progresser, nécessite la confiance de tous aux institutions auxquelles nous avons démocratiquement confiées des responsabilités’’, soutient Jean-Pierre Kambila Kankwende, un des cadres influents du Front commun pour le Congo, la méga plateforme de soutien à Shadary. Dans une tribune libre, il réfléchit, en effet, sur la portée historique de la passation civilisée des pouvoirs à l’issue des prochaines élections dont le point culminant est fixé, désormais, au 30 décembre 2018.

Elections apaisées
(Par Jean-Pierre Kambila Kankwende)
Le climat général est à l’interrogation sur le contexte dans lequel vont se dérouler les élections initialement prévues, le 23 décembre 2018 et qui, pour des raisons connues, ont été reportées au 30 décembre de cette année.
Après avoir observé l’atmosphère dans lequel s’est déroulée la campagne électorale, le commun des mortels aussi bien que les cadres politiques sont en droit de s’interroger sur le climat dans lequel vont se tenir les joutes électorales du 30 décembre 2018.
En lieu et place d’une campagne électorale constructive, mettant en avant ce que l’on compte faire pour le peule, la coalition « Lamuka » notamment s’est investie dans une démarche de préparation à un soulèvement populaire, prêchant la haine à l’endroit de ses adversaires et poussant une certaine jeunesse au vandalisme et à provoquer les forces de l’ordre. La conséquence regrettable de cette incitation à la violence s’est appréciée en de nombreux morts et blessés.
Le « Cash » pour sa part a informé les Congolais que les résultats ne seraient acceptés que si la victoire va du côté de l’opposition.
Des leaders politiques de l’opposition congolaise qui s’étaient érigés ces dernières années en professeur de démocratie, se complaisent maintenant à proférer toutes sortes de menaces susceptibles de remettre en cause la bonne tenue des élections. Après avoir commandité l’incendie d’un entrepôt important de la CENI afin de compromettre la tenue effective des élections ; alors que les plus extrémistes d’entre eux, alliés à des forces rebelles étrangères mettent à feu et à sang le Nord-Kivu, d’autres dans la capitale et à travers le pays ne cessent de propager des menaces contre ceux qui s’apprêtent à voter pour la continuité du pouvoir actuel. Ces mêmes leaders, chacun selon sa méthode, s’emploient à pourrir le climat politique général. Celui-ci installe le doute dans les esprits quant à la paix après les élections, celui-là exclut toute victoire de la partie adverse en promettant la foudre si ceci devait advenir.
La stratégie de l’opposition était d’abord de nier la volonté du Président de la République de laisser organiser des élections sans qu’il ne soit candidat. Dès que celui-ci avait indiqué le nom de son dauphin, le stratagème, cette fois-là, a consisté à s’attaquer à la « machine à voter ». Maintenant que la démonstration est faite que, ce que l’on appelle inconsidérément « machine à voter » n’est en fait qu’un écran tactile joint à une imprimante, nos adversaires, toujours à la recherche d’un prétexte pour discréditer le processus électoral, crient, à qui veut les entendre, qu’ils n’accepteraient aucun verdict dont les éléments seraient transférés, des bureaux de vote au centre de compilation, par la voie électronique.
La République Démocratique du Congo devrait-elle s’exclure de tout progrès technologique ?
Bien plus grave encore, des organisations se présentant sous le label «religieux », de la Société Civile ou comme mouvements dits « citoyens », tous notoirement connus comme proches de l’opposition, incitent leurs militants à ne pas quitter les lieux de vote et à envahir les bureaux au cas où les résultats affichés ne seraient pas conformes aux chiffres de leurs propres appréciations. Sommes-nous encore en démocratie ?
Il faut se poser la question de la légalité, de la légitimité et même de la moralité de ce comportement. La démocratie exige un minimum de respect et de considération pour les institutions et les autorités auxquelles la loi a confié un certain pouvoir. Dans le cas d’espèce, l’organisation des élections incombe à la CENI, seule structure compétente pour comptabiliser, les résultats de chaque bureau, les afficher et les transmettre au bureau de compilation. Envahir les sites électoraux en refusant de les quitter après avoir posé l’acte pour lequel on s’y est rendu n’est pas un acte citoyen, c’est une rébellion. Notre code électoral ne l’autorise pas.
Imaginons un seul instant que les partisans du camp opposé décident aussi d’occuper les mêmes sites électoraux, quels seraient les résultats ? Il n’est pas besoin d’être devin pour prévoir des affrontements.
La menace visant à occuper les sites est un véritable appel à la guerre civile. Il faut renoncer à ce projet macabre pour permettre une confrontation électorale civilisée et conforme aux valeurs de la démocratie.
Les organisations se présentant comme liées aux valeurs chrétiennes telles que le CLC devraient, dans cette période pré-électorale délicate, faire preuve de modération, de tolérance et d’attachement aux principes de paix et de concorde.
La jeunesse de notre pays doit se méfier des appels à la violence, même déguisés, en s’investissant dans la préservation de notre démocratie qui, pour progresser, nécessite la confiance de tous aux institutions auxquelles nous avons démocratiquement confiées des responsabilités.

Jean-Pierre Kambila Kankwende


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