*Tu me tiens, je te tiens. Kamerhe-Tshisekedi forment, enfin, un ticket. Ils croiseront le fer avec Shadary, Fayulu, Badibanga et consorts, le 23 décembre 2018.

Nouveaux horizons ?

Depuis Nairobi où ils sont allés s’inspirer du modèle de M. Uhuru Kenyatta et Raila Odinga, Kamerhe, toujours vital, est passé aux actes.

Après d’âpres concertations amorcées depuis Bruxelles, juste après qu’ils se soient successivement désengagés de l’Accord conclu à Genève alors qu’ils cogitaient encore au nombre de sept leaders seniors de l’Opposition, y compris quelques recalés ou invalidés, Kamerhe et Félix Tshisekedi sont, enfin, parvenus à accorder les leurs violons. Ils parlent, en principe, d’un ticket gagnant, celui de l’UDPS collée au sort de l’UNC face aux impératifs aussi risqués que fastidieux des élections du 23 décembre 2018. Hier, en effet, peu avant le crépuscule, c’est Kamerhe qui, lors d’une déclaration solennelle, a dévoilé le contenu de leurs derniers réglages. ‘’C’est Félix Tshisekedi. C’est bien lui qui sera le candidat commun de notre ticket’’, soutient-il.

A Genève, si un tel ticket avait été annoncé, ‘’je pense que le peuple aurait gratifié les participants à ces assises-là, même si elles s’étaient tenues à Genève ou au ciel, d’une salve d’applaudissements. Des cris, de chance et autres scènes de joie auraient été enregistrées, confie, dans un langage courant et accessible à tous, Kamerhe aux médias qui furetaient autour de leurs lieux de tractations. Et maintenant, à quand le retour ? Mystère. Mais, cela ne saurait plus tarder. Car, l’essentiel est fait. Les points, s’il faut les appeler ainsi, ont été mis sur les ‘’i’ et les barres sur les ‘’t’’.

Opposition, monstre à plusieurs têtes

Ce qui reste, en effet, au regard de cette nouvelle avancée est que l’Opposition, loin s’en faut, est plus que jamais divisée. Fayulu Madidi, soutenu par la bande à Moïse Katumbi, Muzito, Bemba et consorts, et, de l’autre côté, Félix Tshisekedi qui, certes, bénéficie d’un potentiel électoral important du fait de l’aura de son père, Etienne Tshisekedi wa Mulumba, décédé à Bruxelles, le 1er février 2017 vers 17h52’ à la Clinique Sainte Elisabeth et dont le corps, nonobstant l’accord conclu entre sa famille politico-biologique et le gouvernement, n’a été, jusqu’ici, ni rapatrié à Kinshasa, ni inhumé à N’sele. Mais, les deux, pris séparément ou ensemble, devront, à leur tour, se retrouver sur le même terrain miné face aux autres opposants dont certains évoluent comme des électrons libres. Samy Badibanga, Théodore Ngoy, Noël Tshiani Muandiamvita, Yves Mpunga, Alain Daniel Shekomba, Gabriel Mokia, Marie-José Ifoku figurent aux premières ou dernières loges de la caste réservée aux opposants, dans cette course aux pots au rose pour la conquête du strapontin présidentiel, à l’issue des joutes électorales du 23 décembre 2018.

Page tournée…

Quoi qu’il en soit, la campagne est lancée. Le temps passe à la vitesse de la lune. Ce qui reste, apparemment, c’est de prendre le taureau par les cornes. D’ailleurs, les discussions sur les programmes communs et candidats communs, à l’allure où vont les choses, répondent, plutôt, à des questions mineures, par rapport à la problématique de la machine à voter, du fichier électoral contenant des brebis scrofuleuses, près de six millions d’électeurs indésirables, de la crédibilité des élections, de la fiabilité des résultats et, même, de la bataille pour le lourd contentieux électoral dont le spectre se profile indubitablement à l’horizon.

Les Evêques, dans leur dernière déclaration d’hier, l’ont si bien stigmatisé lorsqu’ils insistent, particulièrement, sur la tenue des élections crédibles pour une alternance réellement démocratique en RD. Congo.

LPM


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