*Le temps passe tellement vite que chacun veut y mettre du sien, pour la victoire de son camp. Même s’il est Président de la République et, donc, en tant que tel, il est appelé à demeurer au-dessus de la mêlée, Kabila encore et toujours lui ne déroge pas à la loi de la compétition électorale dont l’échéance du 23 décembre devient plus que déterminante.

Tel, un funambule, il poursuit sa trajectoire jusqu’au bout. Jeudi 22 novembre 2018, il s’est jeté, lui-même, dans le bain des empoignades électorales, alors que la campagne électorale, selon le calendrier publié par la CENI, le 5 novembre 2017, devait, en principe, commencer à minuit. Il était question, pour lui et les sociétaires du Front commun pour le Congo de procéder à une sorte de réarmement moral, avant d’affronter le sprint final. Deux directives principales seront retenues à l’aune de cette rencontre de haute portée stratégique qu’il a initiée et présidée personnellement ce jeudi à Kingakati, dans la périphérie de Kinshasa, le cœur de la RD. Congo. D’abord, selon Kabila, battre une véritable campagne, à la manière d’une machine broyeuse, pour le triomphe incontestable de Shadary ainsi que de tous les candidats alignés par le FCC. Puis, se battre pour la matérialisation de l’ambitieux programme de développement et de la restauration de la dignité du congolais, tel qu’il l’avait présenté, dernièrement, au Pullman Hôtel, dans la commune référentielle de la Gombe.

Décor

L’indépendance doit être parachevée, la lutte de nos pères, Patrice Emery Lumumba, Mzee Laurent-Désiré Kabila et Simon Kimbangu, cette lutte-là n’est pas encore achevée’’, a déclaré en substance, Joseph Kabila Kabange, Président de la République Démocratique du Congo, le jeudi 22 novembre dernier en pleine concertation avec les cadres du FCC’’.

Les chefs des regroupements politiques et partis membres du comité stratégique de campagne du FCC ont été déportés du centre-ville vers un milieu péri-urbain, à Kingakati, à la demande du Président Kabila, en vue d’être briefés sur les éventuelles pistes à l’aide desquelles, la campagne électorale dont le go a été déjà donné, devra être menée avec efficacité pour les emporter, sans coup férir, ni fioriture.

En effet, lors d’une réunion urgente à la ferme présidentielle, Kabila Joseph a donné des directives précises. En quelques lignes, le Garant de la nation s’est fait entendre. Pour ce faire, il a énuméré 3 consignes précises, claires et nettes. Celles-ci sont formulées autour de 3 mots clés dont l’humilité, le bilan et la vision. Dans ses propos, renseigne Lambert Mende Omalanga en sa qualité de Coordonnateur de la cellule de communication de l’équipe de campagne du Dauphin- Kabila, Emmanuel Shadary, l’autorité morale et leader du FCC s’est engagé personnellement dans cette lutte pour la conquête du pouvoir. Décidé, renchérit-il, ‘’le visionnaire premier de notre plateforme politique exhorte tous les candidats à battre sérieusement campagne pour remporter les élections prochaines’’. Car, dit-il, ‘’ il ne s’agit pas simplement de gagner pour gagner mais plutôt, de gagner pour une vision’’.

’’ Nous sommes tranquilles, nous abordons cette campagne avec beaucoup d’humilité parce que nous avons un bilan à présenter. Nous sommes totalement décomplexés, au regard de ce que nous avons fait pour ce pays. Notre campagne sera axée autour de notre vision pour ce pays. Une vision toute entière tournée vers l’autodétermination du Peuple Congolais descendants de Lumumba. Et nous savons qu’à cet égard, nous sommes en phase avec la majorité des RD-Congolais’’, dixit Lambert Mende, comme pour paraphraser son autorité morale.

Pour Kabila, ne pas se représenter ne constitue aucunement un frein à sa vision. En tant que chef d’une famille cohorte, il compte sur ses lieutenants. C’est, d’ailleurs, en ce sens qu’il s’est personnellement investi dans sa mobilisation à la conquête du pouvoir, non seulement au niveau de la présidence mais aussi, à celui des législatives nationales et provinciales. Le Président sortant tient, à tout prix, à continuer sa vision, à achever sa démarche et, surtout, à parachever l’indépendance ; puisqu’il s’identifie comme étant le continuateur des grands combats des pères de l’indépendance. A chaque chose, son temps, dit-on. Le moment était bien choisi. Ce message aussi simple, au lendemain du lancement officiel de la campagne, fait preuve d’élément important de campagne. Connu par sa nature calme et sereine, les propos du Président du Congo-Kinshasa arrivent le plus souvent comme pour confirmer certaines pensées qui, si souvent, lui sont attribuées.

Shadary, l’incarnation…

A suivre de près, le contenu de son message laisse penser que Shadary serait l’incarnation de sa vision politique ou, mieux, l’Aaron de sa marche politique. Ceux qui estiment que le mandat de Kabila était bénéfique, il n’aurait rien à craindre si Shadary remportait la coupe électorale. Par ailleurs, pour ceux qui considèrent le règne de l’occupant actuel du Palais de la Nation comme une calamité et un calvaire, l’enfer ne ferait, peut-être, que se prolonger un peu plus.

Toutefois, ces assises de Kingakati ne seraient qu’une des preuves de la détermination de Kabila pour la tenue des suffrages du 23 décembre 2018.

Déjà, le mercredi 21 novembre dernier, Nangaa a lancé officiellement la campagne au Palais du peuple. Jeudi 22 novembre, comme une suite logique d’une marche millimétrée, Kabila, à son tour, s’y lance et bat le rappel des troupes.

Dernière ligne droite

Ainsi, une chose est sûre. Tenez ! La campagne électorale est lancée pour toutes les parties prenantes. A chacun d’en faire ce qu’il veut, pourvu qu’il reste sur les bornes tracées par la loi électorale ainsi que le code de bonne conduite. Décidément, le chronomètre est déjà en marche. Le 12 janvier 2019, le tout nouveau locataire, si la CENI ne change pas d’almanach, sera connu. Ce sera, semble-t-il, le cadeau du père Noël, ce jour-là.

La Pros.


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