*A-t-il choisi de jouer seul, d’y aller envers et, parfois, contre tous, de faire cavalier solitaire, en acceptant la participation de l’Udps à la présidentielle jumelée aux législatives nationales et provinciales du 23 décembre 2018, avec ou sans machine à voter ?

Pourquoi fait-il flèche tout bois à tel point qu’il devient l’épicentre de toutes les critiques, observations et autres remontrances de la part des autres opposants ? Au juste, que veut faire l’Udps ? Jusqu’où irait Félix Tshisekedi, dans cette nouvelle démarche qui, apparemment, le met en porte à faux contre les stratégies de l’ensemble de l’Opposition, alors que très bientôt, plus précisément, le 22 novembre, dans vingt jours, la campagne électorale sera lancée ?


Il doit s’expliquer. Et, il en a l’intérêt. Félix Tshisekedi, 55 ans, aurait secoué le panier qui porte les abeilles. Car, depuis que l’Udps, son parti, a levé l’option de sa participation aux élections du 23 décembre prochain avec ou sans machine à voter, il est accusé de tous les péchés d’Israël. Tous les noms d’oiseaux ainsi que des épithètes aux accents négatifs lui sont collés à la peau, comme s’il avait tué à l’artillerie lourde, toute l’Opposition.

Et, pourtant, lui-même, dans un tweet récent, parle plutôt d’une divergence des vues sur la meilleure stratégie à adopter pour remporter la victoire lors des joutes électorales. Il y disait également qu’à cette question de la participation aux élections, il fallait y associer celles sous-jacentes de la machine à voter, du fichier électoral corrompu, de la crédibilité et de la transparence des élections. Même s’il avait promis d’éclairer les lanternes de l’opinion à ce sujet, les débats se cristallisent. Alors que la date n’est pas encore fixée, le stade Tata Raphaël a été, néanmoins, pointé, pour ce faire.

Dans l’entretemps, des envolées oratoires, des diatribes et autres invectives font bon ménage au sein de l’Opposition. Certains sont allés jusqu’à s’insulter mutuellement sur des créneaux devenus très prisés des réseaux sociaux. Des plateformes et partis politiques de l’Opposition se promettent la misère et des répliques à coups des mortiers. La haine glaciale, les teintures métissées et autres positions des nez, sont venues empoisonner le climat et déchirer le petit tissu de confiance que les uns et les autres avaient, depuis quelques années de coexistence, difficilement rabiboché. Le calme précaire a vite cédé au vent impétueux de la cacophonie. Si bien qu’à ce stade, Félix Tshisekedi passe, aux yeux de ses détracteurs, pour un trouble-fête, un perturbateur. Chose que Kabuya, Kabund et Mutombo Cyaji ne peuvent nullement accepter, de leur vivant.

Eux comme Félix Tshisekedi, d’ailleurs, le ton et clament l’innocence face à toutes les accusations ourdies ça et là contre la stratégie de l’Udps. Aux dernières nouvelles, ils soutiennent que le Parti d’Etienne Tshisekedi wa Mulumba, le Sphinx dont le corps n’a même pas encore été rapatrié à Kinshasa, ni inhumé à N’sele, tel prévu dans le protocole d’accord du 21 avril 2018, n’a aucune leçon de boycott des élections à recevoir de quiconque dans ce pays. Et que cette fois-ci, ils ont décidé de ramer à contre-courant, en allant aux élections pour ne pas cautionner un énième glissement au sommet de l’Etat. Une telle solution apparaît comme étant la moins mauvaise, pour consacrer l’alternance démocratique et éviter, à les en croire, toute perspective de report des élections.

Sans doute que lorsque les dés seront jetés, le jour du meeting de vérité, Félix Tshisekedi, tout feu, tout flamme, crachera des balles chaudes sur les figures de tous ses pourfendeurs. Tout en ayant l’esprit l’idée de la sauvegarde de l’unité, il s’efforcera, d’une manière ou d’une autre, de convaincre.

Déjà, à l’Udps, les combattants parlent d’un meeting de pédagogie publique, d’un moment de repêchage ou, simplement, d’une séance d’exorcisation de tous les vieux démons de la division. Mais, tout ceci devrait arrondir les angles pour ne pas gêner les options de Pretoria qui prévoyaient le choix d’un candidat commun de l’Opposition, d’ici le 15 novembre 2018, au plus tard. Au demeurant, l’unique question qui se posera, peut-être, est celle de savoir quelle serait l’attitude de Félix Tshisekedi si, en dépit de pronostics des sondages, les autres collègues le choisissaient pas, lui, comme candidat commun ?

LPM


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