*Enfin, le Bureau définitif de l’Assemblée nationale a été voté et installé hier, mercredi 24 avril, dans la salle de Congrès du Palais du Peuple, siège du Parlement Congolais.

Ayant obtenue 375 voix sur 383 votants, c’est donc Jeanine Mabunda Lioko du Pprd qui tiendra le marteau. Elle sera secondée par Jean-Marc Kabund-A-Kabund de l’Udps en qualité de 1er Vice-président qui, lui, a été élu avec 350 voix. La majorité parlementaire constituée des camps politiques Front Commun pour le Congo et Cap pour le Changement est de mieux en mieux effective à travers ce duo plébiscité dès le départ, qui dirigera l’Assemblée nationale les cinq prochaines années.

Elle est la première femme qui occupe ce poste en RD. Congo. Si, pour les uns, c’est une question de genre dans la lutte pour la parité homme-femme, pour l’ancienne ministre du portefeuille, cependant, ‘’je n’ai pas été́ proposée parce que femme mais, plutôt, comme une actrice politique à part entière… Je veillerai à ce que l’opposition parlementaire joue son rôle, dans le respect des droits, libertés et devoirs garantis par la Constitution ainsi que la loi organique portant statut de l’opposition politique‘’, avait-elle déclaré la veille du vote.

Le quorum étant atteint avec 383 Députés nationaux, sans ceux de l’opposition qui ont maintenu leur décision de ne pas participer à ce processus électoral qui «rappelle le beau vieux temps du stalinisme et des partis-Etat», le président du Bureau provisoire de l’Assemblée nationale, Pierre Maloka, a lancé le début des opérations des votes aux alentours de midi. Un seul point était inscrit à l’ordre du jour : élection et installation du Bureau définitif de l’Assemblée nationale. Au podium de l’historique et majestueuse salle, il y avait 6 isoloirs et 6 urnes naturellement placés en raison des 6 postes qui composent ledit bureau. Après le retrait de la candidature d’Henry Thomas Lokondo, en tant qu’indépendant, pour la présidence de l’Assemblée nationale, il ne restait plus que des candidats uniques alignés pour chaque poste le jour du vote.

Nouvelle donne
Jeanine Mabunda Lioko, le choix de l’ancien président Joseph Kabila, est élue président de l’Assemblée nationale avec 375 voix. Jean-Marc Kabund, président intérimaire de l’Udps et Boniface Balamage Nkolo, co-fondateur du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD), plusieurs fois ministre et ancien sénateur, sont respectivement élus 1er et 2ème Vice-présidents avec 350 voix chacun. Tandis que le poste de Rapporteur revient à Célestin Musao, Secrétaire général académique honoraire de l’Université de Kinshasa, élu avec 372 voix. Alfani Machozi Marie-Claire est élue Questeur avec 371 voix et Innocent Unyon, Questeur adjoint avec 371 voix également.
Cette élection est pour plusieurs Députés nationaux le symbole du go définitif de la présente législature. Et dans quelques jours, comme l’a annoncé le Président de la République à Kisangani, le Premier Ministre sera bientôt nommé, lui et son gouvernement. Ce qui relancera le cycle normal du fonctionnement de la République, assez boiteuse jusque-là.

En effet, les trois premiers mois qu’aura consommés Félix Tshisekedi à la tête du pays ont été émaillés de plusieurs failles dues notamment, à l’instabilité des principales Institutions de gouvernance, d’exécution et de suivi. Investi le 24 janvier 2019 au Palais de la Nation, le chef de l’Etat s’est attelé le plus rapidement possible à nommer et installer confortablement les membres de son cabinet de travail, aussi costaud que son programme de société et de gestion du pays. Chapeauté par Vital Kamerhe, l’autre face de la coalition CACH, ce cabinet joue presque le rôle du gouvernement au détriment des alliés de Kabila.

L’opposition boycotte
Alors que le vote se déroulait à l’hémicycle, les Députés nationaux de l’Opposition n’y ont pas participé et se sont réunis pour fustiger le fait que le Bureau définitif fait tenir l’élection des membres du Bureau définitif de l’Assemblée nationale sans l’Opposition parlementaire «en violation flagrante des dispositions de la loi organique portant statut de l’Opposition politique en République Démocratique du Congo ainsi que du Règlement intérieur de l’Assemblée nationale».
Compte tenu de cette situation, l’opposition parlementaire informe avoir saisit le Conseil d’Etat de sa requête en annulation, pour violation de la loi, de la décision de l’Assemblée plénière attribuant à la Majorité 6 postes au Bureau définitif contre un seul, celui de Rapporteur adjoint, à l’Opposition. Mais aussi celle du Bureau provisoire portant calendrier de l’élection du Bureau définitif. Cependant, elle entend entreprendre dans les prochains jours la même démarche auprès des instances interparlementaires africaines et internationales.

Mabunda, la femme technocrate
Jeanine Mabunda Lioko Mudiayi est une femme technocrate de la République Démocratique du Congo. Elue Députée Nationale de Bumba en 2011 (province de l’Equateur), elle a été nommée en juillet 2014 Représentant Personnel du Chef de l’Etat en charge de la lutte contre les violences sexuelles et le recrutement d’enfants.
Détentrice d’une licence en droit de l’université Catholique de Louvain « cum laude » et une licence en Sciences commerciales de l’Institut Catholique des Hautes Etudes Commerciales (ICHEC) de Bruxelles, Madame Jeanine Mabunda Lioko Mudiayi a commencé sa carrière professionnelle en 1988 à la Citibank Congo comme Account Officer, chargée des Relations avec les grands comptes et analyste crédit.

De 1993 à 1995, elle supervise la direction commerciale de l’entreprise African System (ASYST) en RDC et de 1997 à 2000, elle est Conseillère du Gouverneur de la Banque Centrale du Congo (BCC). C’est à ce titre, qu’elle participe aux négociations entre la BCC et les institutions de Breton Woods, à savoir la Banque Mondiale et le Fonds Monétaire International (FMI) en matière de politique de développement.
En 2002, elle est nommée Administratrice-Déléguée Général du Fonds de Promotion de l’Industrie (FPI). Durant son mandat de 5 ans à la tête du FPI, cette institution a amélioré ses performances par la construction d’un nouveau siège social financé sur fonds propres, l’augmentation de l’octroi des crédits du FPI en faveur des entreprises dans le monde rural, l’amélioration du taux de recouvrement des prêts et la réduction de son déficit.

Après le FPI, Madame Jeanine Mabunda est désignée Ministre du Portefeuille de 2007 à 2012 et entreprend courageusement la réforme des entreprises publiques de la RDC dans un contexte socioéconomique plein de défis. Depuis 2013, elle siège au conseil d’Administration de la société minière Randgold Resources listée à Londres.
En mars 2013, elle participe avec d’autres femmes à la campagne «coup de sifflet» pour mettre fin aux violences faites aux femmes par les groupes armés. Dans son numéro double du 28 décembre 2014, «Jeune Afrique» l’a répertoriée parmi les 50 femmes africaines les plus influentes sur le continent Africain.

La Pros.


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