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Après sa participation effective et fructueuse à la deuxième table ronde nationale sur la gratuité de l’éducation de base, Thomas César Mesemo Wa Mesemo, Ministre provincial en charge de l’éducation, jeunesse, culture et arts, sports et loisirs dans la province de la Tshopo, a, au cours d’une interview accordée à La Prospérité, le week-end dernier, profité pour faire l’état des lieux du secteur éducatif de sa province.

Passionné et soucieux de la bonne formation de la jeunesse congolaise, en général, et celle de la Tshopo, en particulier, ce dernier ne jure que par la viabilité et la fiabilité des écoles. Bien plus, il insiste sur un enseignement de qualité à dispenser par des enseignants bien formés et qualifiés. Ainsi, l’occasion faisant le larron, ce ministre multisectoriel a procédé à la restitution de ce qu’a été le rendez-vous de la deuxième table ronde. «La gratuité de l’enseignement primaire sera effective», a-t-il lâché, au sortir du forum.

La Prospérité : Quel est l’état de santé du secteur éducatif de la Tshopo?
Thomas César Mesemo wa Mesemo : Dès notre prise de fonctions, nous avons constaté la prolifération des écoles privées qui fonctionnent hors normes. C’est ainsi que nous avons entrepris un contrôle des écoles fiables et viables. Nous avons pu visiter en 14 jours, 356 écoles. De ce nombre, nous avons trouvé des écoles non viables et non fiables. Et, nous avons fait notre rapport à Son excellence Monsieur le Gouverneur de province. On a présenté ledit rapport au conseil des ministres. Il revient à son Excellence Monsieur le Gouverneur de prendre des décisions par rapport au secteur de l’éducation comme nous l’avons observé durant notre tournée. Parce qu’il y a des choses qui ne sont pas du tout acceptables. Il y a des écoles où les promoteurs ont pris l’éducation comme un marché d’échange mais, pas pour un but éducatif. Lorsqu’on néglige l’éducation de base, donc, on néglige le développement de toute une nation.
La Pros. : Quels sont les défis à relever au cours du présent mandat?
TCMM: Nous aimerions qu’il y ait des contacts permanents avec les techniciens. C’est-à-dire, qu’il y ait la formation continue des enseignants et des chefs d’établissements. Il faut que les inspecteurs soient motivés à aller régulièrement aux fins fond, afin qu’on ait les enseignements de qualité et qu’on ait des enfants très bien formés par les enseignants. On doit éviter à ce qu’il y ait négligence dans ce secteur. Car, il est un secteur clé du développement de toute la nation.
La Pros. : que doivent attendre les Tshopolais?
TCMM : La population de la Tshopo doit attendre de nous à ce qu’on ait des écoles viables et fiables. Qu’on ait des enseignants qui ont cette vocation de transmettre leur connaissance… qu’on forme la nouvelle jeunesse avec des enseignants qualifiés puisqu’ils sont l’avenir du pays et de la province. Nous devons poursuivre la formation continue des enseignants. Car, dans le programme quinquennal du gouvernement, il est signalé qu’on doit créer des nouvelles écoles. Réhabiliter celles qui sont dans des milieux ruraux avec des tôles et les équiper en bancs et pupitres.
La Pros. : Que pouvons-nous retenir au sortir du forum?
TCMM: Ce que vous pouvez retenir est que la gratuité sera effective cette année scolaire 2019-2020 pour l’éducation de base. C’est-à-dire de la première année primaire jusqu’à la huitième année. Donc, il y aura l’effectivité de la gratuité.
La Pros : Au cours de ces deux jours, quel a été votre apport ?
TCMM : Oui, je faisais partie de la commission de financement. Là où, nous avons essayé de chercher qu’est-ce qui peut contribuer afin qu’on ait d’autres sources de financement pour appuyer l’éducation. D’où, nous avons proposé la création d’un impôt de solidarité pour l’éducation. Parce que dans d’autres pays, il y a des fonds et des impôts qui sont directement affectés pour l’éducation. Ce qui fait que dans beaucoup pays de l’Afrique australe, la pression de la charge de l’éducation n’est pas subie par des ménages comme c’est le cas chez nous en Rd. Congo.
La Pros. : Pensez-vous que le Gouvernement prendra-t-il en compte toutes ces recommandations ?
TCMM : Oui, certainement! Il y a eu la lettre de Son Excellence Monsieur le Président de la République qui a confirmé la prise en compte des résolutions et recommandations qui seront prises après ces assises. Donc, le Président est déterminé à l’application stricte des recommandations des assises de la deuxième table ronde sur la gratuité de l’éducation de base.
La Pros. : Un mot au Gouverneur de la Tshopo?
TCMM : J’encourage son Excellence Monsieur le Gouverneur puisqu’il est déterminé afin que la Tshopo puisse décoller. Cela fait plusieurs années qu’on est en train de patauger. Mais, avec son Excellence Me Louis-Marie Wale Lufungula, nous osons croire que la Tshopo va effectivement décoller vue sa détermination. Déjà, lors de sa prise de fonctions, nous commençons à sentir les effets d’un courageux qui est déterminé à changer l’image de la Tshopo.
La Pros. : Mot de la fin ?
TCMM : Je dis merci au Journal La Prospérité de m’avoir accordé cette opportunité de m’exprimer. Et, j’ose croire que dès mon retour, il y aura un partenariat entre votre Journal et le ministère provincial de l’Epsp de la Tshopo.

Propos recueillis par Lambert Saïdi