‘‘Marier votre fille ou garçon avant ses 18 ans réduit ses chances d'un avenir meilleur. Donnez-lui les moyens d'achever ses études’’.

C’est un des messages clés sur le genre, adressé non seulement à l’endroit des parents, mais également des jeunes filles et garçons, le vendredi 9 août dernier, au cours d’une conférence-débat, à l’Institut Supérieur Pédagogique de la Gombe. Organisés par le Ministère du Genre, Enfant et Famille, en collaboration avec l’initiative «Femmes et Hommes, progressons ensemble», ces échanges étaient principalement axés sur le droit des femmes, leur participation aux décisions politiques ainsi que la question du genre. Dans les jours qui viennent, ces sensibilisations vont s’étendre à travers d’autres universités et instituts supérieurs dans le pays.

‘’La meilleure façon de bénéficier d’un droit, c’est de le connaître‘’, a laissé entendre Annie Kenda, experte en Genre & Droits humains. Elle a interpellé la jeune fille sur l’existence de plusieurs textes de loi relatifs à la parité mais aussi aux violences sexuelles. Il est plus que temps, selon elle, de travailler le mental des femmes pour qu’elles se reconnaissent comme étant un être humain au même titre que l’homme.
Le genre, a-t-elle expliqué, fait référence aux rôles, responsabilités, relations, comportements de l’homme et de la femme, qui résultent du processus de socialisation. Le genre est variable d’une culture, d’une période à une autre. Il renvoie à ce qui est considéré comme féminin, comme masculin dans une société.

Succinctement, le genre met l’accent sur le développement des hommes et des femmes car, les rapports homme/femme, riche/pauvre sur une base inégale freinent le développement des communautés et des peuples.
La société, la famille, la communauté, l'école, les médias, la religion et l'Etat ont tendance à perpétuer la construction traditionnelle des rôles et relations de genre. Cependant, pour améliorer, habiliter des groupes désavantagés et changer les relations inégales de pouvoir, il est important, entre autres, d’accorder une place à la participation des femmes, des hommes, des filles et des garçons.
Parmi les des stratégies efficaces de mise en œuvre du genre, il est également question de renforcer les capacités des hommes et des femmes à participer dans des domaines non traditionnellement masculins ou féminins. Mais aussi favoriser une prise de conscience de genre au niveau de différents acteurs des programmes.

Résignation de la femme
Il a été relevé au cours de ce forum, que le contrôle du pouvoir représente le facteur le plus déterminant dans les relations entre les hommes et les femmes. Il est à l'origine de différences de condition, de participation, d'accès aux ressources et au développement, de contrôle des biens, de pouvoir de décision entre les femmes et les hommes.
Par ailleurs, plusieurs facteurs renforcent les violences basées sur le genre tels que le poids de la tradition et des coutumes, le manque de confiance dans les capacités de la femme, la résignation de la femme, des problèmes d'éducation, l'orgueil masculin, l'abus de pouvoir, l’impunité, etc.

En RDC, la violence se produit dans les zones de conflit et de non-conflit. Abus et exploitation sexuelle, harcèlement sexuel, violence conjugale, pratiques traditionnelles néfastes, dénis de ressources et d'opportunités ont lieu dans les écoles, les foyers, les lieux de travail et dans les espaces publics à travers le pays.
Les églises, les médias, les ONG et réseaux communautaires restent des canaux importants pouvant mobiliser les communautés en faveur de la promotion du genre au sein de leurs structures et dans les familles. Ils doivent notamment, initier, organiser et/ou participer à des actions de sensibilisation, de formation sur le genre.

Comportements néfastes
Les intervenantes ont dénoncés des comportements plutôt néfastes observés dans la vie courante. Certains parents favorisent la scolarisation des garçons au détriment de celle des filles. Certains chefs de poste conditionnent aux faveurs sexuelles la garde à vue des femmes en dehors de cachots. Des enseignants conditionnent la réussite des filles à des faveurs sexuelles, et tant d’autres cas…

Retenons que le gouvernement de la République Démocratique du Congo a lancé en 2014 l’initiative «Femmes et Hommes, progressons ensemble» pour lutter contre les Violences Basées sur le Genre (VGB) dans les provinces de Kinshasa, de Bandundu et du Maniema. Cette initiative comporte quatre composantes, mises en œuvre avec l'appui de l'Union Européenne (UE), en partenariat avec le Fonds des Nations Unies pour l'Enfance (UNICEF) et la Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ).

Boris Luviya