C’est depuis décembre 2016 que l’alternance démocratique tant attendue en RD. Congo aurait dû avoir lieu. Après deux dialogues politiques, à la Cité de l’Union Africaine puis au Centre Interdiocésain à Kinshasa, de même que plusieurs manifestations de rue ayant entraîné mort d’hommes et d’importants dégâts humains, plusieurs millions d’électeurs congolais sont allés voter, ce dimanche 30 décembre 2018, hormis ceux des territoires de Béni, Butembo et Yumbi.


La veille de ces scrutins combinés, la présidentielle couplée aux législatives nationales et provinciales, Joseph Kabila a anticipé son message de vœux à la Nation pour appeler les parties prenantes au processus électoral au respect des règles du jeu. Selon le Président de la République sortant, seule la Commission électorale nationale indépendante (CENI) est habilitée à proclamer les résultats des élections et, in fine, la Cour constitutionnelle.
Ce même week-end, des diplomates de la SADC se sont totalement impliqués pour que les différents protagonistes, en l’occurrence, les trois présidentiables les plus en vue, Emmanuel Ramazani du FCC, Félix Tshisekedi de CACH et Martin Fayulu de la Coalition LAMUKA, ainsi que la Centrale électorale signent un document attestant qu’ils se soumettraient au verdict des urnes. Shadary et Nangaa ont apposé leurs signatures sur le document «non amendé» alors que les deux ténors de l’Opposition ne l’ont pas signé. En cas de défaite, Fayulu et Tshisekedi accepteront-ils le verdict des urnes ?
«On gagne et on gagne». Tel est le slogan du FCC qui soutient le Dauphin de Joseph Kabila. Pour le camp du pouvoir en place, Shadary est, d’ores et déjà, le nouveau locataire du Palais de la Nation avant la proclamation des résultats provisoires prévus pour le 6 janvier, suivis des résultats définitifs en date du 15 janvier 2018. Ils n’envisagent même pas un seul instant perdre ces élections. Feu le Président Omar Bongo du Gabon n’avait-il pas prophétisé qu’on n’organise pas les élections pour les perdre ?
Côté Opposition, la Coalition LAMUKA accuse le pouvoir de Kinshasa et le FCC d’avoir amputé leur champion, Martin Fayulu, de son électorat de Beni, Butembo où il avait récolté un grand succès lors du lancement de sa campagne électorale. Plus ou moins 1,2 millions de Congolais n’éliront pas leur nouveau Président de la République en raison de l’insécurité et de l’épidémie d’Ebola. LAMUKA et CACH qualifient ces prétextes de «fallacieux». En outre, la controverse sur l’usage de la machine à voter et les 10 millions d’électeurs présumés fictifs va continuer d’amplifier le spectre de la contestation des résultats au lendemain du déroulement de ce troisième cycle électoral qualifié d’historique par le Président Kabila.
Au sortir des bureaux de vote, chaque camp politique revendique, naturellement, la victoire. Jusqu’à ce que la Cour constitutionnelle se prononce sur les résultats définitifs, la contestation du verdict des urnes ne se transformera-t-elle pas en chaos ou crise institutionnelle ?
«Que la Grâce de notre Dieu et sa Paix demeurent sur la République démocratique du Congo», avait ainsi conclu Joseph Kabila lors de son adresse à la Nation.

La Pros.