Décidément, tous les acteurs du processus électoral en cours sont frappés à tort et à raison, d’une manière ou d’une autre.

En lieu et place d’être une bataille des urnes purement égalitaire, ces élections sont actuellement un champ de tir où chacun emploi l’art ainsi que la manière des coups hauts et des coups bas pour anéantir, alors complètement, l’adversaire politique qu’il considère comme un ennemi intrépide. La main extérieure, noire pour certains et blanche pour d’autres, agit encore et toujours dans les moments les plus importants de la situation générale du pays, et pendant que l’on s’y attend le moins.
Le chemin vers les élections du 23 décembre 2018, qui est de plus en plus étroit, souffre de la défaillance démocratique à plusieurs niveaux et les opposants en sont les premières victimes. Déjà, la campagne électorale se déroule sous une tension de ‘’tu me tiens, je te tiens‘’, dont le camp du régime jouit de certaines priorités vraisemblablement de manière peu légale. Alors que certains candidats président de la République sont privés de plusieurs droits, le postulant du FCC, lui, vient de se faire davantage coincé entre deux murs par le Conseil de l’Union européenne qui a prolongé jusqu’au 12 décembre 2019, les sanctions contre 14 autorités congolaises dont il fait partie. Un Président prisonnier ? Ramazani Shadary qui est en pleine campagne pour tenter de remplacer son mentor à la magistrature suprême, se voit déjà être bloqué par le gel des avoirs et une interdiction d’entrer dans les pays de l’Union Européenne. Ce, après que le gouvernement de la République, par le biais du Ministère des Affaires Etrangères, ait demandé la levée desdites sanctions adoptées les 12 décembre 2016 et 29 mai 2017 en réponse à l’obstruction du processus électoral et aux violations des droits de l’homme.
Le schéma est simple : au cas où l’opposition congolaise ne bénéficierait toujours pas de la liberté nécessaire pour exercer sa politique comme il se doit, principalement pour ce qui est du processus électoral, le régime en place aura donc gagné le pari de continuer à occuper les locaux du Palais de la Nation. Premièrement, les résultats seront contestés pour le manque de crédibilité des scrutins, ajouté à celui du manque de fiabilité des résultats lié notamment, à la MAV et au fichier électoral corrompu. En second lieu, comment Shadary peut-il diriger le pays avec des sanctions de l’UE sur le dos ? Quand bien même celle-ci promet de réexaminer ces sanctions à la lumière et à la suite des élections, et se tient prêt à les réajuster en conséquence, le poids pèse plus que jamais dans le camp du Président Kabila qui, l’on suppose, ne regrette pas encore son choix.
Le 23 décembre est inévitable, certes. Les premiers observateurs électoraux de la SADC sont déjà à Kinshasa. Mais, ces élections méritent de se tenir dans des bonnes conditions et dans l’intérêt d’en assurer un Congo vivable, même après elles.

La Pros.

 


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