La psychose qui étouffe la planète depuis l’apparition du coronavirus en Chine, du fait de sa rapide expansion et de la menace qu’il fait peser sur les moteurs de la civilisation à l’ère du numérique ramène à l’esprit la tragédie romancée de La Peste d’Albert Camus, toutes proportions gardées.


Si le coronavirus n’est en rien comparable aux énormes rats jaillissant, chauves et les yeux injectés de sang, des égouts et des cloaques innommables des noirs souterrains de la ville d’Oran pour mourir au grand jour non sans avoir libéré des armées meurtrières de puces-vecteurs de la peste, les similitudes avec l’œuvre de l’illustre Pied Noir sont, pourtant, frappantes.
Invisible, sournois et insidieux, le coronavirus ne s’est pas contenté d’infester la capitale de la province du Hubei. Il a projeté ses tentacules aux quatre points cardinaux. Transposées aux réalités congolaises, elles en deviennent encore plus inquiétantes dans une société précarisée à souhait, et aux lendemains incertains.
Le Chef de l’Etat, annonçant la suspension des vols en provenance des pays à risque et autres entrées sur le territoire national, a bien précisé que seuls, les avions et navires cargos seraient exemptés. Un véritable appel d’air pour les spéculateurs de tous acabits qui entrevoient dans la pandémie une authentique bénédiction.
Car, faire venir par avion-cargo les produits de première nécessité fera bondir les prix. Le riz thaïlandais ou vietnamien, le blé français, les sardines marocaines, les pilchards d’Indonésie ou le roi Mpiodi pourtant pêché dans les eaux namibiennes, voire de la lessive de Turquie seraient hors de prix. Alors, à défaut de s’entremanger, les citoyens auront vite fait de pointer du doigt et d’incriminer les insolentes fortunes trop voyantes, vite accusées de tous les maux et qu’il faudra donc, faire payer.
Surtout que la dynamique d’une foule aux ventres affamés est plus que semblable à la vague d’un tsunami : elle est inarrêtable.
Veiller à contenir l’épidémie dans la capitale congolaise est une ambition louable. D’ailleurs, dans l’éventualité où elle se trouverait lâchée en provinces, où le système de santé relève plutôt d’une vue de l’esprit, ce serait l’occasion de se remémorer ce vers de Jean de la Fontaine : ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient atteints. Mais, les survivants ne vaudraient alors pas mieux que les morts.

La Pros.


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