Les plénipotentiaires du Comité de suivi FCC-CACH dûment mandatés pour mener la délicate mission de partage des responsabilités dans les entreprises du portefeuille de l’Etat ont rendu leur copie, le jeudi 27 février, après quasiment deux semaines d’intenses négociations.

La balle est désormais dans le camp de Félix Tshisekedi et de Joseph Kabila à qui revient la prérogative de l’ultime quitus. L’on sait déjà que sur la vingtaine d’entreprises qui en valent encore la peine, le FCC s’en sort avec 65 % des postes contre 35 pour le CACH. Un schéma qui n’est pas sans rappeler le format du gouvernement de coalition au sein duquel la majorité de la majorité s’est taillée la part du lion.
Bref. Le vin est tiré, il ne reste plus qu’à le boire à tire larigot. Faut-il à ce stade applaudir déjà des quatre mains ? Que non. Car, c’est l’étape à venir qui va démontrer la volonté de deux ‘’Autorités morales’’ à engager résolument la refonte radicale du mode de gestion des entreprises publiques. En d’autres termes, le choix futur des mandataires doit faire abstraction des considérations strictement politiques, pour laisser place à des hommes et femmes justifiant d’une compétence et d’une intégrité sans faille. Et ce ne sont pas de technocrates qui font défaut ici ou ailleurs.
L’autre piège à éviter absolument serait la tentation d’une administration paritaire des sociétés d’Etat à l’image des cabinets ministériels où titulaires et leurs adjoints, venus de plateformes hier ennemies mortelles, ne se font pas de cadeaux sur fond de crocs-en jambes, chacun n’ayant de comptes à rendre qu’à le Cité de l’Union africaine ou à la ferme bunkerisée de Kingakati. C’est la recette par excellence d’asseoir des télescopages peu propices à la mobilisation des recettes que la mission du FMI vient de recommander avec une ferme ‘’courtoisie’’.
Dépolitiser la gestion des entreprises d’Etat n’est pas un vulgaire barbarisme, ni une simple vue de l’esprit. C’est la voie obligée vers le redressement d’une économie constamment sous perfusion des aides extérieures.

La Pros.


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