L’inauguration ce 4 février à Goma (Nord Kivu) du site hybride solaire d’une capacité installée de 1.3 mégawatts, le plus grand d’Afrique subsaharienne est presque passée inaperçue à Kinshasa, plus de 2000 kilomètres à l’Ouest.


Dans la capitale entretemps, la classe politique se répand en ineptes joutes verbales sur l’urgence ou non de dissoudre l’Assemblée nationale, alors que des milliers de Kinois fatalistes, transformés bien malgré eux en champions de la marche à pied, épiloguent à longueur de kilomètres sur l’abomination des sauts-de-mouton inachevés.
Dans les cénacles politiques, on se crêpe le chignon ; on s’écharpe littéralement autour du sexe des anges, les projets de développement – s’ils existent - sont relégués durablement aux oubliettes de l’histoire mouvementée du ventre mou de l’Afrique centrale.
La mini-centrale de la société Nuru sarl desservira en priorité les quartiers pauvres de Ndosho, à Goma, les moins favorisés du système classique de distribution de l’énergie électrique au chef-lieu du Nord-Kivu. Nuru sarl se prépare à déployer dans les 24 mois, selon ses promoteurs, 23 MW de capacité hybride supplémentaires à Goma, au Maniema, en Ituri, en Haut-Uélé et dans le Kasaï.
Ceci s’appelle du concret. Mais loin d’applaudir des quatre mains, les regards se tournent immanquablement vers le complexe hydro-électrique d’Inga. Avec ses deux méga centrales, il peine à approvisionner la capitale Kinshasa tandis que dans les provinces du Sud où est concentrée l’essentiel de l’industrie minière, les délestages intempestifs poussent les exploitants miniers à importer l’électricité de Zambie par le réseau d’interconnexion avec l’Afrique australe.
Exactement comme le gouvernement ne se gêne pas d’importer de ce pays voisin, la farine de maïs. Et même jusqu’à la tomate et aux oignons.
Au cours de la décennie écoulée, et même au-delà, on ne compte plus de partenaires arrivés en RDC pour « la réhabilitation des tribunes de Inga I et II ». Des sociétés venues de partout au monde. D’Afrique du Sud, de Belgique, de Serbie, de Chine et même, de France et de Navarre. Ils sont venus, ils ont vu, et ils sont partis. Sans espoir de retour. En cause : une instabilité politique chronique mais surtout, la propension des dirigeants à se faire du beurre sur chaque marché public, à l’instar de leurs prédécesseurs successifs. Des autorités aux yeux plus gros que le ventre sans doute, mais qui ne mesurent pas les conséquences à l’international de ruptures abusives de contrats passés avec les majors de l’industrie.
Fiat lux ! S’est exclamé Jonathan E. Shaw, le PDG de Nuru sarl. Que la lumière soit donc, dans les chaumières et hameaux mais surtout, dans les esprits des décideurs.

La Pros.


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