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«2020, Année de l’Action !», a ainsi décrété le Président de la République, Félix Tshisekedi. Certains congolais dont les fonctionnaires, médecins, magistrats et les professeurs d’universités sont décidés, justement, de le prendre aux mots. La semaine qui s’ouvre s’annonce agitée, avec des actions musclées qui sont envisagées, dès ce mardi 14 janvier.


C’est l’INAP, Intersyndicale Nationale de l’Administration Publique, qui ouvre le bal. Les agents et fonctionnaires de l’Etat en colère ont levé l’option de prendre d’assaut la fameuse Place Golgotha. Leur débrayage est consécutif au prélèvement à la source de 15% de l’Impôt Professionnel sur les Rémunérations (IPR) de même que la soustraction dudit salaire d’une certaine somme dont la teneur fait l’objet de multiples spéculations.
C’est depuis des semaines qu’un bras de fer est engagé entre les fonctionnaires et le Vice-premier Ministre, Ministre du Budget autour de cet épineux problème de 15%. Mais, aux dernières nouvelles, le gouvernement Ilunga Ilunkamba n’entend pas abdiquer.
D’où, la grogne sociale qui risque de paralyser cette semaine, pourtant, commémorative de l’assassinat de deux Héros nationaux, Laurent Désiré Kabila dit Mzee, le 16 janvier, et Patrice Emery Lumumba, le 17 janvier.
Ce vaste mouvement de grève semble également contaminer le Syndicat National des Médecins (SYNAMED) de même que la magistrature. En outre, les professeurs d’universités, spécialement à l’Université de Kinshasa, avaient débrayé dès le jour où les troubles avaient commencé dans cette Alma Mater. C’est la revue à la hausse des frais académiques qui est à l’origine de cette flambée de violence aux conséquences dramatiques : mort d’hommes, fermeture de cette institution universitaire et déguerpissement forcé des étudiants.
Une autre action musclée, et non de moindre, sera la grande marche dite de deuil et d’indignation organisée par la coalition Lamuka, en cette journée fériée du 17 janvier. Adolphe Muzito et Martin Fayulu, deux membres très actifs du présidium de ce pôle politique, ont, d’ores et déjà, indiqué le dress code à leurs partisans au pays et dans la diaspora congolaise. Il s’agit du «bandeau blanc au tour de la tête».
Certaines voix s’élèvent pour dire «non» à cette initiative du tandem Muzito – Fayulu. C’est notamment, le cas des membres de famille de trois martyrs du 17 janvier 1961, à savoir : Patrice Lumumba et ses compagnons Joseph Okito et Maurice Mpolo, eux aussi qui furent lâchement assassinés.
Au fait, ils s’opposent à la désacralisation de ce jour historique gravé dans la mémoire collective. Lamuka est donc appelée à reprogrammer sa marche pour un autre jour, selon eux.
Pourtant, les chantres de la «vérité des urnes», ces leaders de Lamuka, laissent entendre ceci : «Nous marcherons pour dire au monde entier que nous nous sommes désormais réveillés, nous sommes debout, déterminés et en marche pour sauver notre patrie en danger !». Il faudra, sans nul doute, s’attendre, ce jour-là, soit à l’interdiction de cette manifestation par l’autorité urbaine, soit à une réaction musclée des Forces de l’ordre.
En faisant la sommation des mouvements de grève des agents et fonctionnaires de l’Etat, des médecins, des magistrats, des professeurs d’universités, des revendications des étudiants, ainsi que la grande marche de la coalition Lamuka, cette semaine du 13 au 19 janvier s’annonce donc comme une semaine de tous les dangers. Le gouvernement devrait donc prendre le taureau par les cornes afin de désamorcer cette bombe à retardement.

La Pros.


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