L’ultimatum lancé par la Police Nationale Congolaise en vue de l’évacuation endéans 48 heures des homes de l’UNIKIN a expiré ce jeudi 9 janvier sous le coup de 23h59. Le Commissaire provincial Sylvano Kasongo a, à travers un communiqué, martelé que tout étudiant qui sera au home après ce jeudi 9 janvier 2020, sera considéré comme infiltré.


Et ce commandant ville ajoute qu’il usera de tous les moyens à sa disposition pour exécuter l’ordre lui donné par les autorités compétentes. Autrement dit, ce vendredi est le jour du lancement de l’opération déguerpissement forcé.
C’est aussi le jour choisi par le Président de la République, Félix Tshisekedi, pour recevoir les représentants des étudiants.
De l’avis de son Directeur de cabinet, Vital Kamerhe, cette rencontre permettra de trouver une solution idoine aux revendications des étudiants. Histoire de revenir sur les décisions de fermeture de l’UNIKIN et du déguerpissement volontaire qui ne cesse de soulever des vagues.
Gilbert Kankonde, Vice-premier ministre, Ministre de l’intérieur et Sécurité, annonce, pour sa part, que l’identification se fait dans un bref délai pour permettre «aux vrais étudiants» de retourner aux études. Sans nul doute, les autorités compétentes redoutent l’embrasement susceptible d’être récupéré par certaines officines politiques. Surtout à l’approche de la grande marche du 17 janvier 2020 que deux ténors de la coalition Lamuka, en l’occurrence, Martin Fayulu et Adolphe Muzito, qualifient de marche de deuil et d’indignation.
Certains estiment qu’évacuer les étudiants dont la plupart n’ont pas de membres de famille à Kinshasa, risque d’accroître le taux de criminalité et de banditisme urbain. Une autre actualité annonce un vaste mouvement de grève dans l’Administration Publique, dès l’expiration de l’ultimatum ce vendredi 10 janvier. Les délégués syndicaux s’opposent farouchement à la retenue à la source de 15% de l’Impôt Professionnel sur les Rémunérations (IPR) de même que d’une certaine somme sur l’enveloppe salariale. Via le ministère du Budget, le gouvernement central ne veut pas abdiquer, quant à ce.
La fameuse Place Golgotha risque d’être à nouveau envahie par une foule immense des grévistes. Certains membres de la coalition au pouvoir craignent, en effet, que Lamuka ne puisse jouer à la récupération et se serve de ces mouvements délétères (déguerpissement forcé des étudiants et débrayage à la Fonction Publique) pour en faire ses choux gras, en cette journée historique du 17 janvier. Beaucoup se disent aussi que ladite marche ne sera certainement pas autorisée par les autorités compétentes vu que celle-ci tombe un jour férié commémorant un Héros national, Patrice Emery Lumumba.
Dans ce climat extrêmement tendu, la problématique de la balkanisation de la RD Congo refait surface. Le Cardinal et Archevêque métropolitain de Kinshasa, Mgr Fridolin Ambongo, de même que le président de l’Eglise du Christ au Congo, André Bokundoa, sont montés au créneau pour dénoncer et alerter sur ce plan machiavélique. Les massacres dans la partie Nord-Est du pays, particulièrement à Beni-Butembo, ne font que s’aggraver au jour le jour. Cette vive tension aussi bien dans la capitale que dans l’Est risque d’embraser tout le pays. Il faut tirer la sonnette d’alarme !

La Pros.


Les plus lus

  • Semaine

  • Mois

  • Tout